Un sondage, réalisé par le Haut-Commissaire à l’Enfance (sorte de médiateur responsable de problèmes de l’Enfance indépendant du gouvernement) auprès de jeunes gens de moins de 18 ans montre que ceux-ci sont hostiles à la constitution de ce registre et cela, pour diverses raisons.

Tony Blair : Ne m'appelez pas l'idole des jeunes !

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Des enfants sous haute surveillance

Article paru dans le « Guardian », le 8 septembre 2006

Projet de base de données nationale en ligne : une enquête montre que les moins de 18 ans redoutent les violations de leur vie personnelle

D’après une étude à paraître aujourd’hui, les jeunes craignent que la base de données nationale que le gouvernement prévoit de mettre en place pour tous les moins de 18 ans en Angleterre ne les expose à des dangers plutôt qu’elle ne les en protège.

Selon une étude réalisée par le haut-commissaire chargé de l’Enfance en Angleterre, les jeunes se méfient des motivations cachées derrière la création d’un fichier destiné à permettre aux professionnels de se partager les données d’environ 11 millions d’enfants et d'adolescents.

De nombreux jeunes de moins de 18 ans interrogés pensent que ce système « envahira leur vie privée » et les dissuadera d’utiliser les services de psychologues ou de spécialistes en sexualité de peur que ces renseignements ne soient transmis à leurs parents ou à leur établissement scolaire.

L’étude montre que les moins de 18 ans craignent que ce fichier (dont le coût s’élèvera à 224 millions de livres), qui permet aux professionnels de signaler les problèmes rencontrés par chaque enfant, ne soit utilisé à mauvais escient par des employés sans scrupules ou tyranniques, en particulier par ceux qui font subir des maltraitances aux mineurs - et qui s’en serviraient pour maquiller leurs crimes.

D’après les enquêteurs, les plus âgés d'entre eux estiment que cette base de données à la « Big brother » risque d’être un moyen de conserver une trace des jeunes et certains assurent qu’ils vont tout faire pour éviter d’y figurer.

Parmi les sondés, beaucoup, craignant le piratage du fichier, ne font pas confiance au gouvernement pour stocker des informations complètement sécurisées.

D’après l’enquête, ce manque de confiance des moins de 18 ans vis-à-vis du système devrait représenter pour le gouvernement un avertissement de la plus haute importance.

Il s’agit ici du tout dernier obstacle parmi beaucoup d’autres que rencontre le projet de constitution de ce fichier, censé répondre aux carences des services sociaux, qui se sont montrés, par exemple, incapables de regrouper des renseignements dans le cas de Victoria Climbie, une jeune fille assassinée après avoir subi des sévices sexuels.

La semaine dernière, il est apparu que les enfants de personnes célèbres auraient la possibilité de faire supprimer certains renseignements figurant dans le fichier, ce qui n’a pas manqué de déclencher des interrogations quant à la sécurisation effective de ces données enregistrées.

Le commissaire chargé de l’information au parlement devrait publier d’ici la fin du mois un rapport sur ce projet de fichier national. Il est probable que ce rapport établira que la constitution de ce fichier soulève de graves inquiétudes et sera éventuellement considérée comme illégale, dans la mesure où elle risque d’être en infraction avec la loi relative à la protection des données personnelles ainsi qu’avec la Convention Européenne des droits de l’Homme.

Les jeunes ont exprimé les mêmes inquiétudes dans l’enquête à paraître aujourd’hui. Ils s’opposent à ce que le registre soit utilisé pour échanger des renseignements sans leur consentement sauf dans des cas exceptionnels, par exemple, où un enfant risquerait de porter atteinte à sa personne ou à autrui.

D’autres inquiétudes sont apparues, à savoir qu’avec cette base de données, le profil de la personne pourrait être indéfiniment faussé par l’archivage de faits révolus. Les jeunes craignent que les informations contenues dans le fichier ne soient erronées et doutent, étant donné la taille et la portée de ce fichier, qu’il puisse être tenu à jour.

L’un d’entre eux explique que « des données anciennes pourraient éventuellement leur nuire et être utilisées pour les particulariser et les cataloguer ».

Les enquêteurs concluent également que le fichier risquerait d’accroître la méfiance des moins de 18 ans vis-à-vis des professionnels qui travaillent avec eux. Ils demandent impérativement que les enseignants, qui, d’après eux, appartiennent à une catégorie très différente des travailleurs sociaux ou de services de santé, n’aient absolument pas accès à ces bases de données. Les enseignants, disent-ils, n’ont pas à tout connaître de leurs vies personnelles.

Traduit de: “Children fear intrusion of national database, report finds

Par David Batty

Friday September 8, 2006

http://www.guardian.co.uk/uk_news/s...

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Ne dit-on pas, justement, que la vérité sort de la bouche des enfants ?