Les 35 heures pour les profs?
Par emcee le dimanche 12 novembre 2006, 00:04 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
On croyait pourtant qu’ils voulaient revenir là-dessus, les 35
heures.
La vidéo par qui le scandale arrive.
Il y a deux dimensions dans l’affaire de la vidéo 35H : la forme et le
fond
La forme
Il est clair qu’on cherche à faire descendre Royal du piédestal où elle a
été placée sciemment ces derniers mois par les médias et ceux qui les
commandent, ne laissant pas la possibilité aux militants de décider eux-mêmes
sur un projet politique (d'ailleurs, pourquoi sont-ils encore indécis et
influençables: est-ce normal que des militants de gauche ne sachent
pas quel candidat choisir à quelques jours d'une élection, si ce n'est à
quelques semaines?).
Très haut perchée, hyper-médiatisée jusqu’à présent, il s’agit de la faire
retomber d’un cran maintenant, et semer la zizanie pour faire monter la
mayonnaise entre les candidats, pour donner une illusion de démocratie, pour
éviter le score à-la-chirac.
Qui est derrière cela ? Peu importe, finalement.
Ce qui est inquiétant dans cette affaire, c’est que, comme aux US, on ne
fasse plus que de la politique spectacle, qu’on muselle tout débat politique et
que les « idées » ne soient plus véhiculées qu’à coups de petites
phrases. Et cette affaire marque une nouvelle étape de ce que les libéraux
veulent que deviennent les campagnes électorales. Une lutte factice entre
néocons qui se partageraient le pouvoir en alternance.
D’un côté les « Républicains », de l’autre les
« Démocrates » et plus personne pour les
contredire.
C’est très très inquiétant.
Le fond, maintenant
Que déclare, dans la fameuse vidéo, cette femme de paille, bien propre sur
elle, fille de militaire et aux idées bien peu progressistes, élue par les
néocons pour représenter la « gauche »?
Elle dit :
« Moi je pense qu’une révolution c’est de faire les 35 heures au
collège, c’est-à-dire que les enseignants restent 35 heures au collège. Et dans
ce paquet global, il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand
ils ont fini leurs cours, parce qu’on est dans un système où, finalement, les
parents qui ont les moyens, ou même ceux qui se saignent aux quatre veines
lorsque leurs enfants sont en difficulté, qu’est-ce qu’ils font ? Ils
donnent des cours de soutien scolaire individualisé à leurs enfants. On est
quand même dans un système absurde où aujourd’hui en France on a maintenant des
entreprises cotées en bourse de soutien scolaire (Acadomia, etc.) qui donnent
droit à des déductions fiscales et ceux qui font cours dans ces entreprises,
eux, c’est les profs du secteur public.
Comment se fait-il que des enseignants du secteur public ait le temps
d’aller faire du soutien individualisé payant et ils n’ont pas le temps de
faire du soutien individualisé gratuit.
Mais je pense que si on ne fait pas un pas, y compris pourquoi pas avec
les nouvelles générations d’enseignants si les autres nous disent : ’ben
non, droit acquis, on fait nos 17 heures de cours et on s’en
va’».
Donc, l’idée, toujours pareil, c’est que ce n’est pas juste. C’est
ce que ne cessent de répéter les néocons pour justifier d’autres exactions,
d’autres injustices, d’autres privations de liberté, d’autres nivellements par
le bas - leur champion étant le ministre de l’Intérieur actuel.
En disant, « c’est pas juste » et en assénant un bon
vieux cliché populiste, on est sûr de gagner l’adhésion des gogos du café du
commerce. Et ils sont nombreux, hélas. Et ils se bousculent pour la ramener
quand il s'agit de l'école, même si quand ils y étaient, ils pensaient plus à
jouer et à casser le boulot de l'instit qu'à regarder comment cela
fonctionnait.
Pour les retraites des fonctionnaires, les néocons ont expliqué :
"c’est pas juste qu’ils partent à la retraite plus tôt que vous, les malheureux
du privé, qui êtes obligés de faire 5-10 ans de plus pour une retraite de
misère et sans garantie de l'emploi". Et les brimés du privés de dire :
« Vous avez raison ! Alignez-les sur nos régimes de retraite, ces
fainéants privilégiés».
