C'est encore loin, la paix?
Par emcee le lundi 25 décembre 2006, 19:32 - Lien permanent
C'est Noël aujourd'hui. Un jour ordinaire pour des millions, des milliards
d'êtres humains dans le monde.
Un jour où des millions de gens sur la planète se demanderont, comme tous
les jours, ce qui va bien pouvoir leur arriver, s'ils pourront manger, s'ils ne
seront pas blessés ou tués, s'ils ne seront pas inondés, s'ils garderont un
toit, si leur famille et leurs amis seront encore préservés. Un jour, un jour
de plus.
Un jour où la guerre débute entre l'Ethiopie et la Somalie, un jour où la
guerre continue partout dans le monde, un jour où Double V, une fois la dinde
digérée, va encore trouver une de ces idées dont il a le secret pour massacrer
encore et toujours des populations civiles.
Un jour, aussi, où le "processus de paix" entre Palestiniens et Israéliens
est relancé. Bah, un de plus?
Un jour où les "élites" du monde occidental envoient hypocritement urbi et
orbi des messages de paix et de fraternité. Pendant que les exclus sont encore
plus exclus.
Voici un article qui fait réfléchir.
"Hollowcaust Hullabaloo"
Tiré de www.dissidentvoice.org
de Gabriel Ash
December 14, 2006
Traduction:
Tapage autour de l’
« *Hollowcauste”
Ce fut une bonne semaine pour l’Holocauste. On en a parlé constamment aux
infos. Malheureusement, les médias excellent dans l’art de ne pas faire de
parallèles, et c’est donc à moi que revient la tâche réjouissante d’établir le
lien entre les divers événements récents concernant l’Holocauste.
En Iran, les clowns du ministère des affaires étrangères ont accueilli une
conférence sur une pantalonnade d’Holocauste honorée de la présence de lumières
comme le suprématiste blanc David Duke.
En France, l’aspirante Ségo a trébuché quand on lui a demandé si elle avait
entendu la comparaison qui avait été faite par un député du Hezbollah (ou pas
faite ; en arabe ou non ; qui a été traduite ou non à SG) entre le
Hezbollah et la résistance française contre les nazis.
Royal nous a assurés qu’une telle comparaison sous-entendant une certaine
dose d’analogie entre l’Allemagne nazie et Israël serait, si elle avait été
faite, complètement "inadmissible, odieuse, une abomination" (**Loubnan Ya
Loubnan, décembre 2006).
Et enfin, avant de partir pour l’Allemagne en visite officielle, le Premier
Ministre israélien a fait un discours au Musée National de l’Holocauste où il
comparait l’Iran aux nazis et exhortait l’Allemagne à couper ses relations
économiques avec l’Iran.
Commençons par le troisième événement. Voici comment Olmert a présenté
l’affaire aux Allemands : "Puis-je suggérer au peuple allemand … Vous avez
peut-être un intérêt économique, un intérêt commercial, mais vous avez une
obligation morale bien plus fondamentale vis-à-vis de vous-mêmes, vis-à-vis de
votre passé et vis-à-vis de votre avenir".
En d’autres termes, à cause de l’Holocauste, l’Allemagne doit soutenir les
attaques d’Israël contre l’Iran.
Il y a cinq siècles, un moine allemand, se rebellant contre le pape,
l’accusait de mêler conscience et lucre en vendant des pardons divins aux
riches pécheurs. Martin Luther affirmait que le péché et la rédemption
relevaient de la relation directe entre l’individu et Dieu. Quiconque cherchait
à servir d’intermédiaire pour obtenir la rédemption au nom de quelqu’un d’autre
(en recevant de l’argent pour cela) était un charlatan (Luther a parlé en fait
d’« antéchrist », mais c’est ainsi qu’on appelle le charlatan
suprême..).
Le moins qu’on puisse dire de l’Allemagne de l’après Seconde Guerre Mondiale
c’est qu’elle a trahi Luther. Pleins de remords à cause de leur récent passé
nazi, les Allemands ont accepté de verser à Israël des milliards de
dollars.
Or, Israël n’existait pas à l’époque de l’holocauste nazi.
Les nazis ont assassiné des juifs, des homosexuels, des roms, des
socialistes. Qui n’avaient rien à voir avec l’état d’Israël, dont certains de
ses fondateurs ont exprimé leur admiration pour l’idéologie nazie et voulaient
même combattre aux côtés d’Hitler pendant la guerre (Lenni Brenner, "51
Documents: Zionist Collaboration with the Nazis").
