Jean Charles de Menezes, vous connaissez ? Non, NON ! Ce n’est PAS le nom d’un de nos ministres du gouvernement Chirac qui a tapé en effet, dans la « noblesse » pour nous impressionner, nous la roture.

Hélas, Jean-Charles, lui, n’évoluait pas, arrogant, dans les fastes de la République. Il était brésilien, habitait (temporairement ?) à Londres et voulait simplement prendre le métro, ce jour fatal où son teint chocolat au lait l’a désigné comme coupable aux yeux des braves flics britanniques couleur navet légèrement rosé, élevés au lait de vache, au thé tiède et à la bière chaude.

Le 22 juillet 2005, à la station de métro Stockwell à Londres, Jean Charles de Menezes, jeune électricien de 27 ans, était abattu sans autre forme de procès, quinze jours après les attentats du 7 juillet 2005, par des policiers en civil, sous prétexte qu’il avait l’air d’un terroriste.
A la décharge (hihi) des policiers, ils devaient être sacrément sous pression (re-hihi) depuis une quinzaine : entre la volonté de leurs chefs et des politiques de rassurer la population, de montrer qu’ils ne restaient pas les bras ballants et de faire du chiffre, les intérêts économiques majeurs à Londres, en particulier à cette période de l’année, et le manque de repos et de sérénité (voire de compétence en matière d’armes à feu et de cohérence entre les divers services de police).

Il n’empêche qu’ils lui ont tiré dessus comme un lapin. Sept balles à bout portant. Blang. Carton plein.

Ian Blair, le chef de la police a déclaré deux jours plus tard que le plan d’action anti-terroriste qui permettait d’abattre tout suspect sur-le-champ (« shoot to kill ») n’était pas remis en cause.

Or, il semblerait que l’on aille vers une condamnation (le rapport d’instruction doit être remis incessamment aux parties concernées), non pas de cas individuels, à quelque niveau que ce soit (du Chef de la Police aux rambos à la gâchette facile), mais de l’Institution. Ce serait, ainsi, la Police de Londres, la Metropolitan Police (Met) qui serait sur le banc des accusés. Un peu comme si on tuait quelqu’un en le cognant violemment contre un coin de table et qu’on condamne l’ensemble du mobilier.

C’est une trouvaille, non ?
Par exemple, pour les Chirac et les frais de bouche exorbitants de la Mairie de Paris, on pourrait condamner la société des chauffeurs-livreurs – ou, en dernier ressort, évidemment, la Mairie de Paris. D’ailleurs, cela ne m’étonnerait pas que cela se termine ainsi cette affaire, futés comme ils sont… si affaire il y a encore, évidemment.

Mais je m’égare.

Donc, un an d’enquête, où une dizaine de policiers étaient impliqués - et susceptibles de subir de lourdes peines - et la montagne accouche d’une souris.

Les parents du jeune homme qui vivent très modestement à Gonzaga, une petite ville perchée sur les collines, dans l’état de Minas Gerais, au Brésil, attendent avec impatience les résultats de ce rapport. En août 2005, ils ont refusé net un acompte de 225.000 € : ce qu’ils veulent c’est que justice soit faite.
Ce qu’ils veulent, bêtement, c’est que ceux qui ont tué leur fils soient punis. Ils vont être contents d’apprendre que, étant donné qu’il n’était pas envisageable de condamner des êtres humains (enfin … des policiers) à une lourde peine pour meurtre (pour diverses raisons comme savent en trouver les autorités pour se débarrasser d’un incident de parcours), c’est le « Met » qui écope.
Va pas être content non plus, le Met. Il va falloir que le représentant du Met explique que tout ce qui était « raisonnablement possible » a été fait pour éviter la mort de JC de Menezes. Bon ça ne devrait pas être bien compliqué. C’est dans leurs cordes.

Quant à Sir Ian Blair, le chef de la police métropolitaine, il ne s’en tire pas si mal. Mais il faut dire qu’il a un homonyme haut placé et compatissant.
Un de ses prédécesseurs, lui, avait dû démissionner quand un pauvre bougre, légèrement allumé, avait pu arriver tranquillement jusqu’à la chambre de la reine à Buckingham pour lui faire un brin de causette. C’était en 1982. Un 7 juillet. Décidément.

Mais il y avait crime de lèse-majesté, non ? C’est là toute la différence. La Fontaine ne croyait sans doute pas passer à ce point à la postérité.

Samedi prochain, ce sera l’anniversaire de la mort du jeune Brésilien. Une mort et un enterrement de première.

Ce résumé a été réalisé à partir de l’article de l’Observer : 'All we want is justice for our son. That's all we have left' (« Tout ce que nous voulons, c’est la justice pour notre fils. C’est tout ce qui nous reste. »)
http://observer.guardian.co.uk/uk_n...

Si vous le lisez, vous y trouverez encore plein d’infos bien énervantes.