Aux Etats-Unis, fixée au deuxième dimanche de mai, la Fête des Mères a eu lieu cette année le 14.

La tradition veut qu’on porte ce jour-là à la boutonnière une rose ou un oeillet (rouge si la mère est en vie, blanc si elle est décédée et rose si on n’en sait rien. Les Ricains, ils pensent vraiment à tout... C'est vrai, sinon, qu'est-ce qu'on ferait des fleurs roses, hein?).

A l’initiative de Julia Ward Howe, qui souhaitait que cette journée soit consacrée à un appel à la paix et au désarmement, cette célébration a débuté à Boston en 1870.
D’autres célébrations ont suivi, pour s’étendre peu à peu à 45 états différents et une journée nationale été finalement décrétée le 14 mai 1914 par le président Woodrow Wilson.
Au début, le « Mother’s day » rassemblait les femmes qui militaient pour la paix et contre la guerre.

Evidemment, à peine neuf ans plus tard, les marchands s’étaient emparés de cette occasion pour faire du profit. Aujourd’hui la « Journée des Mères pour la Paix », telle que la concevait Julia Ward Howe (et bien d’autres), est devenue la "Journée de Maman" une immense entreprise commerciale, la plus rentable de toutes les fêtes nationales états-uniennes.Un peu comme chez nous, quoi.

C’est à vous dégoûter de donner la vie, ça.

Dans l’article qui suit, Lucinda Marshall demande aux mères comblées de s’intéresser aussi aux enfants des autres, à ces enfants du monde entier (y compris dans leur propre pays) qui souffrent et qui meurent sous les yeux de leurs parents impuissants.

Femmes de tous les pays, unissons-nous pour protéger nos enfants du monde entier.

emcee

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"WHAT MOTHERS REALLY WANT"

Article pêché dans:
www.dissidentvoice.org
May 12, 2006


(Palestine)


CE QUE LES MERES VEULENT VRAIMENT

Ce qui est formidable avec la Fête des Mères, c’est que pendant une journée, tout le monde doit faire au moins semblant d’écouter respectueusement ce que disent les mères. Alors, allons-y, nous les mamans, ne laissons pas passer ces 24 heures de temps précieux où on nous accorde la parole. Nous pouvons parler de notre sujet de conversation favori : les enfants.

Au début de la semaine, en apprenant la mort du fils d’une amie proche, j’ai repensé à ce que tout parent sait bien, à savoir qu’il n’y a rien de plus terrible que la perte d’un enfant. Pourtant cette détresse que l’on ressent au niveau personnel ne s’étend pas à l’ensemble du monde où, d’après un rapport récent de l’UNICEF, 5,6 millions d’enfants meurent tous les ans, essentiellement de malnutrition. Un enfant sur 4 dans le monde a un poids inférieur à la normale et en Asie du sud-est, ce taux atteint 46%.

Même ici, aux Etats-Unis, le nombre d’enfants qui souffrent est effrayant. 18.4% des enfants vivent dans la pauvreté et 11% n’ont pas de sécurité sociale. Près de 10% des enfants quittent le lycée avant la fin des études et plus de 130.000 sont en prison. Nous sommes, hélas, prêts à dépenser la somme phénoménale de 22.650 dollars par an pour mettre un enfant en prison mais seulement 7.376 dollars pour lui payer des études secondaires. Les Etats-Unis se placent au premier rang mondial en termes de PIB et de dépenses militaires mais au 18ième pour la pauvreté et au 25ième pour la mortalité infantiles.

Parmi la population noire, le taux de mortalité infantile est à peine supérieur à celui des pays en développement. Comme le souligne la Caisse de Protection de l’Enfance, le montant des réductions d’impôts décidées par G. Bush serait largement suffisant pour éradiquer la pauvreté infantile et le budget mensuel de l’Armée suffirait amplement pour permettre à chaque enfant de bénéficier de la sécurité sociale.


(Enfants en Angola)

Pour les enfants victimes des bouleversements dus à des catastrophes naturelles ou à la guerre, la situation est particulièrement atroce. Et en Irak, au Soudan et en Palestine, il y a encore beaucoup plus d’enfants qui souffrent de malnutrition aiguë à cause de la pénurie alimentaire et de l’insalubrité de l’eau.

