A qui profite l’immigration à Londres ?
Par emcee le vendredi 21 avril 2006, 21:06 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
A Londres.
Ville dynamique et prospère. Mais dans ses bas-fonds, le sordide.
Les immigrés qui travaillent dans la capitale britannique ne sont pas installés dans la soie. Loin de là. Dépendant d’entreprises de sous-traitance, employés bien en-dessous de leur niveau de compétences, payés au lance-pierre, ils sont exploités honteusement par des patrons sans scrupules. Avec l’accord tacite d’institutions comme London Transport, les autorités locales ou les hôtels de luxe.
Traduction de "The low paid who keep London going" du Socialist Worker par Simon Basketter
Mondialisation, libéralisation des services, immigration choisie,
paupérisation, précarisation, soustraction des avantages sociaux,
déshumanisation...
Toujours les mêmes ingrédients.
Ici : Londres.
Oops, j’allais oublier: Happy birthday, Ma’am!

The low paid who keep London going
by Simon Basketter http://www.socialistworker.co.uk/ar...
November, 26, 2005; Socialist Worker
Traduction
Ces mal payés qui font tourner l’économie à
Londres
Beaucoup sont des immigrés diplômés. Beaucoup touchent le salaire minimum-
et aucun n’est un « parasite-qui-profite-des aides-sociales ». Comment les
syndicats peuvent-ils les aider à s’organiser?
« On travaille comme des esclaves », « on est traités comme du
bétail ». voilà certaines des réponses d’agents d’entretien du métro de Londres
publiées dans une nouvelle enquête scandaleuse sur les bas salaires.
« Faire tourner la ville : les emplois bas salaires à
Londres » est une enquête qui s’appuie sur les réponses de 341 employés
qui perçoivent des bas salaires. D’après Kavit Datta, une des responsables de
cette enquête, de l’Université Queen Mary : « 90% des personnes
interrogées étaient des immigrés. Les immigrés représentent 35% de la
population à Londres et 29% de la population active mais ils occupent 46% des
emplois « élémentaires » (travail manuel, poste, hôtellerie,
entretien).
La moitié des personnes interrogées sont nées en Afrique sub-saharienne mais
au total, il y avait 56 différents pays d’origine, ce qui montre la très grande
diversité de la population immigrée à Londres.
Les travailleurs immigrés à Londres qui touchent des bas salaires sont
employés très en-dessous de leur niveau de compétences. Près de la moitié
d’entre eux, 49%, ont des diplômes d’enseignement supérieur.
Les niveaux des salaires sont extrêmement bas, 90% des salariés perçoivent
moins de 6,70 livres (10 €) de l’heure, le salaire minimum vital officiel pour
Londres.
Le taux horaire moyen atteint à peine 5,45 livres (8,5 €), ce qui équivaut à
16000 € par an, avant impôts et cotisations sociales.
D’après Datta : les conditions de travail sont très mauvaises. La
plupart des salariés travaillent à des heures indues et 2 sur 5 effectuent des
heures supplémentaires, dont 3 sur 4 sans être payés.
3/5 des salariés n’ont pas droit aux congés de maternité ou de paternité, la
moitié n’a pas eu d’augmentation de salaire cette année et un tiers d’entre eux
n’en a jamais bénéficié. La moitié d’entre eux ont perdu leur salaire pour
s’être absentés pour cas de force majeure et un peu plus de la moitié n’ont pas
été remboursés pour des congés de maladie. Il n'y a aucun plan de retraite de
prévu pour plus de 2/3 d’entre eux (70%).
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les travailleurs immigrés sont
des parasites qui profitent des aides sociales, 94% des personnes interrogées
paient les impôts et les cotisations sociales, mais très peu réclament les
aides auxquelles elles ont droit.
Moins d’un sur six (16%) reçoit des aides de l’Etat. Sur les 25% de parents
qui ont un enfant de moins de 16 ans à leur charge, seulement 1/3 touche les
allocations familiales ou bénéficie d'un crédit d’impôt.

