La question du jour est : peut-on être supporteur de Tel-Aviv et ne pas être « juif » ?

Nan, nan, je ne parle pas politique. Je parle de foot.

Je ne me suis pas trop penchée sur cette affaire lamentable, qui aurait été passée sous silence s’il n’y avait eu mort d’homme, mais je n’ai pas manqué de comprendre, d’après les infos à la radio, qu’un groupe de supporteurs du PSG avait cherché à s’attaquer à un « juif » et qu’un policier « d’origine antillaise » avait dû tirer (et tuer) pour le (et se) protéger. Un truc comme ça.

Et ils le savaient comment, ces béotiens du kop que ce supporteur était « juif » ? Avait-il un cache-nez plus grand, portait-il un bonnet volumineux pour couvrir ses cheveux épais et bouclés, selon les critères qu’ils ont dans leur tronche creuse – et ils auraient donc subodoré …? Ou bien, l’auraient ils vu entrer dans une synagogue ? Se promenait-il avec un chandelier à 7 branches au lieu du briquet traditionnel dans ce genre d’espace?

A moins qu’ils n’aient voulu tout simplement acculer un supporter isolé de l’équipe de Tel-Aviv (l’équipe honnie du jour, certes plutôt opportunément «connotée») pour lui donner une rouste (évidemment, courageux mais pas téméraires, les bas du front, ils se jettent à plusieurs sur le même), juste comme ils font partout et tout le temps avec l’élégance que confèrent le racisme et l’anti-sémitisme, sport bête et méchant qu’on retrouve à tous les niveaux de la hiérarchie. Et dont on ne parle pas. Faut pas troubler la grand’messe du foot, où tout le monde est censé communier autour du ballon. La religion, toujours la religion.

Que les hooligans du Kop de Boulogne pratiquent des amalgames, rien d’étonnant. D’autant que depuis que ça dure et que tous ceux qui en tirent des bénéfices pharamineux laissent faire, leur idéologie a été érigée au rang de norme, voire de culte.

Peut-il y avoir des anti-racistes dans cette tribune notoire? Je ne m’y connais pas suffisamment, mais si on me demande, je dirai peu. Très peu.

Et les MEDIAS dans tout ça ?

Les MEDIAS, eux, qui n’arrêtent pas de donner des leçons sur tout, se lancent dans des amalgames pour bien annoncer la « couleur », entretenant soigneusement le sectarisme, des fois qu’on serait pas dans un Etat laÏque.

Pour le policier, quand j’ai entendu qu'on le présentait comme étant « d’origine antillaise », j’ai également bondi.

En effet, qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire dans l’esprit du (de la) journaliste (me souviens plus) ?

Oui, parce que, soit il est français, né aux Antilles ou dont (une partie de) la famille est née aux Antilles, et dans ce cas, il est français, point.

Soit il est Antillais, mais d’endroits pas français et alors, qu’est-ce qu’il fait dans la police où les postes sont censés être réservés aux Français ? Aurait-il renoncé à sa nationalité pour entrer dans la police en France - ce qui est, sans doute, très rare, donc remarquable ? Mais alors qu’on m’explique mieux. A moins qu’on ait voulu nous expliquer qu’il était noir, ou café au lait, mais qu’on ne voulait pas le dire direct. Encore une fois, qu’est-ce que cela a à voir avec toute cette affaire ?

Ca, c’est comme le préfet « issu de l’immigration ». C’est du n’importe quoi. Pareil pour les estampillés « juifs » ou « musulmans ».

On nous parle de Français « d’origine juive » ou « musulmane ». Oui, qu’est-ce qu’ils veulent dire par là?

Moi, par exemple, je me présente, à l’occasion et si absolument nécessaire, comme d’ «origine catho» pour avoir été baptisée et fait ma communion (on choisit ses amis, mais pas …). Mais cela fait bien longtemps que je suis agnostique et athée. Pour « catho », il y aurait prescription, donc.
Alors, ceux qu’on présenterait comme étant d’ «origine » juive, ou musulmane, cela voudrait-il dire qu’ils ont renoncé eux aussi à la religion ? Et, dans ce cas, qu’est-ce qu’ils en savent les journalistes - et en quoi, de le savoir, cela ferait avancer l’enquête ?

