Immigration «choisie» ou immigration «subie»? That is the question.
Par emcee le lundi 8 mai 2006, 14:34 - Féodalité, précarité, pauvreté, Big Brother, Douce France - Lien permanent
A vot' bunker, M’sieurs-Dames !
Où on voit que le premier ministre de la France nous l’a jouée vraiment petits bras en défendant son CPE bec et ongles.
Il y a plus machiavélique et efficace : c’est la loi sur l’immigration du sinistre de l’inférieur qui manipule l’opinion depuis des mois (terrorisme, Islam, discrimination positive, karcher, racaille, si t’es pas content, tu te tires. J’en passe dans l'intox) pour que les Français soient bien conditionnés et pour que sa loi soit approuvée par une majorité de citoyens, marionnettes d’un Gepetto fou.
En effet, peut-on imaginer aujourd’hui que cette réforme fera descendre 3 millions de personnes dans la rue, comme pour le CPE ?
Et pourtant, la loi sur l’immigration sera bien plus redoutable, puisqu’elle met en concurrence et à grande échelle, les plus vulnérables (puis progressivement tous les autres) sur le marché du travail et du logement.
Et dire que le grand Dadais a failli tout faire capoter en mettant la puce à l’oreille aux Français, en mal de solidarité.
C’est pas gagné, cette fois-ci, mais ne baissons pas les bras pour autant. La bête immonde doit être terrassée.
Je reviendrai sur le sujet dans un prochain billet.
Pour l’instant, je vous livre l’ « exemple » américain.
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AQUI ESTAMOS Y NO NOS VAMOS
Les immigrés majoritairement originaires d’Amérique latine et en particulier du Mexique, ont manifesté massivement contre le projet de réforme de l’Immigration concoctée par les néo-cons pour le bénéfice exclusif du Capital tout en caressant l’électeur borné dans le sens du poil. Mais les immigrés se rebiffent.
Oulà ! C’est pas bon pour l’économie, ça, non ? Bush et ses démiurges vont-ils reculer ? Pas impossible. Mais ils ont plus d’un tour dans leur sac à m… Ils reviendront. Comme pour le CPE.
WORKERS OF THE PLANET, UNITE !
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Photos prises ici :
http://www.sfgate.com/cgi-bin/object/article?
o=24&f=/c/a/2006/05/01/MNGICIIC5Q23.DTL
Les Etats-Unis, terre d’immigration
Quelques informations :
Sur les 11,1 millions de clandestins que comptent les Etats-Unis (mars 2005),
78% sont originaires d’Amérique latine ; 13% d’Asie ; 6% d’Europe et du Canada ; 3% viennent du reste du monde.
40% de ces clandestins (ceux qui sont installés depuis plus de cinq ans) pourraient être régularisés, si le texte-"compromis" proposé en commission au Sénat est adopté.
Une grande partie de ces immigrés sans-papiers sont originaires du Mexique. Le président mexicain, Vicente Fox, estime leur nombre à entre 3 et 4 millions. Plus de 400 personnes ont péri en 2005 en effectuant la traversée de la frontière, devenue très périlleuse au nord de Tijuana, en raison des risques de la traversée dans le désert : déshydratation, insolation...
Les clandestins travaillent au noir dans des emplois précaires et peu rémunérés. Malléables, car ils vivent dans la peur de se faire prendre, jeter dans des centres de rétention et expulser (ça vous rappelle quelque chose?).
Ils ne sont pas protégés par la législation du travail. Certains secteurs, dont l’agriculture, qui ont besoin essentiellement de travailleurs saisonniers ou temporaires, embauchent de préférence des immigrés sans-papiers (qu’ils peuvent exploiter, renvoyer à leur gré et aussi parce que les Américains ne sont pas demandeurs, évidemment de ces emplois). Les sans-papiers font tourner le système capitaliste et sont donc essentiels à l’économie.
Bush est donc confronté à deux tendances au sein de son parti :
- les tenants de l’immigration zéro, les racistes primaires qui pensent que les immigrés sont trop nombreux, qu’ils viennent manger le « bun » des américains de souche et polluer leur beau pays.
- les patrons qui ont besoin de ce sous-prolétariat pour baisser les coûts salariaux et se passer de syndicats et de code du travail.