L’état d’Israël n’a pas été victime du nazisme. Il en a, au maximum,
bénéficié indirectement. Et pourtant Israël a offert la rédemption aux
Allemands: donnez-nous de l’argent et nous vous libèrerons du fardeau du péché
qui pèse sur vos épaules. Donnez nous de l’argent et vous serez absous. Et les
Allemands étaient contents de payer. Avoir une conscience, vivre avec leur
véritable passé et rechercher la rédemption dans la ruine de leur identité
saccagée était simplement trop pour beaucoup d’Allemands (pour être juste,
c’est compréhensible : le fardeau du nazisme n’était pas léger). Ils ont
payé allègrement et ils ont observé en silence, sans critiquer, Israël empocher
le prix du sang pour créer exactement le même Etat de garnison militaire qui
les avait conduits à leur perte.
Il est ironique que les Allemands, qui se sont accusés d’avoir été trop
dociles, trop disposés à laisser l’état nazi définir la moralité, essaient de
se guérir en donnant à un autre état, Israël en l’occurrence, le droit de
définir en leur nom ce qui est moral. Et pourtant c’est ce qu’ils ont fait.
Ainsi, les politiques et les intellectuels allemands, ont sous-traité leur
conscience à Israël et aux USA. Au bout de 50 ans, ils sont toujours dans
l’incapacité de critiquer leurs agissements, à l’un et à l’autre. A défaut de
véritable conscience, ils ont opté pour une servilité dévote pour tout ce qui
vient d’Israël. Et c’est en profitant de cette situation qu’Ehmud Olmert, le
nouveau pape de l’Holocauste, se permet d’exiger des Allemands l’obéissance en
échange d’un renouvellement du pardon pour cette époque de l’Histoire, en leur
rappelant, en lisse colporteur d’indulgences, qu’ils ont un "devoir vis à vis
d’eux-mêmes".
Pourtant, Olmert, l’homme accueilli "chaleureusement " par Angela Merkel,
est un criminel de guerre. Il y a peu, il a ordonné le massacre de centaines de
personnes. Selon ses propres aveux, ce massacre n’était pas le dommage
collatéral d’opérations militaires mais une tentative délibérée d’exercer des
pressions sur les responsables politiques libanais (Gabriel Ash, "Dissident
Voice", July 2006).
Olmert est donc un criminel, même selon les critères indulgents du jus in
bellum (le droit dans la guerre). Il n’y a aucune commune mesure,
entendons-nous bien, entre ce qu’Olmert a fait au Liban et à Gaza et ce qu’ont
fait les nazis à Auschwitz. Il y a néanmoins une similitude entre ce qu’a fait
Olmert à Gaza et ce que les nazis ont fait dans certains endroits comme à
Lidice.
Si les Allemands d’aujourd’hui avaient un quelconque devoir envers eux-mêmes
et envers leur passé, ils auraient le devoir d’arrêter Olmert et de le passer
en jugement à l’instant même où il poserait le pied en Allemagne. Ils n’ont
certes pas le devoir d’écouter un boucher aux mains pleines de sang pontifier
sur la moralité. Personne n’y est obligé.
Voyons maintenant l’Affaire Ségo (en fr dans le texte). D’après la
magistrale analyse du bloggeur franco-libanais "Loubnan Ya Loubnan",
Segolene Royal s’est retrouvée piégée par une petite mise en scène organisée
soit par les membres des partis libanais de la « révolution de
Cèdre » soit par des initiés du gouvernement Chirac soit par les deux à la
fois. Les deux parties ont des intérêts à conserver en l’état la politique
actuelle au Liban français et son alignement avec Washington et Tel-Aviv. Ce
qu’il est intéressant de voir, cependant, c’est la sempiternelle utilité de
l’Holocauste, laisse qui sert à ramener les responsables politiques qui
s’égarent du droit chemin.
Royal, sous la brûlure causée par les coups, a annulé sa rencontre avec les
représentants du Hamas, renonçant surtout à son engagement initial d’écouter
toutes les parties au Moyen-Orient.
Elle a fait la déclaration attendue que toute comparaison entre les Nazis et
Israël l’aurait fait quitter la pièce. Cela signifie donc qu’elle ne peut pas
se retrouver dans la même pièce que 90% des gens qui vivent au Moyen-Orient.
L’Holocauste, on en conclut donc, est l’arme la plus efficace entre les mains
de ceux qui sont déterminés à susciter un "choc des civilisations".
Si la mémoire du nazisme en Occident peut empêcher une personnalité
politique de rencontrer le représentant démocratiquement élu de la Palestine,
c’est que l’Holocauste est devenu un instrument de l’arsenal de ségrégation au
service de l’apartheid mondial.
