Ce matin, un peu avant onze heures, je vais à la poste centrale. Plein de monde comme tous les samedis. Il faut attendre.

Dans la file, un peu devant moi, une petite dame âgée, de toute évidence handicapée et souffrante, s’appuie sur son caddie pour tenir debout. Devant elle, des zombies.

Je ne dis rien pendant un bon moment, mais ensuite, ça me démange trop et je demande à ceux qui la précèdent de la laisser passer.

Elle, elle sourit gentiment : elle a oublié dans la précipitation sa carte d’handicapée et prend donc son mal en patience, n’osant pas faire valoir ses droits sans ce petit bout de papier.

Une femme, la quarante-cinquantaine, juste devant elle, se tourne alors et dit, acerbe et bien décidée à conserver sa place : « Elle n’a qu’à venir aux heures creuses! ». Salooope ! Déchet de l’humanité que tu es, va!

Eh oui, pour cette débile et pour tous ceux qui n’ont rien dit, quand on est handicapé, on vient pas faire chier les valides. On se fait petit. On évite les heures où sortent les chrétiens.

Et c’est quoi, les heures creuses, au juste ? Ce sont les heures où il n’y a pas grand monde et où justement, il y a moins de personnel disponible et où tu attends pareil.

Comme au supermarché. Si tu y vas pendant une accalmie, tu fais le tour très vite, mais ensuite, tu n’as pratiquement aucune caisse d’ouverte. Et tu attends. Rentabilisation. C’est comme cela que le personnel, embauché uniquement à mi-temps dans les grandes surfaces et les franchises des centres commerciaux, se retrouve à travailler le matin, puis à reprendre le boulot vers quatre-cinq heures de l’après-midi, quand le chaland revient.

La dame âgée nous dit « Ce n’est pas grave, pourvu que je puisse prendre le bus pour aller chercher mes petits enfants à l’école, à 11h et demie ».

Elle ne sera pas à l’heure. Elle sortira de la poste à 11h25. Tout cela parce que la majorité des personnes présentes à la poste ce matin n’en avait rien à battre de cette petite bonne femme fatiguée.

Quand on voit ça, on comprend pourquoi tant de veaux sont prêts à donner leur aval à des connards qui utilisent impunément leur position privilégiée pour offrir des vacances de rêve à leur famille aux frais de la République. A MES frais.

Les valeurs? Cotées en bourse, sinon rien.

Argh, il vaut mieux être beau, riche et bien portant que moche, pauvre et malade dans cette société de merde.

Et cette dégénérée vue à la poste, bouffie d’égoïsme et de certitudes, elle votera sans doute le minus facho ou la caporale écervelée pour que la «sécurité», l’ «ordre» et l’ «équité» soient assurés. A moins qu'elle préfère carrément le borgne. M'étonnerais pas.

Ah, elle est belle, la France!

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Et puisque j'en suis à l'ostracisme, voici un excellent article trouvé sur le web grâce à rezo, sur les "''gated communities''", ces lotissements enclos et gardés par des polices privées où s'enferment les bourges pour éviter de se frotter à la "racaille".

http://www.revuelabyrinthe.org/docu...

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RÉSEAU ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES

Réseau national des militants, collectifs d’établissements, syndicats et associations pour l’information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers

Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris -
educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org

COMMUNIQUÉ 19 septembre 2006

6924 RÉGULARISATIONS, COMME PRÉVU… ET APRÈS ?

Les 6924 régularisations au final - d'adultes, pas de familles- dans le cadre de la circulaire du 13 juin. ce n'est malheureusement pas une surprise. Le ministre de l 'Intérieur l'avait annoncé - il avait osé l'annoncer avant même que les dossiers soient examinés- 30% seraient gagnants -régularisés, 70% donc perdants. Le système des quotas était posé par avance. Et la réalité est pire: 20% de "bons", 80% de "mauvais". Aussi, si nous nous réjouissons pour celles et ceux, régularisés, qui vont enfin pouvoir vivre tranquillement, dignement, comme chacun en a le droit, force est de constater qu'on est loin du compte.

La circulaire du 13 juin avait déclenché un immense espoir… mais ce fut une véritable loterie. Cet espoir, entretenu par les déclarations médiatisées de N. S*rk**y et d'A. K*a*sf*ld qui ont suivi, a déclenché cette ruée immédiate vers les préfectures. Les dépôts collectifs initiés par RESF sont venus ensuite, en toute connaissance de cause pour chaque famille qui a librement décidé de s'y joindre. Aujourd'hui, beaucoup de familles n'ont pas encore été convoquées. D'autres n'ont toujours pas reçu de réponses. Tous ces gens vivent aujourd'hui dans l'angoisse de l'attente, ou dans l'effondrement après le refus. Et ils ont la peur au ventre. C'est une honte, c'est indigne. C'est une tricherie cynique, une traîtrise…

Et c'est N. S*rk**zy qui accuse RESF d'être démagogique et irresponsable(!), relayé par son étrange médiateur, A. Kl*rsf*ld dont l'expression est réduite à un psittacisme navrant: dire et redire tout ce que dit le maître.

C'est N.S*rk**y le démagogue, qui médiatise des annonces qui ne sont que des arnaques.

C'est N. S*rk**y, le démagogue, qui instrumentalise les sans papiers dans la perspective des élections présidentielles en amalgamant immigration, invasion, chômage, délinquance et insécurité

C'est N. S*rk**y, l'irresponsable; qui attise la xénophobie et la tentation raciste et, par réaction, entretient le repli communautariste qui enferme et sépare.

Au final, une politique inhumaine aux relents nauséeux qui ne résoud en rien le problème des migrations et cause d'infinies souffrances.

Nous avons assuré une veille vigilante durant tout l'été. Et le butin de la chasse aux enfants, aux jeunes et aux familles n'a pas été à la hauteur du projet du ministre. Maintenant, heureusement, la rentrée scolaire est faite: les enseignants, les parents d'élèves, les élèves eux-mêmes, les citoyens, les élus… nous sommes tous là: prêts, mobilisés, solidaires et déterminés à ne pas supporter l'inacceptable.
L'ampleur de la mobilisation du réseau, depuis deux ans - sur tout le territoire français - , qui rassemble des associations et des gens d'opinions diverses, les 123 000 signataires de la pétition "Nous les prenons sous notre protection", c'est la preuve que ce pays n'est pas s*rk**yfié.

Ce qui nous réunit autour des enfants, des jeunes majeurs, des familles menacés d'expulsion, c'est une volonté commune: que ce pays devienne ce qu'il prétend être: le pays des droits de l'Homme.

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RESF: le réseau qui me donne une lueur d'espoir pour l'humanité et montre que la solidarité existe encore en France, malgré les propagandes infâmes et les battages médiatiques mensongers qui s'acharnent à la détruire.