TOUS FICHES DES LE BERCEAU?
Par emcee le samedi 23 septembre 2006, 08:29 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
LES PETITS ANGLAIS, EUX, DISENT NON !
Fichage (Suite)
Grande-Bretagne: le gouvernement compte mettre en place un fichier national regroupant les données personnelles de tous les jeunes anglais de moins de 18 ans. La raison officielle en est la protection de l’enfance, en particulier contre la pédophilie et la maltraitance. Ce fichier, consultable en ligne, permettrait donc aux adultes qui travaillent avec des enfants (travailleurs sociaux, médecins, enseignants, etc.) de partager toutes les informations concernant l’enfant dont ils s’occupent (et, pourquoi pas, les autres).
Un sondage, réalisé par le Haut-Commissaire à l’Enfance (sorte de médiateur
responsable de problèmes de l’Enfance indépendant du gouvernement) auprès de
jeunes gens de moins de 18 ans montre que ceux-ci sont hostiles à la
constitution de ce registre et cela, pour diverses raisons.
Tony Blair : Ne m'appelez pas l'idole des jeunes !
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Des enfants sous haute surveillance
Article paru dans le « Guardian », le 8 septembre
2006
Projet de base de données nationale en ligne : une enquête
montre que les moins de 18 ans redoutent les violations de leur vie
personnelle
D’après une étude à paraître aujourd’hui, les jeunes craignent que la base
de données nationale que le gouvernement prévoit de mettre en place pour tous
les moins de 18 ans en Angleterre ne les expose à des dangers plutôt qu’elle ne
les en protège.
Selon une étude réalisée par le haut-commissaire chargé de l’Enfance en
Angleterre, les jeunes se méfient des motivations cachées derrière la création
d’un fichier destiné à permettre aux professionnels de se partager les données
d’environ 11 millions d’enfants et d'adolescents.
De nombreux jeunes de moins de 18 ans interrogés pensent que ce système
« envahira leur vie privée » et les dissuadera d’utiliser les
services de psychologues ou de spécialistes en sexualité de peur que ces
renseignements ne soient transmis à leurs parents ou à leur établissement
scolaire.
L’étude montre que les moins de 18 ans craignent que ce fichier (dont le
coût s’élèvera à 224 millions de livres), qui permet aux professionnels de
signaler les problèmes rencontrés par chaque enfant, ne soit utilisé à mauvais
escient par des employés sans scrupules ou tyranniques, en particulier par ceux
qui font subir des maltraitances aux mineurs - et qui s’en serviraient pour
maquiller leurs crimes.
D’après les enquêteurs, les plus âgés d'entre eux estiment que cette base de
données à la « Big brother » risque d’être un moyen de conserver une
trace des jeunes et certains assurent qu’ils vont tout faire pour éviter d’y
figurer.
Parmi les sondés, beaucoup, craignant le piratage du fichier, ne font pas
confiance au gouvernement pour stocker des informations complètement
sécurisées.
D’après l’enquête, ce manque de confiance des moins de 18 ans vis-à-vis du
système devrait représenter pour le gouvernement un avertissement de la plus
haute importance.
Il s’agit ici du tout dernier obstacle parmi beaucoup d’autres que rencontre
le projet de constitution de ce fichier, censé répondre aux carences des
services sociaux, qui se sont montrés, par exemple, incapables de regrouper des
renseignements dans le cas de Victoria Climbie, une jeune fille assassinée
après avoir subi des sévices sexuels.
La semaine dernière, il est apparu que les enfants de personnes célèbres
auraient la possibilité de faire supprimer certains renseignements figurant
dans le fichier, ce qui n’a pas manqué de déclencher des interrogations quant à
la sécurisation effective de ces données enregistrées.
Le commissaire chargé de l’information au parlement devrait publier d’ici la
fin du mois un rapport sur ce projet de fichier national. Il est probable que
ce rapport établira que la constitution de ce fichier soulève de graves
inquiétudes et sera éventuellement considérée comme illégale, dans la mesure où
elle risque d’être en infraction avec la loi relative à la protection des
données personnelles ainsi qu’avec la Convention Européenne des droits de
l’Homme.
Les jeunes ont exprimé les mêmes inquiétudes dans l’enquête à paraître
aujourd’hui. Ils s’opposent à ce que le registre soit utilisé pour échanger des
renseignements sans leur consentement sauf dans des cas exceptionnels, par
exemple, où un enfant risquerait de porter atteinte à sa personne ou à
autrui.
D’autres inquiétudes sont apparues, à savoir qu’avec cette base de données,
le profil de la personne pourrait être indéfiniment faussé par l’archivage de
faits révolus. Les jeunes craignent que les informations contenues dans le
fichier ne soient erronées et doutent, étant donné la taille et la portée de ce
fichier, qu’il puisse être tenu à jour.
L’un d’entre eux explique que « des données anciennes pourraient
éventuellement leur nuire et être utilisées pour les particulariser et les
cataloguer ».
Les enquêteurs concluent également que le fichier risquerait d’accroître la
méfiance des moins de 18 ans vis-à-vis des professionnels qui travaillent avec
eux. Ils demandent impérativement que les enseignants, qui, d’après eux,
appartiennent à une catégorie très différente des travailleurs sociaux ou de
services de santé, n’aient absolument pas accès à ces bases de données. Les
enseignants, disent-ils, n’ont pas à tout connaître de leurs vies
personnelles.
Traduit de: “Children fear intrusion of national database, report
finds”
Par David Batty
Friday September 8, 2006
http://www.guardian.co.uk/uk_news/s...
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Ne dit-on pas, justement, que la vérité sort de la bouche des
enfants ?
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