Je ne sais pas ce qui est le plus insultant: un docteur saoudien qui refuse
de se retrouver dans la même salle qu’une femme ("Arab News", novembre
22, 2006), ou une responsable politique qui refuse de se retrouver dans la même
pièce qu’un Libanais qui estime lutter dans la tradition de la résistance
française contre les nazis. La comparaison est flagrante parce que l’Holocauste
a pris en Europe (et de façon différente en Israël) l’apparence d’un dogme
religieux.
« Nier l’Holocauste » est le seul acte de parole qui soit
considéré légalement comme un blasphème et qui soit passible de peine de
prison. Et les responsables politiques européens ne peuvent pas se retrouver
dans la même pièce que des « infidèles », c à d les gens qui luttent
contre l’idée qu’il n’y ait qu’un seul grand Holocauste, avec Israël pour
prophète.
Et tout comme les fondamentalistes saoudiens, qui, avec une hypocrisie
effarante, font un tapage de tous les diables pour protester contre un dessin
danois grotesque mais qui agissent en coulisse avec les US et Israël contre la
résistance palestinienne, les « fondamentalistes de l’Holocauste » en
Europe changent de discours selon ceux à qui ils s’adressent.
A peine Royal avait-elle affirmé qu’elle n’accepterait pas la moindre
insinuation qu’il y ait analogie entre Israël et le nazisme, que le premier
ministre israélien utilisait la tribune du Musée de l’Holocauste pour comparer
l’Iran à l’Allemagne nazie.
Royal aurait-elle dit qu’elle aurait quitté la pièce si elle avait entendu
Olmert faire cette comparaison historique ? Les Israéliens et les
Américains dirigent une industrie artisanale de comparaisons entre le nazisme
et l’homme à abattre du jour. Begin a comparé Yasser Arafat à Hitler. Clinton a
comparé Milosevic à Hitler. Divers chroniqueurs ont comparé le fondamentalisme
islamique au nazisme. Bush a comparé Saddam à Hitler. Et maintenant c’est
l’Iran qui est la dernière incarnation du nazisme. Quand donc un
fondamentaliste européen de l’Holocauste a-t-il quitté la pièce en réaction à
ces comparaisons parfaitement stupides?
Je vais vous expliquer, si vous le voulez bien, l’hypocrisie des camelots de
l’Holocauste. L’occident a élevé les crimes des nazis au rang de critère absolu
du mal. Paradoxalement, tout crime, surtout quand il est commis par Israël,
peut être absous sous prétexte qu’il n’y a pas eu de camps de la mort. A
l’inverse, les présomptions de génocide inhérentes à la destruction
systématique à la base de la vie de populations civiles peuvent être rejetées
en invoquant la condamnation rituelle de la « fausse analogie » avec
le nazisme, même si une destruction aussi systématique est désormais intégrée
dans les pratiques militaires de l’Occident et s’opère chaque fois que les
armées modernes doivent combattre la résistance populaire.
Par conséquent, nul ne peut jamais comparer à l’Holocauste la mort de plus
d’un million d’Irakiens qui résulte de la politique américaine depuis 1992, de
même qu’on ne peut comparer la punition collective infligée depuis des dizaines
d’années à la population de Gaza ou la destruction du Sud-Liban aux méthodes de
pacification des nazis. Personne n’accuserait Bush de « nier
l’holocauste » quand il nie catégoriquement la valeur d’une étude
scientifique qui estime que le nombre de ses victimes se compte par centaines
de milliers.
Cependant c’est le contraire qui se produit quand les intérêts de l’Occident
sont en jeu. La « leçon » de l’Holocauste suffit amplement à
justifier le bombardement de civils par l’ONU en Yougoslavie, l’occupation
américaine de l’Irak apparentée à un génocide, les bombardements massifs de
Beyrouth par Israël, la future guerre nucléaire contre l’Iran, etc. Le tyran le
plus médiocre qui « assassine son propre peuple » (et qui ne le fait
pas ?) est soudain aussi cruel qu’Hitler.
Le massacre des juifs d’Europe est ainsi devenu l’ «Hollowcauste », un point
de repère totalement flou du Mal, vidé de sa substance, qu’on met à toutes les
sauces et qui, en fin de compte, ne peut s’appliquer à rien. L’
« hollowcauste » agit comme une divinité lunatique et capricieuse,
rejetant la comparaison ici, en acceptant une autre, tout aussi valable ou pas.