Alors, l’Administration Bush propose une réforme de l’immigration , une réforme qui « reflèterait (nos) valeurs et profiterait à notre économie ». Dixit le mangeur de bretzels…
Cette réforme, le « guest-worker programme » (programme de « travailleurs-invités ») prévoit opportunément de faire venir les immigrés sous contrat et à la demande des employeurs, qui, lorsqu’ils n’auront plus besoin d’eux, les accompagneront jusqu’à l’avion qui les ramènera chez eux (pour revoir leur famille restée au pays et attendre qu’on les siffle à nouveau). Bonjour l'humanisme et la compassion. Je te prends, je te jette. Je suis le Maître du Monde.
Parallèlement, il y aura renforcement des frontières et criminalisation des sans-papiers.
En voilà une idée qu’elle est bonne !
On pourrait l’appeler « immigration choisie », par exemple, non ?
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Thousands march in Bay Area for immigration rights
URL: [http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?
file=/c/a/2006/05/01/MNGICIIC5Q23.DTL ]
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Voir ce qui se cache derrière les « travailleurs-invités »
Traduction d’un article d’Amy Traub
Si on écoute attentivement les déclarations du Président Bush sur l’immigration, on peut repérer facilement dans ses propos qu’il parle dans l’intérêt des grandes entreprises. C’est le rôle d’une réforme sur l’immigration de veiller à ce qu’il y ait bien toujours une réserve de main d’œuvre bon marché aux Etats-Unis. On comprend également facilement quand le président joue avec les peurs xénophobes de son électorat de droite : c’est dans tout le reste de son discours où il parle exhaustivement de faire la chasse aux clandestins et de leur interdire l’accès de nos rivages immaculés.
Où se situe l’Américain moyen?
Il essaie de se hisser ou de se maintenir au niveau des classes moyennes : il rembourse l’emprunt pour l’achat de la maison, cherche à conserver un emploi bien rémunéré avec une bonne couverture sociale, et il espère que les prestations sociales existeront encore quand il sera à la retraite. Et les 36 millions d’immigrés, dont plus de 10 millions de sans-papiers, qui vivent et travaillent aux Etats-Unis contribuent largement à ce qu’il puisse conserver son niveau de vie.
Mais Bush n’est pas le seul à oublier les classes moyennes. A part quelques critiques pertinentes sur les politiques économiques qui violent les droits humains des immigrés, les progressistes (sociaux-démocrates) n’ont pas trouvé grand chose à dire sur la réforme. Ce qui signifie que quand il est question d’immigration, on laisse largement passer l’occasion de s’adresser à l’immense majorité des Américains qui appartiennent aux classes moyennes ou qui aspirent à en faire partie.
A la place, c’est la droite xénophobe qui s’adresse directement à la classe moyenne. Elle fonde son discours sur la peur et les demi-vérités : « les immigrés prennent les emplois aux Américains », « les sans papiers ne paient pas d’impôts et profitent des services publics payés par le contribuable ».
En réalité, d’après l’enquête la plus complète jamais effectuée sur l’activité économique des immigrés, une étude réalisée en 1997 par le Conseil National de la Recherche, sur la durée, les immigrés et leurs enfants participent davantage aux cotisations sociales qu’ils ne bénéficient des prestations, versant de l’argent pour des services qu’ils n’utiliseront jamais. Une étude plus récente démontre que les nouveaux immigrés, en général plus jeunes que la moyenne de la population américaine et avec plus d’années d’activité devant eux, contribuent à alimenter les caisses de la sécurité sociale, structure fondamentale pour les classes moyennes. Les immigrés, grâce aux dépenses de consommation et à la création de petites entreprises permettent de relancer l’économie et d’aider la classe moyenne et ceux qui aspirent à y accéder.
Parce que les immigrés participent à notre santé économique, il serait inconséquent de chercher à empêcher les immigrés d’entrer, ou de se livrer à des expulsions massives. Mais cela ne veut pas dire que l’état actuel des choses en matière d’immigration sert les intérêts de la classe moyenne.
La droite n’a pas tort quand elle déclare que les immigrés, en particulier les clandestins, constituent une menace pour le développement et la puissance de la classe moyenne, mais elle se trompe sur les causes. Tous les économistes ne s’accordent pas à dire que la seule présence d’immigrés influe sur les salaires et les conditions de travail des salariés américains, cependant, une chose est sûre : l’impossibilité des travailleurs sans papiers à faire valoir leurs droits contribue au nivellement par le bas qui touche de nombreux Américains soucieux de grimper l’échelle sociale.
