Première intervention (à 6’10) :

- Dominique Dambert - Cela veut dire qu’il y a donc un certain nombre de Français qui pensent qu’un « autre monde est possible » ?

- JM : Absolument … et c’est d’ailleurs pour ça que la consommation des anti-dépresseurs a explosé en France parce que …effectivement … il y a des Français qui pensent qu’un autre monde est possible ...

En fait, il n’y a pas d’autre monde possible, bien sûr, que l’économie de marché. Il y a simplement plusieurs variantes de l’économie de marché. C’est vrai qu’entre l’économie de marché suédoise, l’économie de marché américaine ou l’économie de marché espagnole, il y a des nuances. Ce n’est pas exactement la même chose…

(bla bla bla … écoutez la suite, si le cœur vous en dit, sinon sautez à la 38ième minute – approx - où le brillantissime oracle revient ).

Note perso : Cette phrase sur les anti-dépresseurs qui a largement fait le tour du cybermicrocosmos, est totalement idiote, sans fondement et indigne de quelqu’un qui accepte d’aller ramener sa science dans tous les médias. Et d’abord, quelle science? On se demande.

Mais, surtout, ne le dites pas à M. Marseille : il croit qu’il enseigne les sciences économiques à la Sorbonne. C’est dire.

Voici donc, retranscrite ici la suite de l’interview (écoutez également le ton péremptoire employé, c’est édifiant).
N’étant pas une fanatique des débats télé, je n’ai jamais eu l’occasion de voir, ni d’entendre le personnage. Quelle lacune culturelle !
Pour que chacun puisse mesurer l’épaisseur de ses propos, je me suis appliquée à les recopier ici.
Et comme je n’ai pas pu m’en empêcher, vous trouverez, en gras, quelques commentaires personnels.

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Emission, intervention II

- JM : En fait, ce qu’il faudrait se garder dans cette campagne… je crois qu’on va l’éviter …c’est un catalogue de 110 propositions pour un nouveau gouvernement … C’est de prendre les problèmes là où ils existent et … je veux dire que … ils ne sont pas si nombreux que ça.

Et je pense que … ce pays a besoin d’être entraîné … a besoin d’avoir … et pour ça qu’il y a deux personnages assez charismatiques qui apparaissent. Ce pays a besoin d’être entraîné, il a besoin de retrouver goût à la politique, il a besoin de retrouver goût à quelqu’un qui va lui donner envie de …hein … et je pense que les deux, chacun à leur manière, expriment cette envie…

Quels sont les grands chantiers aujourd’hui ? L’emploi.

C’est pas supportable. C’est pas supportable que nous ayons le double de taux de chômage des autres (bonjour les chiffres, pour quelqu’un qui est censé enseigner l’économie à l’université, ça fait pas un peu désordre? Et les «autres», qui sont-ils donc? Pas trop approximatif pour un « historien »? ).

… C’est pas supportable que nous ayons une ANPE, des ASSEDIC, des UNEDIC, des ( ?) … que nous n’ayons pas un guichet unique comme partout ailleurs.

Donc, une véritable réforme du marché du travail, ça c’est une nécessité.

Une véritable réforme du système éducatif, c’est une nécessité.

C’est pas TO-lérable que l’on soit le seul pays où un étudiant à l’université coûte moins au contribuable qu’un étudiant au lycée. On est le SEUL…PAYS …au …MONDE.

C’est pas TO-lérable que nos universités soient dans un état de délabrement total… que les bibliothèques ne puissent pas être ouvertes … que la crasse y règne … que les dégradations y règnent.

C’est pas supportable … un pays ne peut pas … l’université au Mali, à la limite, elle est en meilleur état que celle de la France. hein …donc, ça, c’est … pas tolérable (Le Mali ? et pourquoi donc le Mali n’investirait-il pas dans l’Education?).

C’est pas tolérable que des fonctionnaires puissent prendre leur retraite sous les cocotiers en ayant une surprime de 35% ou de 75% par rapport à leur dernière retraite (sic).

C’est pas supportable que des cheminots puissent toujours … ou des gens de l’EDF … puissent s’arrêter à cinquante ans en chargeant le contribuable national de payer une non pénibilité (re-sic) au travail …hein … c’est un scandale… hein … ces régimes spéciaux … d’ailleurs 59% des Français disent que c’est un scandale.

Vous voyez, finalement les chantiers ne sont pas énormes. Un peu d’équité, un peu plus au niveau des retraites, au niveau des systèmes de santé, au niveau de la protection … une politique active de l’emploi, une réduction massive de la dépense publique.
Nous dépensons 6% de plus que les autres, c'est-à-dire DEUX fois le montant de l’impôt sur le revenu…. 100 milliards d’euros. Pour quels meilleurs services que les autres ? C’est pas démontré … c’est pas démontrable.