C’est une divinité partiale, un dieu qui toujours nous bénit, "nous",
et les maudit "eux", même s’il exige d’être honoré par l’humanité
entière et au nom de l’humanité entière.
L’Hollowcauste, ainsi, pousse les victimes à rivaliser dans une compétition futile où ils doivent l’honorer, dans une sorte de rite sacrificiel, avec une litanie de faits, de rapports, de statistiques, qui justifierait leur exigence d’être entendus en comparant leur sort avec celui des juifs d’Europe. Mais la réussite de ce recours (…) ne dépend que de la liberté de la volonté divine – et en ce cas précis de l’humeur des capitales européennes. L’histoire et les faits, eux, ont peu d’importance. (…).
Ceci nous ramène à cette conférence pathétique sur l’Holocauste qui a eu
lieu en Iran. Ce qu’on peut dire de plus charitable sur les organisateurs de
cette conférence c’est que ce sont des imbéciles. Prétendant être solidaires
des victimes du terrorisme d’état, ils soutiennent en réalité le terrorisme
d’état. En contestant l’authenticité de l’Holocauste, la cause préférée du
président iranien, ils ne désavouent pas le sionisme mais, comme l’a expliqué
de façon convaincante Joseph Massad (Al-Ahram, 2004), ils le
légitiment. De plus, blanchir le nazisme, c’est approuver le terrorisme d’état,
et cela concerne Israël également. Il y a des anti-impérialistes qui sont
catégoriquement opposés au terrorisme d’état. Il n’est cependant peut-être pas
surprenant que le gouvernement d’Iran, qui ne répugne pas lui même à la torture
et à l’assassinat, trouverait de si nobles principes trop pesants.
La bassesse du président iranien est, comme on pouvait s’y attendre, de la
manne pour les laudateurs empressés de Sion. Les médias occidentaux ont sauté
sur l’occasion pour remplir des colonnes entières de condamnations, de sermons,
et de messages alarmistes dans des proportions extraordinaires. Pour prendre un
exemple lumineux, Anna Appelbaum prévient ses lecteurs que tout ce qui a été
fait pour institutionnaliser la mémoire de l’holocauste n’est pas suffisant.
"La quasi-extermination des juifs d’Europe mise en œuvre en un laps de
temps très bref par un pays européen avancé disposant de la meilleure
technologie de l’époque est, semble-t-il, un événement qui nécessite d’être
constamment ré-expliqué".
Le message des camelots de l’ «Holowcauste » tels qu’Appelbaum n'est
qu'amplifié par des inepties telles que la conférence en Iran. Oh Juifs !
Chantent–ils en chœur, donnez moi encore de l’argent pour faire un centre comme
le centre Simon Wiesenthal pour qu’ils puissent jacasser un peu plus sur
l’Hollowcauste tout en donnant le prix des droits de l’Homme à Rupert
Murdoch ! (The Forward, February 3, 2003).
Mais écoutez bien ce qu’Appelbaum cherche à “expliquer” exactement. Car dans
ses propos l’Hollowcauste s’apparente au marché conclu par Faust, ce marché qui
a donné aux juifs la reconnaissance officielle de leurs souffrances en échange
de leur consentement à devenir les porte-drapeaux de l’occident blanc. Ce ne
sont pas les atrocités endurées par les victimes en tant que telles, ce ne sont
pas les assassinats, ce n’est même pas le génocide qu’Appelbaum dénonce pour
expliquer l’aspect unique de l’holocauste.
D’après elle, ce qu’il faut expliquer, ce qu’il faut constamment se
remémorer, c’est l’horreur d’un génocide commis par une "nation européenne
avancée disposant de la meilleure technologie de l’époque".
Mais il n’y a aucun effort à faire pour s’imaginer que c’est la dernière chose
qui ait besoin d’explication. Une nation européenne avancée qui utilise du
matériel moderne pour tuer ceux qu’elle ne considère pas comme des êtres
humains à part entière ! Où est la question ? N’est-ce point un
synopsis recevable pour une douzaine d’épisodes de l’histoire
récente?
Quelqu’un s’attendait-il à ce que la suprématie des blancs s’impose à l’aide
de bâtons et de cailloux? Bien sûr que les états utilisent leur matériel le
plus perfectionné quand ils massacrent des populations entières. Appelbaum ne
sait-elle point combien de milliards de dollars sont dépensés chaque année pour
perfectionner les outils de destruction massive et pour en inventer de
nouveaux? Qu’est-ce qui rend le raffinement des chambres à gaz si choquant par
rapport aux bombes nucléaires, au gaz moutarde, au napalm, aux bombes à sous
munitions (« cluster bombs »), à l’agent orange, aux mitrailleuses (…) et
à n’importe laquelle de ces milliers d’inventions conçues par des industries
parfaitement légales visant à précipiter les populations offensantes dans une
fosse anonyme?
