Halloween for ever
Par emcee le dimanche 5 novembre 2006, 00:18 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Bal masqué au Congrès: un mort, la démocratie
Bipartisme, vote « utile » : voilà ou ça mène. Désaffection des
citoyens et petits arrangements entre amis. Et vide politique.
C’est CA qu’on veut chez nous ? En tous cas, c’est le message clair du
péhesse, qui n’a pas changé son programme d’un iota. Pour eux, c’est à la
gauche de venir à leur programme et pas à eux de faire du socialisme. Sans
moi.
Pôvres fifres, va!
Voici encore un article sur les USA pioché sur le ouèbe. Je ne compte pas
m’en faire la spécialité, mais tant que je gagne, je joue …
Traduction de “Halloween Without End”
De Zbignew Zingh
http://www.dissidentvoice.org/Oct06...
Site: www.dissidentvoice.org
October 31, 2006
C’est Halloween tous les jours
Le perpétuel bal costumé de la guerre, de la politique et de la
manipulation financière.

Une fois par an, nous nous déguisons en monstres et en goules, parodiant ce
qu’est réellement l’Amérique tout le reste de l’année.
Halloween est un racket organisé pour les gamins, une menace d’extorsion
ramenée au rang d’un jeu pour enfants. La demande d’un
« treat » (une friandise), à l’origine, comporte une menace
(NDLT trick : mauvais tour) de représailles implicite si on ne
met rien dans le sac. « Tu raques ou tu trinques »
(“Trick or treat!”), crient les gamins qui demandent des bonbons,
menaçant d’emmailloter votre voiture avec du papier hygiénique ou d’envoyer des
œufs sur votre maison si vous ne vous exécutez pas.
« Tu raques ou tu trinques ! », s’écrient le président, le
Congrès, le Pentagone et Wall St en ouvrant leur sac pour y engouffrer les
richesses de la planète, ses ressources, sa main d’œuvre, ses enfants, son
avenir et nos vies.
« Tu raques ou tu trinques !» disent les ploutocrates, les
neo-cons, et les néo libéraux ;
« Tu raques ou tu trinques ! », sinon nos soldats vont
faire sauter ta maison, te feront remonter à l’âge de pierre à coups de
bombes ; tu sera jeté en prison, battu, torturé, violé. On t’enfoncera la
démocratie au fond de la gorge.
« Tu raques ou tu trinques ! », braillent les ambassadeurs les
généraux, les patrons et les responsables religieux.
Tu raques ou tu trinques ! Tu raques ou tu trinques ! Tu
raques ou tu trinques !
Et la plupart d’entre nous, morts de peur, impressionnés, terrifiés, payons
ce racket, le prix à payer pour être protégés, pour garder notre emploi, pour
conserver notre couverture santé de plus en plus réduite, pour conserver
l’illusion d’indemnités de départ à la retraite, pour mettre de l’essence dans
les réservoirs de nos voitures.

Les masques et l’intimidation font partie de la civilisation depuis que
l’Homme a appris à parler et à jeter des pierres. Peut-être que notre faculté à
masquer nos véritables desseins et à menacer les autres, c’est ce qui permet
précisément à la civilisation de se développer. On nous dit que nous sommes
actuellement à l’époque la plus civilisée; et donc, c’est aussi l’époque la
plus hypocrite, la plus sournoise, la plus menaçante de tous les temps. C’est
du théâtre kabuki, festival de menaces et de ripostes, de mauvais tours et de
récompenses, d’extorsions et de représailles.
Candidats marginaux mis sur la touche
Dans l’Etat de Washington, les médias télévisés ont exclu Aaron Dixon, le
candidat pacifiste au sénat américain, du débat public entre républicains et
démocrates parce que M. Dixon, qui représente les Verts, n’avait pas réuni la
cagnotte d’un million de dollars estimée nécessaire par les médias pour figurer
aux côtés des candidats « traditionnels ». Quand M. Dixon s’est
présenté pour le « débat » télévisé, demandant qu’on lui
permette de participer, il a été arrêté.
Bruce Guthrie, le candidat libertaire au sénat a dû emprunter un million de
dollars uniquement pour s’ « acheter » une place assise à la table
des débats. Et c’est cette mascarade qui passe pour des « élections
libres », à la sauce américaine.
Sur les talons d’Halloween se profile le jour des élections au Congrès, le
véritable jour des arlequins et des mascarades.
