Vous avez dit « FUTUR » ? Comme c'est aléatoire, mon cher cousin d'Amérique!
Par emcee le mardi 16 mai 2006, 09:22 - L'info futile - Lien permanent
Les invasions barbares
Les « Nukak-Makú », une tribu nomade colombienne, complètement isolée du monde moderne jusqu’à présent, qui vivait en autarcie dans la forêt amazonienne, parcourant des milliers de km pour trouver à se nourrir, tuant les singes à la sarbacane, cueillant des baies pour le dessert, vient de sortir de la forêt pour se réfugier dans le monde civilisé.
« Koh-Lanta » à l’envers, en quelque sorte.

Photo de Nukak
Les « Nukak-Makú », ces dégoûtés de la vie dans la nature, sont-ils
enfin tirés d’affaire ?
Pourront-ils traverser rapidement les siècles de civilisation qui nous
séparent ?
Est-ce bien raisonnable de se livrer nus et crus à un moment où les pays
développés durcissent les lois sur l’immigration des travailleurs sans
qualifications qui ne parlent pas la langue véhiculaire ?
Hollywood fera-t-il un film de leur vie, leur permettant de jouir enfin du
pouvoir de l’argent ?
Qu’est-ce que ça fait de pouvoir se doucher le soir avant de se
coucher ? Et de se brosser les dents à nouveau au réveil ?
Ont-ils choisi le nom de leur territoire en hommage au président américain,
ou est-ce juste un hasard heureux ?
Plus important encore: ont-ils entendu parler de l’affaire
Clearstream ?
Voici donc un article qui soulève plein de
questions:.
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The Future? What's That?
by Peter Kurth
www.dissidentvoice.org
May 15, 2006

L’AVENIR ? C’EST QUOI, CA?
Traduction
Un article du New York Times la semaine dernière a attiré mon attention sur
le calvaire des Nukak-Makú, tribu en voie de disparition rapide d’Indiens
nomades du Sud de la Colombie, qui est récemment (et plutôt
«mystérieusement », d’après le Times) sortie de la jungle pour se
rendre dans la ville-frontière poussiéreuse de San José del Guaviare, « se
déclarant prête à rejoindre le monde moderne ».
«Nous ne voulons pas retourner » a déclaré un Nukak un certain
« Ma-be », dont les propos étaient traduits par un interprète et qui était
entouré d’environ 80 de ses compatriotes « souffrant de malnutrition et
d’épuisement». « Nous voulons rester dans les environs ».
Un médecin de San José appelé pour parer aux besoins médicaux les plus urgents
des membres de la tribu a déclaré au Times « Ils ne savent pas dans
quoi ils mettent les pieds».
En effet. « Depuis la nuit des temps », dit le Times, « les
Nukak-Makú vivent à l’âge de pierre, effectuant des centaines de km dans la
jungle amazonienne reculée et immaculée, chassant les singes à la sarbacane et
cueillant des baies dans la forêt. Ils ne connaissent pas l’argent, la
propriété, le rôle du gouvernement, ou même l’existence d’un pays appelé
Colombie. « Pire, ils n’ont aucun papier officiel, ce qui fait qu’ils
n’existent pas pour l’administration colombienne » et qu’ils se retrouvent
apatrides, coupés de leur mode de vie traditionnel et absolument pas préparés
au monde dans lequel ils viennent d’entrer».
Quand on leur a demandé comment ils voyaient leur avenir, les Nukak ont
répondu, déconcertés : « l’avenir, qu’est-ce que
c’est ? ».
Ils veulent savoir si les avions qu’ils voient passer au-dessus de leurs têtes
«se déplacent sur une sorte de route invisible». Ils sont même incapables de
dire d’où ils viennent, exactement, à part l’appeler le « bush ». Mais ce
qu’ils savent, c’est qu’ils ne veulent pas y retourner.
Il faut dire qu’avant 1988, personne ne connaissait l’existence même des
Nukak-Makú sauf quelques missionnaires, des narcotrafiquants et des factions
paramilitaires diverses, de droite comme de gauche, qui s’affrontent dans une
guerre civile qui dure depuis 40 ans pour prendre le contrôle du trafic de
cocaïne.
Depuis cette date, cependant, d’après les agences d’aide humanitaire des
Nations Unies, plus de 60% des membres de la tribu sont morts à cause de la
malaria, la grippe ou un simple rhume (maladies contre lesquelles ils ne sont
pas immunisés), mais aussi à cause de la guérilla ou du travail qu’on leur
forçait à faire dans les plantations de coca.
Leurs chefs ont été abattus et leurs femmes violées. Leurs enfants ont été
vendus comme esclaves et leur environnement se détériore, détruit par la
déforestation, le changement de climat, et la guerre.
Il n’y a en fait rien de « mystérieux » à cette fuite des Nukak et
à leur besoin urgent de protection.
D’après les Nations Unies “C’est la Colombie qui connaît la catastrophe
humanitaire la plus importante de l’hémisphère occidental, et elle est en
troisième position au niveau mondial, après le Congo et le Darfour. Mais le
monde s’y intéresse peu. « Ou plutôt, le monde s’y intéresse pour de
mauvaises raisons, considérant les Nukak et les autres populations «indigènes»
déplacées comme des curiosités, sorties tout droit des gravures humoristiques
anciennes, qui, en d’autres temps, auraient sans aucun doute été enrôlées de
force par Barnum ou Buffalo Bill et exposées dans des cages à la vue du public
pour quelques centimes.
Ici, dans le monde civilisé, rester là bouche bée à regarder des indigènes
est une forme de divertissement.