Ils auraient pu dire : « Bin, oui, c’est pas juste, on veut la
même chose que dans le public ».
Mais non ! Conditionnés par des mois, des années, de propagande
anti-fonctionnaires et anti-services publics, ils ont laissé faire en ricanant
que c’était bien fait, prenant cette régression sociale comme une victoire
personnelle. Aujourd’hui, d’ailleurs, l’idée est de s’attaquer aux régimes
spéciaux de retraite, toujours avec la méthode du « c’est pas juste ».
«Démocrates» et «Républicains», tous d’accord.
Et tous les services publics sont ainsi démantelés grâce au «c’est pas
juste»
Mais revenons aux propos de la Royal. Pas plus scandaleux que les autres, ni
moins, simplement dans la ligne du démantèlement prévu par les libéraux de ce
que son ministre de tutelle avait appelé avec mépris le
« mammouth » (pourquoi n’est-ce pas l’armée ?
mystère).
Méthode infaillible
D’abord, facile, dénigrer la profession : les profs feraient leur 17H
(en fait, 18H, elle n’est pas restée assez longtemps à l’Educ Nat. pour
apprendre ça?) et hop, ils se barreraient faire des heures sup’ dans le privé
pour se remplir les poches. Adieu, cochons d’élèves.
Si vous pensez qu’on a laissé, pendant des décennies, les profs
tranquillement faire leurs 18 H hebdomadaires puis partir se promener, c’est
que vous êtes mûr, vous aussi, pour accepter sans sourciller le démantèlement
de l’Ecole républicaine.
En effet, où voit-on que les fonctionnaires sont payés à ne rien faire, même
s’il est de bon ton de le laisser croire?
Les fonctionnaires ont un statut avec des droits et des
devoirs. Nul n’est payé à ne rien faire : leurs horaires, leurs
salaires et leurs tâches n’ont pas été calculés pour créer une caste de
privilégiés (à part les hauts fonctionnaires, les pairs de ceux qui prennent
les rênes du pouvoir à la sortie de l'ENA ou Sc PO).
Et jusqu’à il y a peu, jusqu’à ce que les libéraux décident qu’il fallait
casser tout cela coûte que coûte, nous pouvions être fiers de nos services
publics. Et les services publics, QUI les faisait tourner ?
Certainement pas les ministres éphémères, mis en place par calcul politique et
non pas pour leurs compétences.
C’est curieux comme les libéraux de tous bords s’attachent à vouloir
«révolutionner» les services publics, alors que, par ailleurs, ils
s’accordent à dire que nos institutions font l’admiration à l’étranger.
C’est bizarre comme, pour nous persuader de voter OUI au référendum, les
néocons du péhesse, Hollande en tête, juraient leurs grands dieux qu’ils ne
laisseraient jamais (JA-MAIS!) démanteler les services publics.
Mais tout est dénaturé progressivement, avec leur aval, voire à leur
initiative. Voyez l’Hôpital qu’on vide progressivement de sa substance, la
Recherche, à qui on coupe les vivres, la Poste, EDF, etc.
La Royal propose une nouvelle offensive contre l’Ecole. Depuis que son
collègue a commencé le travail de sape, l’Ecole a subi de nombreux coups de
boutoirs : précarisation rampante des personnels, suppressions ou
non-renouvellement de postes, suppressions d’options, suppressions d'horaires,
réductions budgétaires, «socle commun» de la loi Fillon, etc.
A cause de qui? les mêmes. Démocrates et Républicains, main
dans la main et d'une seule voix: Traité de Nice, Conseil européen de
Barcelone, TCE etc.
Après l’ « ordre juste », après la suppression de la carte
scolaire, après l'idée de promouvoir l'armée au rang de garde-chiourme en lieu
et place d'adultes formés et compétents, voilà qu’elle veut que les profs
restent dans les collèges 35H au lieu de "17"H. Tout cela pour éviter
qu’ils n’aillent se faire des sous dans le privé au lieu de faire leur boulot
et de faire du soutien gratuit pour leurs propres élèves.