Pour qui donc voter, me dis-je en lisant les tracts des candidats : pour
les vampires qui nous ont précipités dans la guerre ou pour les loups-garous de
l’ «opposition» qui ont aussi voté la guerre ? Avons-nous réellement un
choix si nous devons choisir entre un Monstre dont les mensonges ont causé la
mort de plus de 650 000 personnes et une Goule qui dénonce l’
« incompétence » du monstre sur la forme employée pour accomplir ces
massacres ?
Pourquoi n’y a-t-il en Amérique que DEUX bals costumés, quand dans d’autres
pays il y en a 3, 4, 5 ou 6 ?
Silence dans les rangs !
En Pennsylvanie, la fille du député républicain Curt Weldon, a eu droit à
une visite préélectorale du FBI qui a saisi ses livres de comptes. Pourquoi
donc un FBI administré par les républicains humilierait-il publiquement une
candidate sortante, fille d’un député républicain, qui se présente à nouveau
aux élections?
Peut-être est–ce parce que Curt Weldon est ce parlementaire qui a accusé la
commission Zelikow de n’avoir pas cité les conclusions d’« Able danger »,
un programme d’espionnage qui avait apparemment recueilli des tas
d’informations importantes sur les attentats du 11 sept à NY et au Pentagone.
La famille de Curt Weldon a–t-elle subi des pressions politiques comme Valerie
Plame, la femme de l’ambassadeur Joseph Wilson, qui travaillait à la CIA, parce
que Weldon lui aussi avait « dépassé les bornes » ?
Tu raques ou tu trinques, Monsieur Weldon ! Appartenir au gratin du
parti dominant ne donne pour autant pas le droit d’enfreindre le code
gouvernemental de l’Omerta, cette loi du silence de la mafia, qui exige des
gangsters silence et loyauté et qui fausse tout, y compris les rapports au sein
du parti.
Mark Foley est devenu paria du moment au Capitole à cause des révélations
sur les mails à caractère sexuel qu’il a envoyés à des jeunes garçons,
arrachant, ainsi, le masque du petit jeu de la moralité du clan républicain.
Cependant, sitôt après des élections, les deux partis cesseront de donner des
coups de pieds dans le corps politiquement mort de Foley.
Les pages à Washington sont venus apprendre ce que le pouvoir veut dire.
Maintenant ils savent. Où il y a pouvoir, il y a abus de pouvoir, et nombreux
sont les responsables politiques des deux bords qui se laissent aller à leurs
penchants effrénés. C’est la récompense pour être de bons serviteurs du système
législatif et cela permet aux J. Edgar Hoover actuels de constituer des
dossiers bien opportuns qui leur serviront de moyen de pression pour contenir
les velléités de ceux qui se risqueraient à placer l’intérêt public avant les
intérêts privés.
En surface, en Amérique, il y a le masque de l’obéissance à la loi. Sous le
masque, il y a la violation flagrante et répétée de la loi. Le Congrès, les
deux partis dominants agissant de concert, ont voté la loi qui approuve la
torture et l’emprisonnement à vie sans chef d’accusation, qui dénie les droits
constitutionnels des étrangers et des citoyens; et le Zombie en chef déguisé en
champion de la Liberté, de la Vie et de la Paix, applaudit au suicide de la
République.
La presse se déchaîne sur les méfaits de Hewlett-Packard, qui s’est permis
d’intercepter les communications privées de membres du conseil
d’administration. Mais alors que la presse s’insurge du prétexte donné pour
justifier l’espionnage de l’élite patronale en Amérique, où est le tollé quand
les géants des télécoms, la National Security Agency et les compagnies
Internet majeures écoutent vos conversations et la mienne ?
Le message secret c’est qu’il y a en Amérique un droit à la vie privée à
deux vitesses: la vie et les communications des féodaux sont privées, la vie et
les communications de tous les autres sont passibles d’espionnage.
Médias et classes dirigeantes : d’accord pour
l’intox
Parallèlement, les propriétaires des médias dominants ont rejoint avec
enthousiasme le défilé costumé du gouvernement pour faire passer la République
Démocratique de Corée pour un danger à la paix dans le monde. Le Département
d’Etat et sa chaîne d’informations opèrent leur matraquage alarmiste, sortant
de leur sac à malices tous les tours racistes et xénophobes existant.
Peu importe que la Corée du Nord n’ait jamais envahi aucun pays étranger, comme
l’ont fait les Etats-Unis à de nombreuses reprises.
