Le Congrès s’amuse
Par emcee le lundi 23 octobre 2006, 14:11 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
A ceux qui pensent soit que les "Ricains" sont ces brailleurs mal dégrossis et
arrogants qui agitent leurs dollars comme d’autres leurs attributs sexuels,
soit les sauveurs de l’humanité entière, grâce à leur armée ou à leurs
multinationales qui apporteraient le bien-être dans les coins les plus reculés
de la planète ;
A ceux qui pensent que tous les Américains sont lobotomisés et perfusés au
libéralisme;
Je veux apporter la preuve qu’il y en a qui pensent, et qui analysent le
bourbier dans lequel nous sommes tous - Etats-Unis et Europe -
englués.
Voici, donc, trouvé encore dans « Dissident Voice », l’article
de James Petras, qui analyse les raisons qui poussent les
« élites » à matraquer la population de faits divers d’ordre sexuel,
les élevant au rang de questions politiques majeures dans les campagnes
électorales.
Elections aux USA: justice et perversion et perversion de la
justice
Par James Petras
www.dissidentvoice.org
Traduction
A une période où le Congrès US adopte la loi sur la légalisation de la
torture, révoquant par là même l’habeas corpus qui figure dans la Charte des
Droits et dans la Constitution américaine, et augmente le budget militaire pour
perpétuer le massacre quotidien de centaines d’Irakiens et d’Afghans, le grand
débat qui secoue les médias et les élus, ce sont les avances sexuelles d’un
parlementaire faites à des adolescents travaillant au Congrès.
Des millions de chrétiens fondamentalistes, qui ont approuvé les yeux fermés
la Guerre contre la Terreur, s’offusquent de la tolérance de leur parti
vis-à-vis du cas isolé d’un pervers sexuel, alors qu’ils ont laissé passer sans
broncher la torture à Abou Ghraïb, le bombardement du Liban par Israël et
l’abandon criminel de centaines de milliers de citoyens pauvres
(majoritairement noirs) à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan
Katrina.
Pourquoi donc les membres du congrès et les médias crient-ils au scandale
sur des questions de conduite sexuelle d’ordre privé - comme les mails à
caractère sexuel envoyés par le parlementaire Foley à des jeunes garçons ou les
aventures extra maritales de l’ancien président des EU, Bill Clinton, avec une
stagiaire de la Maison Blanche - et non pas sur des questions portant sur la
paix ou la guerre, la démocratie ou le despotisme, la torture ou les droits de
l’Homme ?
Ceux qui tirent des conclusions hâtives de la situation nous servent la
théorie de l’ «héritage puritain» anglo-américain, une explication qui
omet notre héritage constitutionnel et démocratique, notre histoire récente
d’opposition à la guerre du Vietnam, et notre signature de la charte des droits
de l’homme des Nations Unies. Puisqu’il y a de nombreux passés historiques, il
n’y a pas un « héritage » unique qui domine les autres, surtout quand
le prétendu passé « puritain » a été éclipsé par la culture de masse
de ces 50 dernières années où le sexe a pris une place extrêmement
importante.
Alors, laissons de côté les interprétations psycho-culturelles douteuses -
qui n’expliquent en rien ce comportement politique. Surtout que, si la
« moralité puritaine » dominait autant la vie politique en Amérique,
comment expliquer alors qu’on ne s’intéresse qu’aux incartades sexuelles de
politiciens à titre individuel et pas du tout à l’immoralité des sévices
sexuels pratiqués partout systématiquement par les Américains chargés des
interrogatoires en Irak, en Afghanistan et au camp de prisonniers de Guantanamo
et dûment approuvés par le président Bush ?
Pour comprendre la perversité de la politique américaine, où les crimes
majeurs sont approuvés à la fois par le congrès et par le président Bush et où
les frasques sexuelles mineures deviennent une obsession, il faut oublier la
notion floue d’«opinion publique américaine» et analyser ce que les médias de
masse et les leaders d’opinion tolèrent dans le cadre d’une campagne
électorale.
L’élite politique des deux partis, ainsi que la majorité et l’opposition au
Congrès américain ne divergent pas sur les questions essentielles sur la guerre
et la paix : ensemble, ils ont approuvé l’invasion et l’occupation de
l’Irak depuis le début et ils viennent de voter un budget de plus de 400
millions de dollars pour 2006-07 pour la poursuite de la guerre. Les deux
partis, le Congrès et le président ont approuvé l’invasion du Liban par Israël,
la destruction délibérée d’infrastructures civiles et le largage d’un million
de bombes à fragmentation sur le Liban, ainsi que le blocus et le viol de
Gaza.
Les deux partis ont soutenu l’extension du «Patriot Act», qui suspend la
protection des principes démocratiques et des libertés individuelles garantis
par la Charte des Droits et la Constitution américaine.