Comme là?
Le Times a même intitulé son article « Abandonner la vie dans la
nature et ne pas détester le changement », en se forgeant une opinion
après une visite rapide qu’il avait effectuée dans un camp de réfugiés à San
José, où il avait vu des «dizaines» de membres de la tribu Nukak, installés là
depuis quelques années, mener une vie oisive et « indolente à se
prélasser dans un hamac en attendant la distribution des repas offerts par
l’Etat».
Le journal de référence ne voit dans cette scène pas grand chose d’autre que de
la gaieté et de l’insouciance.
“Sont-ils tristes?” Non, s’écria un Nukak appelé Pia-pe, au milieu
de grands éclats de rire. En fait, les Nukak ont déclaré qu’ils ne pouvaient
pas être plus heureux. Habitués à effectuer de longues marches dans la forêt
pour trouver leur pitance, ils sont surpris que des inconnus viennent leur
apporter à manger. Gratuitement.
Une jeune mère, Bachanede, qui donnait le sein à son bébé tout en parlant,
dit qu’elle était simplement heureuse de ne pas avoir à marcher.
« Dans la jungle, quand on marche, on a très mal aux pieds
».
J’ai bien l’impression que dans peu de temps, ils auront plus mal à la tête
qu’aux pieds.
Quand j’ai décidé d’écrire cette chronique, je voulais rédiger quelque chose
de drôle.
Je comptais suggérer qu’on emmène les Nukak aux Etats-Unis avec nous, en
supposant, évidemment, qu’on arrive à tromper la vigilance des milices armées
jusqu'aux dents qui patrouillent la frontière. J’imaginais qu’on les ramenait
ici, à Burlington, Vermont, où le maire veut établir un « havre de
paix » pour les immigrés clandestins et où ils pourraient tous se faire
embaucher à Wal-Mart et se voir remettre du fromage industriel pasteurisé au
comptoir de l’aide alimentaire de Burlington.
Comme ils n’auraient pas de sécurité sociale, on pourrait leur faire bénéficier
du nouveau programme d’assurance maladie Catamount qui prendrait en charge
leurs dépenses de santé en cas de rhume ou de malaria, même si personne ne sait
vraiment si ce programme fonctionne et comment.
On pourrait aussi leur offrir des forfaits spéciaux pour leur téléphone
portable, s’ils ne voient aucune objection à être mis sur écoute par le
gouvernement fédéral. On pourrait les envoyer auprès de ceux qui collectent des
fonds pour financer les campagnes électorales, où non seulement on leur
offrirait un bon plat de spaghetti mais aussi des ordinateurs pour les enfants
contre la promesse de voter pour Rich Tarrant le candidat républicain au sénat.
Et puis, pourquoi pas, quelqu’un pourrait même écrire la version nukak de
l’hymne américain, non ?
Mais après coup, je me suis dit: “c’est pas drôle. pas drôle du tout ». Et
le comité de rédaction du Times est de toute évidence d’accord avec moi.
«Dans un sens, il n’y a jamais eu de meilleur moment pour des gens comme
les Nukak pour laisser tomber la vie sauvage » écrit plus tard le
journal dans une sorte de « mea culpa ».
« Et pourtant, le fait qu’ils quittent cette vie montre combien leur
monde (et le nôtre) s’est détérioré… Il est difficile d’échapper à l’idée que
leur indépendance nous ouvrait des horizons. Des horizons perdus
désormais.
Si je savais dire « Amen » en nukak, je le dirais, là tout de
suite.
Article de Peter Kurth (the author of
international bestselling books including: Anastasia: The Riddle of Anna
Anderson, Isadora: A Sensational Life, and a biography of the anti-fascist
journalist Dorothy Thompson, American Cassandra: The Life of Dorothy
Thompson).
His essays have appeared in Salon, Vanity Fair, New York Times Book Review, and many others. Peter lives in Burlington, Vermont. He can be reached at: peterkurth@peterkurth.com. Visit his website at: www.peterkurth.com/.
http://www.dissidentvoice.org/May06...
Des infos complémentaires sur les Nukak. ICI::
http://www.survivalfrance.org/tribe...
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Alors, QUI SONT LES BARBARES ?

Commentaires
J'ai pas bien compris où s'arrêtait l'article traduit et où commençaient les commentaires ...
L'avenir, c'est à la fois ce qui nous a foutu en l'air et ce qui nous a permis de nous poser la question.
"Il est difficile d’échapper à l’idée que leur indépendance nous ouvrait des horizons. Des horizons perdus désormais"
je crois que l'essentiel se trouve dans cette phrase.
Où allons-nous aujourd'hui ? Directement vers un mur.
'maladies cotre lesquelles ils ne sont pas immunises', évidemmen