Dernièrement, la Cour Suprême a accepté d’entendre la plainte déposée contre Mohawk Industries, le fabricant de moquette le plus important aux Etats-Unis, accusé d’embaucher des travailleurs sans papiers dans l’intention délibérée de faire baisser les salaires.
Au début de l’année, Wal-Mart, le premier employeur privé aux Etats-Unis, a vu la conclusion d’un litige où la compagnie de nettoyage sous-traitante était accusée d’embaucher des sans papiers, de les sous-payer systématiquement, voire de les enfermer à l’intérieur des magasins et de les forcer à y passer la nuit.
Pas besoin d’être grand clerc en économie pour conclure que quand les emplois et les conditions de travail de ce genre se multiplient, la sécurité de la classe moyenne est menacée. Si les employeurs peuvent se permettre en toute impunité d’embaucher des travailleurs sans-papiers, de les rémunérer en-dessous du salaire minimum, de refuser de payer les heures supplémentaires ou de fournir le matériel de sécurité nécessaire, et de se conformer à d’autres réglementations coûteuses du code du travail, ils peuvent économiser des sommes énormes en coûts salariaux en n’embauchant pas des Américains, davantage protégés par la loi. Et si les sans-papiers se rebiffent, demandent des augmentations de salaires ou cherchent à adhérer à un syndicat ? Contrairement aux citoyens américains, on peut toujours les menacer d’expulsion.
Dans ces circonstances, les immigrés sans papiers sont en passe de devenir un sous-prolétariat permanent qui favorise la baisse des salaires et la détérioration des conditions de travail parce qu’ils n’ont aucun moyen de faire valoir leurs droits dans le monde du travail. Mais, si on veille à ce que les lois relatives au travail (depuis le salaire minimum jusqu’à la liberté de se syndiquer) s’appliquent véritablement à tous les salariés sans exception, on peut alors intégrer les sans-papiers dans le système économique officiel et donner aux autres travailleurs la possibilité de grimper l’échelle sociale. Les Américains des classes moyennes et ceux qui cherchent à atteindre ce niveau devraient encourager l’adoption d’une législation du travail pour les immigrés, non pas seulement par compassion pour les mauvais traitements qu’ils subissent, mais par souci de conserver leur propre code du travail et de se donner la possibilité de l’améliorer.
Cela fait bien trop longtemps que les progressistes traitent l’immigration comme une question explosive (si on y touche, on est descendu en flammes par un groupe de pression quelconque).
Mais on ne se retrouve enfermé dans ce piège que si on se contente de la théorie réactionnaire « c’est nous contre eux » qui consiste à répandre la peur que les travailleurs aux bas salaires seront mis en concurrence avec les immigrés nouvellement arrivés.
Nous, les progressistes, nous devrions nous projeter dans une perspective optimiste du Rêve Américain, et rejeter l’idée véhiculée par les réactionnaires que si nous permettons à trop de gens de faire partie du Rêve, celui-ci sera, pour une raison ou pour une autre, anéanti.
Les valeurs progressistes qui ont toujours contribué au développement et à la prospérité de la classe moyenne américaine (la solidarité, la concurrence loyale et l’égalité devant la loi) peuvent servir de base à une politique de l’immigration qui continuera à assurer le développement d’une classe moyenne vigoureuse. En intégrant les immigrés dans notre sphère économique et en étendant à eux les mêmes droits et les mêmes protections sociales, nous pouvons apporter la preuve une fois de plus de la véracité de la théorie progressiste simple qui dit qu’on réussit mieux quand tout le monde réussit mieux.
Amy Traub is Associate Director of Research for the Drum Major Institute for Public Policy . She recently completed a report, Principals for an Immigration Policy to Strengthen and Expand the American Middle Class: A Primer for Policymakers and Advocates.
Source de l’article :
http://www.tompaine.com/articles/20...
Au fait, ils sont où nos intellectuels éclairés, ceux qui naguère nous indiquaient la route, secouaient nos neurones et notre conscience, médiatisaient nos attentes et nous rassuraient? Seraient-ils trop repus ?
OHE, OU ETES-VOUS ? REVENEZ , ON A BESOIN DE VOUS D’URGENCE!
Parce que si on compte sur celui-là (ou ses semblables) ... on a du mouron à se faire!
Bon, d'accord, c'est pas un intellectuel, mais quand même, il cause dans le poste, il écrit (paraît-il) et même qu'on lui donne des responsabilités pour se pencher sur les grands problèmes qui secouent la France.

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