Evidemment, si on ne connaît pas le métier, on ne peut qu’en conclure qu’en
effet, c’est un scandale ! Quoi, moi, je confie mes enfants à des
fainéants vénaux alors que je me « saigne aux quatre
veines » pour leur faire donner des cours particuliers?
Eh oui, la théorie du « c’est pas juste ».
Peu importe, d’abord, que les 18h des profs correspondent au temps qu’ils
passent devant les classes (de 30-35 élèves, excusez du peu), et non pas à leur
temps de travail effectif. Comme pour tous les fonctionnaires, tout a,
pourtant, bien été calculé (statut, salaires) pour que l’Etat ne mette pas trop
la main à la poche tout en ayant des serviteurs formés et zélés.
Alors, pourquoi dire cela ? La Royal sait bien comment cela fonctionne,
non? Justement, elle sait parfaitement où elle veut en venir.
D’abord, avec la diminution très sensible des personnels d’encadrement, il
se trouve qu’il y a de moins en moins d’adultes (surveillants, CPE,
Conseillers- psychologues, infirmières, médecins scolaires, etc.) dans les
établissements scolaires et que cela commence à se voir et à se faire
sentir.
Les élèves n’ont plus d’interlocuteurs, et pratiquement plus personne même pour
les surveiller. Et ça fait désordre. Alors, on va faire rentrer des
multicasquettes qu’on chargera de faire le boulot gratuitement à la place des
personnels compétents. Et continuer à débarrasser ces derniers des
établissements.
Puisqu’ils sont là, les enseignants pourront bien aussi s’occuper à
effectuer des tâches administratives, et puis remplacer les collègues absents,
et aussi, éventuellement, faire du soutien. Donc, plus besoin d’embaucher du
personnel : les forces seront là, à disposition.
Et peu importe s’ils n’ont pas le temps nécessaire à accomplir leur
vrai travail. De toute façon, cette zone non définie (au-delà des 18H
de cours) est trop floue. Préparer les cours, corriger des devoirs, assister à
des réunions (avec les parents, par ex) ou aux conseils de classe, recevoir les
parents, se concerter, se documenter etc. Tout cela est nié, parce que non
palpable et non chiffrable (sauf par les profs qui essaient vainement de
démontrer aux autres le temps qu'ils passent à ces tâches, du lundi matin au
dimanche soir). Alors, autant faire comme si c’était quantité négligeable. (Et
les profs se mettront à leur travail en heures sup' non payées après
leur 35H de "présence" au bahut).
Tandis que 35H, c’est clair, ça parle à tout le monde. Et de 35, on peut
passer à plus, non ? C’est quand même un minimum. Et si d’autres
font 38-40 heures, pourquoi donc que les profs, eux, … ce n’est pas
juste… On la sent déjà venir, l’étape 2. C’est vrai, ça pourquoi
35 seulement ?
Et cela peut se décliner à l'infini. Une heure à ne "rien faire", assis dans la
salle des profs, c'est moins pénible que ... et donc on pourrait compter 30
minutes par heure-à-rien-faire, non? Bin oui, sinon, ... "c'est
pas juste!"
Mais revenons au soutien, la panacée à l’échec scolaire. Il fait frétiller
tout le monde: les parents, les chefs d’établissement et surtout, surtout, les
boîtes privées, qui se remplissent les poches avec ça.
Et la Royal le sait bien : si elle propose démagogiquement, de faire
faire du soutien, elle aura l’adhésion de l’opinion publique, surtout si ça ne
coûte pas un centime au contribuable (Quoi! on avait le potentiel et
on ne l’utilisait pas? QUOI? les profs sont infoutus de s'intéresser à leurs
propres élèves?).
Ce qu’elle oublie de dire, c’est que le soutien, justement, c’est une vaste
imposture. Pourquoi donc tant d’élèves ont-ils besoin de
« soutien », pourquoi les boîtes à soutien s'ouvrent-elles
partout?
Ne serait-ce point parce que les programmes, suggérés par un quarteron de
pédagos pédants bien installés au ministère - et revus à la baisse par les
responsables politiques - sont incohérents?