Scoop : le nabot est toujours vivant!.

Après s’être fait voler la vedette pendant des semaines par la cruche du Poitou et ses pages, voilà que le sinistre de l’inférieur revient sur le devant de la scène (j’allais dire : « la cène »…).

Depuis le Cnit, où il s’était rendu à l'occasion du "Congrès annuel des Semaines Sociales de France", fondé il y a un siècle et devenu depuis le rendez-vous des chrétiens progressistes. (Mais qu’est-ce qu’il foutait donc là-bas, le ministre de la République?), il a déclaré :

"Il y a trop de communautés en France où un étranger vient, apprend le français, obtient son visa et au titre du regroupement familial fait venir sa famille et tient cloîtrée sa femme qui n'apprend pas le français et qui reste enfermée. Ca je ne l'accepte pas." (Et QUI tyé, TOI, Tout seul?).

Comptant améliorer la situation des femmes d'immigrés soumises à "des pratiques moyenâgeuses, sous prétexte d'autres cultures", il annonce : "Je souhaite qu'un étranger qui vient en France s'engage à apprendre le français pour avoir droit à un visa de dix ans mais cet engagement doit également concerner sa femme".

Il ajoute :"Un certain nombre de femmes qui veulent divorcer ou se séparer ne le peuvent pas parce qu'elle se disent : ‘c'est mon mari qui a le visa comme chef de famille, si je n'ai pas de visa, je ne peux pas rester'. J'ai donc prévu que, dans ce cas, la femme ait droit à un visa. Et "si on ne fait pas apprendre le français à la femme, c'est le mari qui se verra retirer le visa".

(Il a vraiment des idées sur tout, le verticalement-désavantagé, même si c'est un peu embrouillé).

« D’autres cultures » :

Toujours du même : "En France, la règle, c'est pas la polygamie, c'est la liberté des femmes, on ne bat pas sa femme, ni ses enfants, on n'impose pas des pratiques sociales, culturelles, sexuelles à sa femme »

Punaise ! Et moi qui ne savais pas que ces femmes qui, en France, meurent tous les quatre jours sous les coups de leurs conjoints, elles étaient originaires d’ «autres cultures »! Là aussi, faudrait être plus clair.

Pas rester derrière ségo :

Par ailleurs, le ministre de l'intérieur a également proposé que la totalité des enfants de France en collège puisse à la fin de la journée y rester et bénéficier d'études dirigées et encadrées. Il propose que cette mesure soit ouverte sans conditions de ressources.

Et qui c’est qui va s’occuper gratuitement des « études dirigées et encadrées », le soir après 17h ? Les fainéants profiteurs qu’il faut mettre au travail, sans doute.

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Ca n’a apparemment rien à voir, mais si je peux faire de la pub, lisez sur la version papier uniquement pour le moment (donc, faut l’acheter mais c’est pas plus mal).

Dans CQFD : « Salauds de chômeurs » de Thomas Pouyoul. Très bien écrit. Et sans doute du vécu en direct live. Curieusement, une autre version que celle du rmiste à l’Alfa Romeo qui parvient à tromper la sagacité des services sociaux et de l’ANPE.

CQFD en ligne : voir page d’accueil.

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NB : J’ai bien conscience que mon lectorat est ultra-confidentiel (ce que me fait comprendre le cybermicrocosmos quand je vais faire une incursion dans une de leurs superproductions).

Mais, deux ou trois CQFD de vendus en plus, c’est toujours ça de gagné pour le pluralisme de l’info. N’hésitez pas : il y a plein d’autres trucs intéressants.

Aaargh ! Nul n’est prophète en son pays, mais c’est pas non plus gagné d’être prophète ailleurs. Chacun sa chapelle et les moutons seront bien gardés.

Quand je vous disais que, tourne vire, on a tous une religion.

Euh … A quand un Etat laïque? Il paraît que ça existe. Ailleurs..