En Palestine, l’USAID (Agence US pour le Développement International) rapporte que le taux de malnutrition chez les enfants atteignait 50% en 2002. En Irak, où un enfant sur trois a un poids inférieur à la normale, les autorités ont évalué à 400 000 le nombre d’enfants qui souffraient de malnutrition aiguë en 2004. Dans ces deux pays, la pauvreté due à un taux de chômage élevé, conséquence directe du conflit, ne permet pas aux familles d’acheter de la nourriture en quantité suffisante. De plus, ces enfants ne bénéficient ni d’un minimum de soins médicaux, comme les vaccinations contre les maladies infantiles, ni de la possibilité d’aller à l’école. L’insécurité sur le terrain et le manque d’argent empêchent souvent les organisations humanitaires de venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Le Programme Alimentaire Mondial a récemment annoncé que, par manque de moyens, il allait réduire de moitié les rations alimentaires pour les réfugiés du Darfour.

Et ici, aux Etats-Unis, la Caisse de Protection de l’Enfance a recensé les difficultés que rencontrent les enfants de la région du Golfe du Mexique dont les vies ont été bouleversées par les ouragans et un rapport réalisé par l’Ecole Mailman de Santé Publique de l’Université de Columbia indique que la moitié des enfants qui vivent dans les foyers gérés par la FEMA (Agence Fédérale de la gestion des catastrophes) n’ont désormais plus accès aux soins médicaux. Le rapport ajoute que beaucoup souffrent de troubles psychologiques qui ne sont pas traités et près d’un quart des enfants hébergés par la FEMA ne vont pas à l’école ou manquent plus de 10 jours par mois.


(Palestine)

Quand on voit le chagrin d’un parent qui a perdu un enfant, on ne peut absolument pas comprendre comment nous pouvons accepter en toute connaissance de cause que les vies de millions d’enfants dans le monde soient menacées.

Quel intérêt y-a-t-il à faire la « guerre contre le terrorisme » si nous n’avons pas les moyens de protéger et d’élever nos enfants ?

Les fleurs et les cadeaux pour la fête des Mères, c’est bien, mais la réalité c’est que nous ne devons pas laisser une distraction convenue nous faire oublier de nous intéresser à ce qui compte le plus pour une mère. Les enfants.


(Enfants en Palestine)


(Traduction de l’article écrit par Lucinda Marshall)

Lucinda Marshall is the mother of two terrific sons and the daughter of a wonderful mother (mère de deux enfants extraordinaires et fille d’une mère fantastique, et à ses heures perdues, elle est militante féministe, artiste, écrivain).
In her spare time, she is a feminist artist, writer and activist.
She is the Founder of the Feminist Peace Network.
Her work has been published in numerous publications in the U.S. and abroad including, Counterpunch, Alternet, Dissident Voice, Off Our Backs, The Progressive, Countercurrents, Z Magazine, Common Dreams and Information Clearinghouse.
She blogs at WIMN Online.

http://www.dissidentvoice.org/May06...

Quelle connerie, la guerre





NB: les photos (très belles, à mon avis), prises sur le ouèbe, seront immédiatement retirées s'il y a des objections.

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Notes annexes:

Vous avez entendu parler de Cindy Sheehan?

Après avoir perdu son fils, mort à la guerre en Irak, elle s’est lancée avec énergie et détermination dans une campagne contre la guerre en Irak. Elle a accédé à la renommée internationale en août 2005 quand elle (et d’autres militants pacifistes) ont monté leur tente juste devant le ranch de G Bush.

Un compte-rendu très complet (en anglais) ici, dans Wikipedia

Evidemment, Georgie Boy ne l’aime pas, et ses partisans font tout pour la discréditer. Pensez donc, quelqu’un qui est contre la guerre !

Fox News, par exemple, le réseau pro-bushien pro-boucherie ... (article pioché sur le ouèbe, en français).

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Et enfin : Trouvé sur le ouèbe : Site intéressant contre l’enrôlement dans l’armée US (vidéo avec commentaires en anglais)

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Oulà, mais c'est bien sérieux, tout ça! Je ne sais pas ce que c'est, mais moi, la fête des Mères, ça me fout le bourdon. Comme Noël. Pas vous?