Déjà, dans le train qui me ramène vers des contrées aux cieux plus cléments, je récupère le Libé du jour, laissé là par un voyageur arrivé à destination, et je tombe sur des pages sur l’exilé de l’île de Ré.

Bon, je n’ai pas lu le reportage, j’avoue. J’ai regardé la photo : un mec souriant, l’air gai et facétieux. Le gars dont on voudrait comme beau-père. Donc, pas lui, quoi, mais l’image qu’on veut en donner.

J’ai quand même lu le courrier des lecteurs où se côtoyaient jospinolâtres, ségolinophiles et réalistes.

Aujourd’hui, j’allume la radio, et qui y avait-il sur France Inter ? Elizabeth Guigou. Et qu’est-ce qu’elle disait en gros ? C’est Jospin qu’il nous faut. Là encore, je ne me suis pas collé l’oreille au poste pour savoir ce qui se disait mais j’ai compris le message subliminal. Le reste semblait relever d'un saupoudrage de bonnes intentions qui seront vite oubliées une fois les élections passées. Pas de quoi nous faire rêver, donc.

Les socialos anti-ségo n’ont qu’un nom à lui opposer : Jospin. Le « sérieux » en plus, le « glamour » en moins. Le pasteur anglais contre la grenouille de bénitier. Le has been contre la wannabe. Du marketing, rien que du marketing. O pôvre!

La gôche sauce hollandaise, ignorant superbement (comme d’hab) les électeurs de gauche, cherche par tous les moyens à imposer ceux qu’on ne veut pas, les socio-libéraux, ex-champions du oui à l’Europe ultra-libérale. Et menteurs de surcroît.

ON NE VEUT NI d’un Tony Blair en tailleur Chanel NI de l’éternel revenant qui, si je ne m’abuse, a échoué lamentablement aux dernières présidentielles parce qu’il avait voulu boxer dans la catégorie « socio libéraux », plantant là tout l’électorat de gauche.

Mais s’il a de la morgue et une haute idée de lui-même quand il perd, cela ne l’empêche pas de revenir en rampant pour récupérer la mise.

Mais pour faire quoi ? Pour poursuivre son œuvre de destruction des services publics ? Pour aller encore plus avant dans le libéralisme ? Pour faire appliquer plus vite les directives européennes ? Pour maintenir les immigrés dans un statut de parias ? Dans le genre, il y a assez de monde au portillon. On n’a pas besoin d’un pseudo-socialiste pour ça.

Pense–t-il, comme d’aucun, que les « Français ont la mémoire courte » ? S’imagine-t-il qu’on a tout oublié : le Traité de Nice, l’abandon des services publics au marché, Vilvoord, la fuite à l’issue des résultats aux présidentielles, la réapparition sur le devant de la scène pour nous raconter des salades et insulter ceux qui avaient l’intention de voter non au TCE. J’en passe.

Nous n’avons RIEN oublié et nous le prouverons.

Pas Ségo, pas Jojo et pas l’autre facho.

POINT BARRE.

Une alternative au libéralisme, sinon rien.

Autre cheval de retour triomphal: le Juppé.

Encore un à qui on va dérouler le tapis rouge. Bonjour la démocratie, qui permet que des repris de justice reprennent tranquillement les affaires une fois leur petit purgatoire accompli.

Et ce qui est pire, c'est que ces grandes gueules de Français qui savent tout sur tout, aillent à la queue leu leu pour remettre en selle des gens qui, tels le lama, leur crachent à la figure et profitent de l'argent des contribuables pour perpétuer la lignée.

Bordelais, Bordelaises, refusez le bordel. Refusez que les politiques s'installent avec l'intention évidente de nous piquer nos sous pour se vautrer dans le luxe et nous traiter comme des manants (voir dans le Canard les vacances de Sharko et le déploiement orgiaque de moyens aux frais de la princesse).