Tony Blair: quand la Grande Bretagne se relèvera, elle ne lui dira pas merci
Par emcee le dimanche 23 avril 2006, 23:22 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Le gouvernement Blair va bien finir par dissuader les jeunes de classe moyenne d’aller à l’Université. Too dear, dear!
Quand on pense que certains au péhesse n’ont pour l’instant qu’une ambition : reprendre les « bonnes idées » de Blair. En voilà de bien bonnes.
Article paru dans «The
Observer », dimanche 23 avril 2006

"Graduation day" (cérémonie de remise des diplômes) à Queens college,
Cambridge
Résumé de l'article
Les titulaires d’une licence (3 ans d’études universitaires) en Angleterre
et au Pays de Galles ne peuvent désormais espérer commencer à gagner davantage
qu’un bachelier qui a débuté sur le marché du travail à 18 ans que bien après
l’âge de 33 ans.
Et encore, si la situation actuelle ne change pas, puisque ce calcul se
base, entre autres, sur le fait que les grandes entreprises préfèrent embaucher
des diplômés de l’université pour les postes de haut niveau. Mais cet état de
fait est, en plus, en train de changer.
Il y a cinq ans, un diplômé « bac + 3 » pouvait espérer dépasser
le salaire du titulaire d’un diplôme du secondaire dès l’âge de 29
ans.
A quoi est dû ce recul énorme ? le coût des études (dont les
droits d’entrée et le logement) pour les étudiants est monté en flèche
ces dernières années (44% d’augmentation en termes réels sous
le gouvernement travailliste).
D’après une enquête récente, il est passé de £6.161 (env 89OO€) par an en
1998-99 à £10.273 (env.15 000 €, c à d 100 000F) et £3,000 (4500€) pour les
étudiants étrangers l’an dernier.
Le coût du logement a augmenté de 54% depuis 1998-99,
atteignant aujourd’hui £2276 (3251 €).
Pour plus de précisions, voir l’article dans BBC
News (en anglais)
http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/...
Vous, ça vous découragerait pas d'aller faire des études, ça?
Qui ira donc à l’U désormais ? les fils à papa qui ne sont pas pressés
de reprendre l’entreprise familiale, les enfants des parvenus de la
mondialisation qui veulent s’encanailler en ayant un statut plus ou moins
prestigieux, quelques élèves-alibis « méritants » issus de
milieux pauvres, subventionnés ostentatoirement et exhibés comme des ours de
foire pour leurrer les gogos. J’en vois pas beaucoup d’autres. Ah si, les
parasites royaux et aristos.
Et le reste, me direz-vous ? Eh bien, le reste fera le
« choix » d’entrer dans la vie active dès 18 ans… s’ils arrivent à ne
pas se faire repérer pour les divers paliers d’apprentissage et autres stages
en alternance qui ponctueront leur parcours scolaire.
Bonjour le rêve, adieu l’ascenseur social.

N’oublions pas que les collégiens et lycéens se seront d’abord fait
évangéliser ou formater pour constituer la chair à canon des entreprises (ou,
plutôt, les deux) dans
le secondaire.
Toute l’ivraie aura été escortée progressivement jusqu’à la porte des écoles
pour aller frapper à celle des entreprises et former leur armée d’esclaves - à
moins que ce soit à celle des prisons pour enfants, qui se refermera sur
eux.
Un pays qui ne donne pas à la jeunesse le moyen d’élever son niveau
d’études et de connaissances est un pays de vieux cons.
Et de criminels. Des criminels qui mènent sciemment leur pays vers
l’ignorance, l’obscurantisme, le fanatisme aveugle, l’asservissement , en
particulier des femmes, et la violence gratuite.
Vous me direz: mais il faudra bien qu’ils trouvent des diplômés pour occuper
des postes pointus, non ? Et les pays étrangers (pauvres de préférence)
qui se sont saignés aux quatre veines pour alphabétiser - voire plus, si
affinité - leur jeunesse, ils serviraient à quoi ?
Et hop ! on fait aussi des « économies » là-dessus. On
importe les cerveaux tout faits (tant qu’à faire les moins exigeants question
rémunération pour ne pas grever le budget des pauvres entreprises et des
malheureux actionnaires). Ou on délocalise.
La santé, l’Education, les transports, la Poste, l’eau, le
gaz, l’électricité, le téléphone, le rail, le système de retraites,
les indemnités chômage, … tout est passé à la trappe.
L’Etat se désengage de ses obligations, le consommateur raque de ses deniers
chèrement gagnés et ceux qui ne peuvent plus, qu’ils crèvent. C’est aussi
simple que cela.
Et au temps pour le « dynamisme » et la
« modernité ».
Pendant ce temps, Le BNP (British National Party, le FN local, jusqu’alors
plutôt marginal) prospère.
CA NE VOUS RAPPELLE RIEN ?
... Cherchez bien ...
Eh, OUI, on y va, nous aussi.
Pourtant, ici, les blairots du péhesse ne voient rien de tout cela et ils
justifient leur engouement pour Blair-l’illusionniste en disant qu’il a créé
plein de postes de fonctionnaires. Forcément, à les supprimer à la louche, il
n’en restait plus ! Alors, il fallait bien replâtrer un peu, sinon, cela
faisait désordre toutes ces victimes du libéralisme (les retraités, les
enfants, les working poor et toute la cohorte des fracassés de la vie) et
l’absence de structures pour leur venir en aide.
Voulons-nous des blairistes à la tête du
gouvernement ?
NON.
Devrons-nous choisir comme partout ailleurs entre les libéraux
sécuritaires avec une pincée de social ou les libéraux avec une bassine de
sécuritaire liberticide et aucun social?
Moi, je dis NON.
Je ne veux pas le moins pire, je veux le
MEILLEUR.
En France, donnons le la: éradiquons le libéralisme.
It’s NOW or NEVER.
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AGCS:

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NB: Pourquoi, me direz-vous, toujours la Grande Bretagne,? Eh bien, ils
ont commencé le travail de sape ultra-libéral bien avant nous et les résultats
tombent. Plein d’exemples à ne pas suivre, et pourtant, les libéraux de droite
et de gauche ne jurent que par le « modèle britannique ». Même si le
vernis craquèle de toutes parts et que Blair est maintenant de plus en plus
désavoué par ceux qui réfléchissent et qui ont un cœur à la place du
portefeuille.
Alors, je veux dénoncer aussi, à mon petit niveau, de ce côté-là du … de la
Manche les impostures des politiques ultra-libérales et en particulier du New
Labour, censé représenter le parti « socialiste » en GB. Là encore
les analogies avec ce qui se passe chez nous sont criantes…
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Lundi 24 avril 2006:
La sécu en GB affectée par les suppressions : de lits dans les
hôpitaux, de structures de proximité etc. Le ministre de la santé estime, au
contraire, qu’il y a eu de nettes améliorations et compte poursuivre sa réforme
coûte que coûte.
NHS cuts hit cancer care for children
http://society.guardian.co.uk/healt...
Ca aussi c’est chez nous, en France. Et ça
s’aggrave.
OUVRONS-LA!

Commentaires
Bonjour
Je lis votre blog pour la première fois. Comme je ne lis pas facilement l'anglais, je trouve très intéressant l'idée de traduire certains articles, surtout dans l'optique qui est la vôtre.
Je mets le site dans mes favoris.
patrice
Bravo Pilou !
Blair, comme Chirac, est à l'agonie.
jeudi 2 février dans le Financial Times, Royale :
"Il (Blair) a réinvesti dans les services publics. Face au chômage des jeunes, il a obtenu de vrais succès en recourant à plus de flexibilité et plus de sécurité", dit la présidente de la région Poitou-Charentes (ouest).
"Les jeunes diplômés", poursuit-elle, "sont mieux traités au Royaume-Uni qu’en France. Ce n’est donc pas uniquement pour des raisons fiscales que tant de nos jeunes quittent la France pour aller travailler dans la City de Londres".
"Nous ne devons être bloqués sur aucun sujet, comme les 35 heures par exemple",
Vendredi 3 mars Le Guardian, Royale :
"Il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, comme la guerre en Irak, mais je reconnais qu’il a donné un merveilleux élan à son pays"
Face au chômage des jeunes, il a obtenu de vrais succès en recourant à plus de flexibilité et plus de sécurité"
La seule chose certaine du Blairisme est le mensonge, la tricherie, l'ultra-liberalisme, les mesures grossierement en faveur des bourgeois....
Et le "merveilleux élan de Blair", comme dirait Royale, informe de trois choses :
1) L'ideologie de Royale (personne ne peut dire, sur le net, qu'il n'aura pas été prévenu sur l'idéologie de Madame Royale)
2) Le point d'arrivée certain du "merveilleux élan" : Les faubourgs de Bassorah...et les mitraillades contre des civils.
3) La déroute électorale du parti travailliste au moment où l'adition arrive dans toute son ampleur. Terrible chômage comparable à la France, pays ayant le plus de pauvres d'Europe, très lourd déficit public, endettement privé monstrueux, infrastructures sanitaires et ferroviaires à l'agonie et pillées par des interets privés.
Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans
En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.
Les deux pays ont une population totale équivalente (60 millions d'habitants) et une population en âge de travailler voisine (37 millions). La population active (ayant un emploi ou au chômage) est un peu plus importante en Angleterre qu'en France (29 contre 27,6 millions).
De 1990 à 2005, la France a créé 2 520 000 emplois (+11,25%) contre 1 520 000 au Royaume Uni (+5,82%). Dans le même temps, la population en âge de travailler (de 15 à 59 ou à 64 ans) a augmenté d'une valeur équivalente dans les deux pays.
...
Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.
Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l'Angleterre, cela n'est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l'écart d'une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.
...
Un emploi à temps partiel dont la durée moyenne est de 23,2 heures en France et de 15,7 heures en Angleterre n'a pas la même valeur qu'un emploi à temps plein dont la durée moyenne est de 39,0 heures en France et de 37,2 heures en Angleterre.
L'emploi à temps partiel est beaucoup plus développé en Angleterre, avec des salaires réduits en conséquence. En 2005, 25,5 % des emplois anglais sont à temps partiel comparé à 17,2 % des emplois français.
...
Le nombre d'heures travaillées chaque semaine (environ 910 milliards) est identique en France et en Grande Bretagne, malgré un nombre d'emplois différent. Cela s'explique encore mieux en comparant la durée réelle du travail (ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel) : 31,72 h en Angleterre et 36,28 h en France (par semaine).
Les statistiques sont plus tenaces que certains discours.
Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :
travail-chomage.site.voil...
(le texte complet peut être imprimé ... pour en faire bon usage d'ici 2007).
Un autre article est en préparation "Durée du travail : 32 heures en Angleterre" sur le même site :
travail-chomage.site.voil...