(Donc, si on comprend bien, gouverner un pays, c’est simple, finalement : on supprime les dépenses publiques, on aligne tout le monde - avec équité, bien sûr - et hop, le tour est joué.).

Donc, je veux dire que tous les autres pays – qui s’appellent Canada, qui s’appellent Suède, qui s’appellent Danemark, qui s’appellent Pays-Bas ont fait ce genre de …- alors, nous chez nous on va dire une « révolution » - ont fait ce genre de rupture. Ils s’en portent plutôt mieux aujourd’hui.

La seule question qui se pose chez nous, c’est pourquoi NOUS, on serait pas capables de faire ce que les autres ont fait?
Parce que nous, nous serions SEULS à avoir raison ? Parce que nous, nous serions les seuls à dire que les 35H sont le montant de travail, nous serions les seuls à faire travailler si peu les gens ? Nous serions les seuls à avoir une université qui est aussi mal orientée vers le monde de l’emploi ? Euh … ben …je suis pas sûr que si c’est ça notre génie … euh … je préfère que … qu’on le repense, notre génie.
(Et oui, cette « exception française » qui a tout faux et qui s’enlise dans l’erreur)

(Dominique Dambert finit par s’intercaler dans le flot de paroles, pour revenir sur le sujet de l’émission)

DD – Si je comprends bien, il n’y a qu’une seule politique économique pour vous, c’est une politique de droite.

JM – Non, c’est une politique de rupture avec l’immobilisme qui nous a saisis, de droite comme de gauche, depuis 25 ans. Parce que ce qui caractérise la France depuis 25 ans, c’est son immobilisme, de droite comme de gauche. Donc, ce qu’on attend, c’est une véritable rupture. Cette rupture peut être aussi bien de gauche que de droite.

C’est vrai que les Français rêveraient d’une sorte de grande coalition à l’allemande où les gens raisonnables – de droite comme de gauche – pourraient s’associer dans un même gouvernement ( ??? Mais, où va-t-il donc chercher tout ça? Pourtant, rien qu’au péhesse, ils se sont torturé l’esprit pour savoir pour qui voter alors qu’il n’avaient que 3 candidats).

… Mais, je pense que, quel que soit le résultat des élections présidentielles, de gauche comme de droite, ça va bouger quand même, ça va bouger…

Fin de l’intervention éclairée

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Alors moi, je dis :

Où on retrouve encore et toujours la théorie du « c’est pas juste » : l’université, les régimes spéciaux, les cocotiers pendant que les autres tirent la langue, les fainéants des trente-cinq heures - et, d’ailleurs, 59% des Français le disent aussi. Ah, évidemment, si tant de gens le disent, c’est que ça doit être vrai. Quelque part.

Les certitudes de ce personnage sont ahurissantes et ce serait moindre mal s’il déclamait tout ça à son chat (évidemment, pas pour le chat, le pauvre!), dans sa cuisine, entre deux prises de Prozac.
Oui, mais voilà, non seulement il débite ces sornettes à des étudiants (et je suis d’accord avec lui, dans ce cas, que l’université doit bel et bien être une poubelle) mais encore, cerise sur le gâteau, il assène son évangile dans tous les médias au coude à coude avec les autres « penseurs » du siècle dernier.

Ce champion de la pensée unique s'attribue même le titre d’analyste politique, établissant d’autorité comme postulat que la gauche, c’est la fraîchement couronnée par le péhesse et la droite c’est le nain de l’Inférieur et qu’en dehors d’eux, c’est le vide sidéral, à part sans doute quelques utopistes gâteux qui sortent de leur torpeur quand la pilule magique ne fait plus effet.

Proposant une vision binaire de la politique en France, ce monsieur instaure d’autorité le bipartisme et choisit même pour la plèbe chloroformée au Valium les candidats « raisonnables » aux présidentielles. Pour lui, deux bons candidats, prêts à faire sortir le pays de 25 ans de léthargie. Rien que ça. On est pressés d’y être.

Autre motif de satisfaction, ces jours-ci :

Dans l’émission "Inoxydable" de vendredi 17 novembre, Le rédac chef d’un hebdo has been paraissant en semaine évoque en vrac Redeker, Internet, les caricatures danoises, Dieudonné, l’Iran, le Soudan, la Chine, Le Pen, anti-sémitisme, fascisme et … démocratie.

Rien de nouveau sous le soleil, donc. On secoue le tout et on remet ça la semaine prochaine?

C’est ici (5 minutes avant la fin).

Allez, on se reprend un petit anti-dépresseur ? C’est ma tournée.

Euh … Quelqu’un pourrait-il me passer une bassine?