Peu importe que la Corée du Nord connaisse peu à peu une stabilité politique
plus grande que nombre de dictatures soutenues par les Etats-Unis.
Peu importe que la Corée, victime historique des agressions américaines et
japonaises ait seulement souhaité qu’on lui fiche la paix.
Peu importe que, comme on le voit pour le cas de l’Irak, la seule façon pour un
petit pays de s’assurer qu’on lui fiche la paix soit de posséder des armes de
destruction massive, et d’être prêt à les utiliser pour répondre aux
agressions.
Peu importe que d’autres pays qui n’ont pas signé le traité de non
prolifération des armes nucléaires aient également leur arme nucléaire - mais
Israël, le Pakistan et l’Inde ne sont pas des pestiférés internationaux, mais
de doux angelots parce que ce sont NOS états nucléaires et qu’ils font ce qu’on
leur dit de faire.
Derrière le masque de la sollicitude, le gouvernement américain exprime sa
préoccupation de voir l’Irak s’enfoncer dans une guerre sectaire. Sous le
masque, cependant, l’Amérique prépare en secret l’attaque. C’est le plan B de
James Baker : si nous ne pouvons pas posséder les réserves de pétrole
directement en mettant en place notre gouvernement fantoche, alors, nous allons
le balkaniser, le réduire en pièces, comme nous avons fait en Yougoslavie, en
la réduisant à un patchwork de minuscules états dépendants dont les ressources
peuvent être aspirées par les entreprises occidentales vampires, pendant que
leurs peuples, se pliant à la volonté de l’Occident, s’immolent dans un
autodafé islamiste.
Relifter l’économie pour la rendre présentable pour les
élections
Mais pendant que l’Amérique fait la guerre en Irak, et bientôt en Iran, en
Syrie, à Cuba et au Venezuela, dans le pays, juste à temps pour Halloween et
les Elections au Congrès, l’économie paraît soudain toute requinquée !
Juste à temps, les oligarques du pétrole (les amis et les alliés du
gouvernement actuel) ont soudain baissé le prix du pétrole. Parallèlement les
responsables de la Réserve Stratégique de Pétrole, qui ont débloqué du pétrole
pour atténuer la flambée des prix après l’ouragan Katrina, ont déclaré qu’ils
« s’abstiendraient d’acheter des stocks de pétrole pour le
remplacer » (malgré la baisse des prix) avant les élections de novembre.
Cela permet de faire baisser le prix à la pompe (seulement temporairement, bien
entendu) pour le 4x4 de Joe l’électeur et de doper les ventes promotionnelles
des gros consommateurs d’essence de Détroit. Tout le monde est content et, en
théorie, ils votent pour le statu quo, pour leurs propres intérêts économiques
et pour leurs portefeuilles.
Pour sa part, la banque de réserve fédérale a inondé le système bancaire
d’argent facile, créant par là même un stock énorme dans le M3, la somme totale
d’argent, actuellement totalement confidentielle, en circulation dans
l’économie. Cet apport d’argent à bon marché, à son tour, sert à contrebalancer
l’effondrement du marché de l’immobilier et a été utilisé pour gonfler une
bulle boursière encore plus énorme. L’indice du Dow Jones Industriel, mesure
qui concerne seulement une vingtaine des compagnies les plus importantes (qui y
entrent ou en sortent pour conserver à l’indice sa vitalité artificielle)
montre tous les signes d’une jeunesse et d’une bonne santé liftées au
Botox.
Cependant, les graphiques du Dow Jones industriel publiés heure par heure
révèlent que de nombreuses injections mystérieuses ont lieu au milieu de
l’après-midi chaque fois que la ligne commence à piquer vers le bas créant
ainsi l’illusion que la bourse défie les lois de la pesanteur.
Ceux qui se penchent à la fois sur l’étude d’Halloween et des élections
américaines donnent à ce phénomène un nom plus simple : une mascarade. Si
on regarde le calendrier, c’est Halloween mais si on s’intéresse à l’histoire,
il s’agit du bal costumé perpétuel avec pour thèmes la guerre, la politique et
les manipulations financières.
Bon Halloween, l’Amérique. Tu raques ou tu trinques !
Zbignew Zingh can be reached at: Zbig@ersarts.com. This article is
CopyLeft, and free to distribute, reprint, repost, sing at a recital, spray
paint, scribble in a toilet stall, etc. to your heart’s content, with proper
author citation. Find out more about Copyleft and read other great articles at:
www.ersarts.com. copyleft 2006.