Ne serait-ce point que ces décideurs entraînent le service public dans une
logique de "service minimum" (voir le "socle commun"), qui impose aux parents
de payer pour l'éducation de leurs enfants (d'où la légitimisation de ces
boîtes à soutien avec les réductions d'impôts) ?
Ne serait-ce point un signe qu'ils livrent progressivement l'Education aux
boîtes privées?
Tout cela sournoisement, en laissant entendre à chaque coup de ciseau dans
le tissu éducatif que ce sont les profs qui sont archaïques et qu'ils refusent
toute "modernisation". Et le gogo, qui se souvient d'avoir connu un prof
"archaïque et fainéant", de hocher la tête.
Quant à la « justice », où est la justice quand, justement,
seuls les parents «qui ont les moyens» et ceux qui paient des impôts ont droit
à des aides pour le soutien scolaire, et que, donc, les pauvres, eux, n’y ont
pas accès? Et ça, c'est juste? Peut-être pas, mais tout le monde s'en
fout. Ce ne sont pas les pauvres qui viennent se plaindre. Ce sont les classes
bourgeoises.
QUI a décidé de cette mesure? Les profs ? Bien sûr que non : sans
doute un de ces abrutis qui est venu expliquer une fois de plus que
« c’est pas juste ».
En conclusion, comment peut-on dire que notre système scolaire est un des
meilleurs au monde et vouloir parallèlement que nous nous alignions sur celui
de ceux qui ont failli?
Derrière cette histoire de 35h et de « soutien gratuit »
se cache encore et toujours la volonté des néolibéraux de casser le service
public d’Education, de sacrifier l’Ecole publique à l’autel du dieu
profit.
En imposant aux enseignants des heures de veille dans les collèges, on pourra ainsi se passer de personnel compétent et spécialisé. Ce n’est PAS améliorer le système, donc, mais le saccager et, pour le coup, laisser les élèves pratiquement … sans soutien.
Encore faut-il que cette fois-ci, les gogos comprennent que la Royal et les
autres les prennent pour des cons. C’est pas gagné. Les préjugés ont la vie
dure.
Commentaires
érosion de la grande statue de l'école républicaine ? sans compter tous les vers qui la ronge de l'intérieur (je pense à ces circulaires qui demandent aux profs de tout faire, éducateur, flic, toubib, psy... sauf être prof !)
En effet, Coralie, et c'est bien l'intention des nouvelles lois, de quelque bord que soient ceux qui sont du côté du manche.
L'idée, c'est de s'aligner sur les autres pays européens, tels la GB, où il n'y a dans l'école que profs et élèves (pas de surveillants, pas de CPE, pas de Co-psy, pas d'infirmiers, etc.). Si ce n'est pas grave, ce sont les profs qui gèrent et si c'est grave, c'est le Samu ou la police. Point barre.
Cela supprime les formations spécifiques et, donc, fait faire des économies à l'Etat qui pourra redistribuer cet argent directement aux entreprises pour qu'ils gèrent ce qui est rentable. Le reste (les déficits)étant à la charge du contribuable, il faut absolument réduire les dépenses publiques).
D'où l'idée du socle commun et de l'apprentissage précoce.
Ecoles publiques: enseignement basique (lire, écrire, compter, savoir tapoter sur un clavier), puis si tu es pauvre, tu te cherches un patron, et si tu as les moyens, tu vas dans les boîtes privées pour poursuivre ton éducation (qui sera standardisée et bien politiquement correcte).
La République se lave les mains du devenir de ses enfants, qu'elle livre au privé et à l'arbitraire. Adieu pour toujours Egalité, Liberté et Fraternité.
Il n'y a qu'à voir l'enseignement des langues vivantes, qui malgré les beaux discours sur l'Europe et la nécessité d'apprendre des LV, a été amputé d'un quart de son horaire en collège et d'un tiers en lycée depuis le passage d'Allègre (PS...). QUI va profiter du manque de formation à l'Ecole publique?
Quant à leur enseignement en primaire, contrairement aux discours triomphants (et mensongers) de Lang, c'est la gabegie totale.
(D'ailleurs, si vous avez des témoignages là-dessus, merci de nous en faire part.).