Un des problèmes majeurs derrière ces conditions de travail épouvantables,
c’est la sous-traitance. Datta explique que la plus grande partie de la
politique de bas salaires se caractérise actuellement par l’externalisation des
services. « Plutôt que de travailler directement pour les Transports de
Londres, les mairies, les entreprises ou les hôtels, les agents d’entretien,
les auxiliaires de vie, les femmes de chambre sont employés par un
sous-traitant. Ce qui permet aux employeurs de réduire leurs coûts mais
augmente ceux que doivent supporter les travailleurs » dit Kavita
Datta.
D’après les salariés du métro de Londres, sur les 12 livres que donne
Transport of London pour payer le sous-traitant pour une heure de travail
d’entretien, le salarié, lui, n’en perçoit que 4,50.
Certains employés sont forcés de payer leur formation avant de commencer à
travailler. D’autres doivent payer une caution de 130 livres pour avoir une
carte de sécurité incendie. Des agents d’entretien, également, sont obligés
d’avancer le prix du transport pour se déplacer dans le cadre de leur travail
et se faire ensuite rembourser par l’employeur. Les salariés qui dépendent
directement de Transport of London reçoivent, eux, un passe pour voyager
gratuitement.
Des rats
Un des travailleurs raconte qu’il perd quatre heures de salaire s’il arrive
en retard d’une demi-heure. Un autre, Badu, un Guinéen explique :
« on ne peut pas utiliser la salle à manger du personnel parce qu’il y a
des rats ». Dans une des gares, comme il n’y a pas de salle pour le personnel,
les agents d’entretien doivent s’asseoir sur un des bancs du quai de la gare
pendant la pause déjeuner. Seulement 16% des agents d’entretien du métro sont
syndiqués. Cependant, Datta fait remarquer que si seulement 22% sont syndiqués
quelque 41% sont membres actifs d’associations religieuses. Ce qui est positif
car au moins cela donne la possibilité de les faire adhérer à un
syndicat.
Ce compte-rendu a pour but d'inciter les syndicats à fournir une réponse
militante. Le RMT a commencé. Des victoires pour ces salariés redonnerait de la
vigueur aux syndicats.

L’ histoire de nos vies
Kobena est un ghanéen de 37 ans. Diplômé, il travaille dans le métro comme
agent d’entretien. Il travaille 54 heures par semaine et gagne 4,85 livres de
l’heure. Il n’a que 12 jours de congés payés par an et n’a pas droit aux congés
de maladie. Il doit payer de sa poche ses déplacements dans le métro.
L’enquête cite également le cas d’un agent du métro venu de l’Europe de
l’est avec un visa d’affaires et qui est classé comme travailleur indépendant.
Ce qui exempte son employeur de payer les charges et les cotisations sociales
pour son employé.
Li Mei est originaire de Chine où elle était infirmière. Elle a payé une
agence 3000 livres (4500 €) pour pouvoir travailler ici. Elle a ensuite versé
3000 livres supplémentaires à une agence en GB pour obtenir un permis de
travail et 4500 livres pour suivre des cours d’anglais. Elle a été licenciée de
son premier emploi d’infirmière à cause de ses difficultés pour parler anglais.
Elle travaille actuellement comme femme de ménage à l’Université de Londres.
Elle gagne 4,85 livres de l’heure mais bien qu’elle travaille 30 heures par
semaine, elle n’est payée que pour 20 heures.
Dorota est polonaise. A 47 ans, elle travaille comme femme de chambre dans
un hôtel de luxe. Elle n’est pas payée à l’heure mais elle touche 2,65 livres
par chambre. En moyenne, elle effectue le nettoyage de 6 chambres par jour, ce
qui représente 15,90 livres avant impôts. Elle a droit à 5 jours de congés
payés et n’a jamais bénéficié d’augmentation de salaire.
Une de ces agences, elle, paie ses employées polonaises 1,70 livres par
chambre d'un hôtel de luxe du centre de Londres.
Making the City Work: Low Paid Employment in London, produced by
the Global Cities at Work Research Group available from
www.geog.qmul.ac.uk/globalcities/Re...
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L'Angleterre de Blair et ce que cela signifie pour
l'Europe:
Commentaires
Je l'ai constaté de visu lors d'un séjour à Jersey, lieu propre, blond et rose, s'il en est. Le paradis des touristes anglais.
Sauf qu'en allant musarder un dimanche matin dans l'intérieur de l'île, je suis tombé par hasard sur un match de foot entre immigrés pakistanais et sri-lankais. Les familles, les enfants en bas âges, les grand-parents, etc... Incroyable, en une semaine dans l'île, je n'avais quasiment pas vu d'immigré. Ces personnes sont employées aux tâches les plus ingrates, dans l'hôtellerie et la restauration. Sans elles, l'industrie touristique britannique s'effondre net. Exploitées !
Le tourisme de Jersey ne tourne que grâce aux "petites mains", celles d'immigrés plus ou moins légaux et en tout cas payés au lance-pierre. Factice la réussite des pays libéraux ! Factice jusque dans les loisirs de leurs habitants. Du carton-pâte.
Merci pour votre blog.
demande de l'immigration a à l'angleterre