NB: les titres des rubriques ont été rajoutés par mes soins
Note:
« *Trick or treat » : « des bonbons ou le
bâton » ; « Des friandises ou un mauvais tour ».
Voir ici (en anglais): http://en.wikipedia.org/wiki/Trick-...
……………………………………………………………………………………………….......................................
En faisant des recherches, je suis tombée sur ce site :
« krystal ». Passionnant. C’est en anglais, mais
certaines rubriques peuvent être comprises. Il y a des photos et des graphiques
qui parlent à tous.
Résolutions de l’ONU où les US ont utilisé leur droit de
veto:
http://www.krysstal.com/democracy_w...

Le MUR
Israël construit un mur qui peut atteindre 8 mètres de haut (celui de Berlin
mesurait 3m60) dans les territoires occupés de la bande de Gaza. Ce mur sépare
des villages des champs des paysans, quand il ne sépare pas carrément les
villages en deux; quand il ne sépare pas des milliers de personnes de leurs
familles, de leurs écoles et de leurs lieux de travail. 200 kms du mur sur les
700 de prévus, ont d’ores et déjà, été réalisés. Ce mur a été déclaré
illégal en juillet 2004 par la cour internationale.
Mais Israël et les Etats-Unis s’assoient dessus.
Compagnies US dans le monde – qui, souvent, choisissent les
régimes non démocratiques à cause de l’absence ou de l’indigence du code du
travail, du laxisme sur la protection de l’environnement, de la faiblesse des
charges à payer et de l’absence de droits humains.
http://www.krysstal.com/democracy_w...

La ville de Beyrouth détruite par les raids aériens israéliens pendant
que les EU envoient à Israël de nouvelles bombes et que le Royaume Uni approuve
l’agression.

Tyr

Au Liban
Photos trouvées sur le site (attention, certaines sont
insoutenables) :
http://www.krysstal.com/democracy_p...
...............................................................................................................
Pendant ce temps, en France, le petit éditorialiste d’un ex-hebdo satirique,
chroniqueur occasionnel retrouvé par hasard sur l’antenne de France Inter, nous
donne des leçons d’humanité.
C’était dans l’émission "Inoxydable" du vendredi 3 novembre, peu avant 18h.
Je n’ai pas réussi à ré-entendre cette chronique, ni à vous la transmettre. Si
quelqu’un sait, merci de signaler le lien.
(NB : je ne donne pas de noms quand je ne souhaite pas faire de pub
inutilement)
Commentaires
merci de cette traduction emcee.
heureusement il y aussi de nombreux américains qui portent un regard critique sur les exactions du gouvernement actuel, et des précédents.
c'est fou, à vingt ans j'en rêvais des "states", c'est vrai aussi que nous étions beaucoup moins informés, Allende avait déjà été assassiné , mais
on ne mettait pas encore les événements bout à bout
depuis le puzzle s'est reconstitué et la stratégie impériale belliqueuse des américains est devenue évidente
à part pour quelques intellos français ex gauchistes ...suivez mon regard
terribles les liens
tu n'es pas la seule à me dire que mes messages sont mis en quarantaine, je ne sais pas pourquoi, mais j'chuis pas un virus
dommage, dans une bonne cause, de ne pas faire preuve d'un peu d'intelligence, et de penser que la Coré du nord est un bon régime sous prétexte que les américains le condamnent (mollement d'ailleurs) - de parler de la conduite inqualifiable des sociétés américaines en oubliant les sociétés françaises ou européennes...
Pour la Corée du N, l'article ne dit pas que c'est un "bon régime", mais qu"il est "moins pire" que d'autres soutenus activement et hypocritement par les US.
Peut-être que ma traduction n'est pas assez claire. Tradutore, tradittore, hélas.
D'autre part, il s'agit ici d'un journaliste AMERICAIN, alors, les entreprises autres qu'américaines ne font pas partie de leur sphère, disons.
Mais si tu as des exemples, ils seront les bienvenus, évidemment.
Amicalement
merci pour cette traduction ainsi que les précédentes, pour les nulles en anglais comme moi, c'est très très précieux !
Oh, c'est trop nul! J'ai répondu à Céleste et à Coralie et je ne retrouve plus mon commentaire.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais ça m'énerve!
Merci, Céleste et Coralie de bien vouloir écrire sur ce site, malgré le flou artistique qui y règne.
Bonne traduction et brillante analogie de la civilisation, du gouvernement qui raquete les citoyens, "tu raques ou tu tringues".