Le congrès ET la Maison Blanche s’opposent conjointement à l'établissement
d’un régime de couverture maladie universelle, car tous deux reçoivent pour
leur campagne électorale des millions de dollars de la part des grandes firmes
pharmaceutiques et des compagnies d’assurance santé privées, ainsi que de leurs
groupes de pressions.
Puisqu’il y a consensus entre les deux partis officiels pour ce qui concerne
la guerre, l’autoritarisme et l’économie, ils ne peuvent donc s’affronter que
sur des questions de « personnalité » et de moralité individuelle
privée. Les partis justifient leur existence propre et s’investissent dans les
campagnes électorales en évitant les questions qui soulèveraient l’hostilité
des élites économiques financières, des va-t-en-guerre civils et des puissants
lobbies pro Israéliens et en fustigeant … d’autres politiciens, ce qui
s’appelle une « proie rêvée » dans le système politique américain où
la marge de manœuvre est extrêmement limitée.
Au cours de la première semaine d’octobre, 30 soldats US ont été tués en
Irak, et des tas d’autres ont été blessés, 580 civils irakiens ont été
assassinés, 20 civils Libanais ont été tués ou blessés par des bombes à
fragmentation, des dizaines de milliers de conversations téléphoniques, de
faxes et de mails ont été interceptés sans mandat légal, des milliers de
manifestants d’extrême droite ont défilé à Buenos-Aires pour soutenir les
anciens dictateurs militaires, des milliers d’enseignants pacifiques, en grève
à Oaxaca Mexique, ont été menacés de répression militaire massive, 13 mineurs
boliviens et des paysans indiens ont été assassinés par le gouvernement et ses
partisans, ce qui motiverait une guerre civile, et un évêque vénéré aux
Philippines a été assassiné par les escadrons de la mort pour avoir défendu les
droits humains, rejoignant ainsi les milliers de militants qui y ont été
assassinés ou ont disparu… et pourtant, aucune de ces informations n’a été
diffusée dans les principaux programmes de télévision ou de radio américains et
sont à peine mentionnées dans les principaux journaux.
A la place, on nous assène, tous les jours, voire toutes les heures, des
comptes-rendus révélant le contenu des mails obscènes de Foley, l’élu
républicain au Congrès, le parti démocrate publiant des communiqués de presse,
mettant en accusation, réclamant des enquêtes, exigeant des
démissions.
“La corruption, la dépravation, la perversion », nous expliquent les
démocrates, « à des postes importants sont inadmissibles».
Et les républicains, qui ont tant de courage pour se poser en défenseurs de
la torture et des enlèvements occultes et qui sont si téméraires quand il
s’agit d’accepter une rallonge de centaines de millions de dollars d’aide
militaire à Israël ….. fuient leurs responsabilités, tremblent de peur,
bégaient et bredouillent quand ils annoncent qu’ils ont « fait le
ménage » et demandé à leur parlementaire pervers de démissionner; il leur
faut maintenant retourner à leur guerre contre le terrorisme à l’intérieur et à
l’extérieur du pays sans être importunés.
Ce qui est primordial pour pérenniser cette parodie de système politique de
quasi-parti unique, qui s’évertue à défendre les guerres impériales à
l’étranger et à ignorer la décadence et l’autoritarisme dans son propre pays,
c’est de donner l’illusion d’ « une compétition entre les partis ».
Pour conserver cette illusion de choix face à un large consensus des élites, il
faut un « numéro de cirque », de préférence un spectacle où les auteurs de
conduites sexuelles répréhensibles d’un parti peuvent être exhibés et dénoncés
par les moralistes de l’autre parti, gonflés de leur propre importance. Sans
cette mise en scène d’une indignation morale et d’une certaine dose
d’émoustillement égrillard, l’abstention aux élections parlementaires pourrait
bien dépasser les 65% habituels.
James Petras, a former Professor of Sociology at Binghamton University,
New York, owns a 50-year membership in the class struggle, is an adviser to the
landless and jobless in Brazil and Argentina, and is co-author of Globalization
Unmasked (Zed Books). His latest book is The Power of Israel in the United
States (Clarity Press, 2006).
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Epilogue
Pressée de poster le billet, j’ai un peu oublié les
références.
les voici :
Elections in the USA: Justice and Perversion and the Perversion of
Justice
October 9, 2006
http://www.dissidentvoice.org/Oct06...
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Et aussi :
Bye, Bye Civil Liberties: Blame the Democrats (où on ne
peut pas faire confiance aux Démocrates NON PLUS. Ca ne vous dit RIEN
?)
by Joshua Frank
October 9, 2006
http://www.dissidentvoice.org/Oct06...
The Anti-Empire Report
The Jingo Bells are Ringing
by William Blum
October 22, 2006
http://www.dissidentvoice.org/Oct06...
A Journey Through The Mind Of Contemporary Conservatism: Clutching
Our Values Aboard The Death Train Of Empire
by Phil Rockstroh
October 18, 2006
Commentaires
Super interessant, merci pour la traduction et bravo pour votre blog !!
merci