Quant aux élites, elles, se reproduiront, pas de souci. C'est là que l'argent circulera. Et s'il manque des têtes pensantes en France, on ira les chercher toutes formées à l'étranger. C'est déjà le cas aux US et c'est ce que veulent faire les libéraux en France avec leur immigration "choisie".
(Le PS, l'avez-vous remarqué, ne s'est pas bousculé pour aller voter contre la loi S*ark*z*, et Ségo soi-même ne s'est pas déplacée. C'est bien qu'il n'y avait pas de consigne claire du parti, non? Certains y vont et d'autres pas. On ratisse et on protège ses arrières).
Quant aux autres élèves, quel besoin auraient-ils d'avoir des cours de philo, de langues (anciennes ou vivantes) ou d'éco pour aller faire du travail précaire chez un patron ou dans une entreprise publique? Ca leur troublerait inutilement l'esprit, non?
Quant aux profs, il n'auront en général pas besoin de tant de formation spécialisée, puisque les savoirs seront réduits à leur plus simple expression. Donc, pas besoin de préparer des cours et de faire des devoirs élaborés: un simple QCM peut être corrigé sur un coin de table. Et on peut ensuite passer à autre chose.
C'est ce que ne comprennent pas en majorité les profs actuellement ,qui demandent naïvement des bureaux et des ordis dans les bahuts pour préparer leurs cours et corriger laurs copies: UN, ils devront faire avec ce qu'ils ont et DEUX, ils n'auront pas besoin de tout ce bastringue ...
Quant à aller dans le privé, ils y seront contraints un jour ou l'autre, avec les salaires et les conditions qui vont avec, parce que c'est là qu'il y aura du travail.
Alors, soit ça change, soit ça devient invivable pour la société tout entière.
Et, ségo ou pas, on ne pourra pas compter sur les libéraux de ce pays pour changer un iota du programme concocté depuis des années (socialistes et conservateurs ensemble) par l'Europe des marchands.
après la paupérisation des hopitaux, la judiciarisation de la psychiatrie, on passe à la standardisation de l'école - z'ont qu'à apprendre avec des K7 les morveux.... ah j'oubliais, l'armée aussi y passe... parait qu'il y a de plus en plus de mercenaires de toutes nationalités sur le terrain en renfort des troupes, lesquels échappent à tout TPI et autres conventions...
c'est vrai, globalement, ça se gââte !
excellent post :o))) faut rappeler qu'elle a été sous-sinistre sous allégre, le dégraisseur de mamouth, la Notre Dame du Marais ... donc coté démago anti-enseignante, elle a été à bonne école ...
par contre, de là à s'attaquer à la paupérisation des contenus d'enseignement ... parceque le probléme est bien là ... on pédagagatise beaucoup, mais aprés avoir déstructuré pas mal de matières au point d'en avoir fait une sorte de bouillie gerbeuse ... et on s'étonne de larguer les gosses qui ont pas une aide à la maison ... l'actuel débat sur l'apprentissage de la lecture, s'il est important, n'est qu'un des aspects de la dérive du pédagogogisme, outil fabuleux de déconstruction de la perception/compréhension du monde ...
je reviendrais, maintenant que j'ai récupéré une connexion digne de ce nom ... :o)))
merci, les marques du plaisir.
En effet, sous couvert de "pédagogisme" et de modernisme, on sabre les fondements de l'Ecole en accusant les profs de vouloir conserver leurs privilèges.
Quant à l'affaire de l'apprentissage de la lecture, elle est significative de l'attitude bornée et dangereuse de ce gouvernement. Imposer, jusqu'à en punir sévèrement les enseignants qui ne l'appliqueraient pas, une pratique pédagogique à l'exclusion de toute autre, c'est faire fi du terrain, c'est démolir volontairement ce qui a été construit par des années de pratique et d'expérience.
C'est s'acharner, par sectarisme et idéologie malsaine, sur des enfants. C'est terrifiant.
Ces enfants qui dérangent tant quand ce ne sont pas de chères petites têtes blondes, ces enfants qu'on vient cueillir jusque dans les écoles et qu'on traque sans relâche.