Ce ne sont pas le perfectionnement et la technologie qui différencient le
génocide nazi. C’est, en effet, ce qu’ils ont le plus en commun avec les
dizaines d’autres campagnes menées par les pays occidentaux contre les groupes
de non-blancs. Il est extraordinaire qu’Appelbaum veuille ériger en différence
majeure l’élément même qui soit le moins caractéristique de l’Holocauste, le
seul argument que les victimes de l’impérialisme et du colonialisme occidental
sont susceptibles d’avancer pour justifier ce qu’elles ont subi.
Les enjeux ne peuvent pas être plus clairs. Se "souvenir" de
l’holocauste c’est d’abord exclure les autres victimes. Il s’agit de rendre
incompréhensible le massacre quand il est commis à une grande échelle par un
pays "avancé disposant de la meilleure technologie". Le fait
d’expliquer ne signifie pas ajouter des éclaircissements.
A l’instar de la théologie négative, on "explique" l’holocauste en lui
conservant son caractère d’indicibilité, afin qu’il exige perpétuellement une
ré-explication.
Eriger l’« Hollowcauste » au rang d’occurrence unique où une
nation avancée utilisant des technologies sophistiquées a commis un
génocide, ce n’est pas attester le passé. C’est nier le présent. C’est nier les
millions d’assassinats commis année après année par des nations avancées
disposant de technologies sophistiquées.
C’est aussi établir un mur totémique entre des nations avancées disposant de
matériel sophistiqué et le reste de l’humanité. D’un côté, il y a ces nations
qui commettent des meurtres en masse qu’on a rendus incompréhensibles et donc
qui peuvent être légitimement niés – cela ne se produit plus parce que ce
serait impensable de penser que cela se produit encore. Un génocide commis par
une nation avancée ne s’est produit qu’une seule fois. Et suggérer que cela
s’est produit plus d’une fois, c’est trahir la mémoire des victimes. C’est du
blasphème. La commémoration et la déification mêmes de cette aberration
exclusive, unique, historique confirment qu’il s’agit d’une rupture
inexplicable avec le fondement de la "civilisation".
En termes freudiens, l’Hollowcauste est à la base de la suprématie
occidentale moderne au même titre que l’inceste est à la base de la
famille.
De l’autre côté (du mur, si vous voulez) se trouvent les pays en retard sur
la technologie. Et donc, les massacres dans ces pays se font de manière
artisanale, mais également banale, facilement compréhensible et s’expliquent
tout « naturellement » par leur manque de sophistication. Ce sont les
barbares et ils sont tout simplement prédisposés à s’entretuer. Il s’ensuit que
les tuer ce n’est pas commettre un bien grand crime, puisque la mort violente
fait partie de leur quotidien. "Ils" ne respectent pas la vie comme "nous"; ils
élèvent leurs enfants pour en faire des terroristes suicide, etc. Leur rejet
insolent du credo de l’Hollowcauste (créé pour les en écarter) confirme leur
exclusion de la communauté des civilisés, ce qui lui donne le permis de
tuer.
L’Hollowcauste est ainsi l’idéologie par excellence de l’Apartheid Mondial
(dont le mur israélien ne représente qu’une petite partie). L’excellent
**dessin d’Abdullah Derkaoui dépeint la façon dont fonctionne
l’Hollowcauste selon la définition classique de l’idéologie, en se plaçant
entre le l’observateur et la réalité de l’Apartheid et en créant ainsi le sujet
de la ségrégation.
Et maintenant les pieux camelots de l’Hollowcauste sont surpris et choqués
que tant de barbares pissent sur leurs mémoriaux ? Remarque : ils ne
reçoivent en retour que le message de leur propre racisme avec « retour à
l’envoyeur » griffonné sur l’enveloppe.
- "Hollowcauste": jeu de mot formé avec l’adjectif
“hollow” qui signifie « creux », « qui sonne faux »,
« vidé de son sens ».
**références d'articles et dessins: voir les liens
dans l'article initial: http://www.dissidentvoice.org/Dec06...
Gabriel Ash est un militant et un auteur qui écrit parce
que la plume est parfois plus puissante que l'épée, et parfois non.
.............................................................................................................
NOTA BENE:
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Le pouvoir, plus ou moins, disons …
"humaniste"
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