Irak : tant qu’on gagne pas, on continue !
Par emcee le mardi 13 juin 2006, 11:20 - In English in ze texte - Lien permanent
Les Américains, majoritairement anesthésiés par le pilonnage médiatique des va-t-en-guerre complices du complexe militaro-industriel, n’ont pas conscience de ce qu’ils cautionnent et paient très chèrement. PAUL CRAIG ROBERTS, dans un article publié dans CounterPunch, s’efforce de les informer.
Une proportion importante d’Américains n’a, donc, pas plus de jugeote que tous ceux qui, (apparemment majoritairement) en France, s’apprêtent à voter sarko-ségo, persuadés que c’est ce qu’il leur faut.
Parce qu'on n'arrête pas de le leur dire.
Traduction de l’article :
You'd Better Shut Up
War Criminal Nation
By PAUL CRAIG ROBERTS
CounterPunch; June 9, 2006
Vous feriez bien de la fermer
Un pays de criminels de guerre
Devant l’escalade de massacres de civils, conséquence à la fois des crimes
de guerre perpétrés par des troupes américaines démoralisées et brisées et de
l’atroce guerre civile déclenchée par la calamiteuse invasion illégale de
l’Irak, le sous-comité au financement de la Défense de la Chambre des
Représentants a décidé de dilapider les 50 millions de dollars supplémentaires
permettant la poursuite, pendant encore 5 mois, de cette guerre perdue. Nos
« représentants » élus sont tellement à la botte du complexe
militaro-industriel que malgré l’opprobre jetée sur l’Amérique, malgré son
image de pestiférée et malgré sa débâcle militaire, ils refusent de fermer le
robinet du financement des marchands de mort par les contribuables.
Les guerres de Bush en Irak et en Afghanistan coûtent au contribuable
américain $300,000,000 par jour ! Des guerres perdues. Pourtant, ces
imbéciles du Congrès envisagent la prolongation du financement du conflit pour
un an. Si on multiplie 300 millions par 365 jours on obtient
$109.500.000.000. Mais cela ne s’arrête pas là. Cette somme énorme ne prend pas
en compte le matériel détruit, les vies ruinées et les frais médicaux qu’il
faut engager à long terme pour les victimes du conflit, mutilés et autres
handicapés.
Doux lecteur, retirez-vous suffisamment de satisfaction du massacre de
femmes et d’enfants irakiens qui justifie cette addition ? Assassiner des
« enturbannés » est-ce si important pour vous ? Si c’est le cas,
vous êtes un malade, tout comme l’ensemble des membres de l’administration
Bush.
Bien plus importante est l’information selon laquelle cette guerre a fait,
dans la seule ville de Bagdad, 1400 morts le mois dernier. Encore plus
important peut-être : avec la résurgence des talibans, le gouvernement
Bush a dû mener plus de 750 frappes aériennes en Afghanistan au mois de mai.
C’est à dire 25 frappes par jour. Et c’est couru à l’avance, la plupart des
victimes sont évidemment des femmes et des enfants.
L’Amérique baigne dans la honte des crimes de guerre. Le massacre scandaleux
de civils en précède un autre, qui sera à nouveau démenti ou étouffé jusqu’à ce
que des photos et des témoignages viennent révéler la vérité au grand
jour.
Les Marines, corps d’armée autrefois respecté, incapables de vaincre la
résistance qui les prend pour cible un par un, sont devenus une force militaire
frustrée et démoralisée qui se venge en assassinant des bébés de trois mois et
des vieilles femmes.
Le Conseil de l’Europe a publié un rapport où il accuse l’administration
Bush de kidnapper des « terroristes présumés » et de les remettre en
douce à des pays totalitaires où ils seront forcément torturés. Sean McCormick,
porte parole du Département d’Etat, dont la tâche consiste à justifier le
comportement criminel de l’administration Bush, a déclaré qu’il était
« déçu » par ce rapport. Sean semblait sincèrement étonné que la plus
ancienne Organisation Politique d'Europe critique le jugement solide de la
vertueuse administration Bush ou s’élève contre les violations par les
Etats-Unis des lois internationales et des droits de l’Homme.
Et si les Américains peuvent encore se regarder dans une glace, c’est
uniquement parce qu’ils sont mal informés et qu’ils n’ont qu’une vague idée des
crimes commis en leur nom. Un tiers de la population américaine est persuadée
que l’Irak était à l’origine du 11 septembre et que Bush a trouvé des armes de
destruction massive en Irak. Apparemment, un important pourcentage de la
population croit que l’Iran possède des armes nucléaires et que l’Amérique
risque d’être attaquée par l’Iran. Une démocratie ne peut pas fonctionner si le
peuple prend sa responsabilité de citoyen tellement à la légère qu’il se
complait dans l’ignorance crasse.
Autrefois conservatrices, aujourd’hui proto-nazies, des publications comme
« National Review » ou la page éditoriale du Wall Street Journal, ne
cessent de faire résonner les tambours de la guerre, comme le font les radios
de droite et les organes de propagande des néo-cons tels que le « Weekly
Standard » ou « Fox News ». Les quelques vérités qui parviennent à se
faufiler dans les brèches de la propagande de guerre sont vite
occultées.
Massacre de civils ? oh, seulement quelques fruits pourris. On vous
arrangera ça avec des séminaires pour les troupes sur l’éthique militaire et
les valeurs essentielles.
Retrait des troupes? dès que cette mission obscure sera terminée. Pas
d’armes de destruction massive ? Pas grave. Il nous fallait bien une
excuse pour envahir l’Irak et y « installer la démocratie » pour
assurer la sécurité de l’Amérique.
L’opinion mondiale ? Il n’y a que notre opinion qui compte.
Le déficit? pas de souci. On peut encore emprunter à la Chine. Notre
endettement croissant est bien la preuve que notre puissance fait de nous un
débiteur de choix.
Les partisans de Bush accusent de trahison tous ceux qui leur disent la
vérité. Les partisans de Bush sont accros à la propagande comme d’autres
peuvent l’être à la drogue ou l’alcool. Essayez donc de sevrer les partisans de
Bush des mensonges évidents qui sont à la base de ce gouvernement et ils vous
traiteront de tous les noms des saints du Paradis.
Ils sont fiers d’être américains. Les mensonges et les crimes de guerre sont
un droit en Amérique.
Et vous feriez mieux de la fermer si vous ne voulez pas que ces camps de
concentration construits par Halliburton ne deviennent votre nouvelle
demeure.

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