Mondialisation, libéralisation des services, immigration choisie, paupérisation, précarisation, soustraction des avantages sociaux, déshumanisation...
Toujours les mêmes ingrédients.

Ici : Londres.

Oops, j’allais oublier: Happy birthday, Ma’am!




The low paid who keep London going
by Simon Basketter http://www.socialistworker.co.uk/ar...
November, 26, 2005; Socialist Worker

Traduction

Ces mal payés qui font tourner l’économie à Londres

Beaucoup sont des immigrés diplômés. Beaucoup touchent le salaire minimum- et aucun n’est un « parasite-qui-profite-des aides-sociales ». Comment les syndicats peuvent-ils les aider à s’organiser?

« On travaille comme des esclaves », « on est traités comme du bétail ». voilà certaines des réponses d’agents d’entretien du métro de Londres publiées dans une nouvelle enquête scandaleuse sur les bas salaires.

« Faire tourner la ville : les emplois bas salaires à Londres » est une enquête qui s’appuie sur les réponses de 341 employés qui perçoivent des bas salaires. D’après Kavit Datta, une des responsables de cette enquête, de l’Université Queen Mary : « 90% des personnes interrogées étaient des immigrés. Les immigrés représentent 35% de la population à Londres et 29% de la population active mais ils occupent 46% des emplois « élémentaires » (travail manuel, poste, hôtellerie, entretien).

La moitié des personnes interrogées sont nées en Afrique sub-saharienne mais au total, il y avait 56 différents pays d’origine, ce qui montre la très grande diversité de la population immigrée à Londres.

Les travailleurs immigrés à Londres qui touchent des bas salaires sont employés très en-dessous de leur niveau de compétences. Près de la moitié d’entre eux, 49%, ont des diplômes d’enseignement supérieur.

Les niveaux des salaires sont extrêmement bas, 90% des salariés perçoivent moins de 6,70 livres (10 €) de l’heure, le salaire minimum vital officiel pour Londres.

Le taux horaire moyen atteint à peine 5,45 livres (8,5 €), ce qui équivaut à 16000 € par an, avant impôts et cotisations sociales.

D’après Datta : les conditions de travail sont très mauvaises. La plupart des salariés travaillent à des heures indues et 2 sur 5 effectuent des heures supplémentaires, dont 3 sur 4 sans être payés.

3/5 des salariés n’ont pas droit aux congés de maternité ou de paternité, la moitié n’a pas eu d’augmentation de salaire cette année et un tiers d’entre eux n’en a jamais bénéficié. La moitié d’entre eux ont perdu leur salaire pour s’être absentés pour cas de force majeure et un peu plus de la moitié n’ont pas été remboursés pour des congés de maladie. Il n'y a aucun plan de retraite de prévu pour plus de 2/3 d’entre eux (70%).

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les travailleurs immigrés sont des parasites qui profitent des aides sociales, 94% des personnes interrogées paient les impôts et les cotisations sociales, mais très peu réclament les aides auxquelles elles ont droit.

Moins d’un sur six (16%) reçoit des aides de l’Etat. Sur les 25% de parents qui ont un enfant de moins de 16 ans à leur charge, seulement 1/3 touche les allocations familiales ou bénéficie d'un crédit d’impôt.



Un des problèmes majeurs derrière ces conditions de travail épouvantables, c’est la sous-traitance. Datta explique que la plus grande partie de la politique de bas salaires se caractérise actuellement par l’externalisation des services. « Plutôt que de travailler directement pour les Transports de Londres, les mairies, les entreprises ou les hôtels, les agents d’entretien, les auxiliaires de vie, les femmes de chambre sont employés par un sous-traitant. Ce qui permet aux employeurs de réduire leurs coûts mais augmente ceux que doivent supporter les travailleurs » dit Kavita Datta.

D’après les salariés du métro de Londres, sur les 12 livres que donne Transport of London pour payer le sous-traitant pour une heure de travail d’entretien, le salarié, lui, n’en perçoit que 4,50.

Certains employés sont forcés de payer leur formation avant de commencer à travailler. D’autres doivent payer une caution de 130 livres pour avoir une carte de sécurité incendie. Des agents d’entretien, également, sont obligés d’avancer le prix du transport pour se déplacer dans le cadre de leur travail et se faire ensuite rembourser par l’employeur. Les salariés qui dépendent directement de Transport of London reçoivent, eux, un passe pour voyager gratuitement.

Des rats

Un des travailleurs raconte qu’il perd quatre heures de salaire s’il arrive en retard d’une demi-heure. Un autre, Badu, un Guinéen explique : « on ne peut pas utiliser la salle à manger du personnel parce qu’il y a des rats ». Dans une des gares, comme il n’y a pas de salle pour le personnel, les agents d’entretien doivent s’asseoir sur un des bancs du quai de la gare pendant la pause déjeuner. Seulement 16% des agents d’entretien du métro sont syndiqués. Cependant, Datta fait remarquer que si seulement 22% sont syndiqués quelque 41% sont membres actifs d’associations religieuses. Ce qui est positif car au moins cela donne la possibilité de les faire adhérer à un syndicat.

Ce compte-rendu a pour but d'inciter les syndicats à fournir une réponse militante. Le RMT a commencé. Des victoires pour ces salariés redonnerait de la vigueur aux syndicats.



L’ histoire de nos vies

Kobena est un ghanéen de 37 ans. Diplômé, il travaille dans le métro comme agent d’entretien. Il travaille 54 heures par semaine et gagne 4,85 livres de l’heure. Il n’a que 12 jours de congés payés par an et n’a pas droit aux congés de maladie. Il doit payer de sa poche ses déplacements dans le métro.

L’enquête cite également le cas d’un agent du métro venu de l’Europe de l’est avec un visa d’affaires et qui est classé comme travailleur indépendant. Ce qui exempte son employeur de payer les charges et les cotisations sociales pour son employé.

Li Mei est originaire de Chine où elle était infirmière. Elle a payé une agence 3000 livres (4500 €) pour pouvoir travailler ici. Elle a ensuite versé 3000 livres supplémentaires à une agence en GB pour obtenir un permis de travail et 4500 livres pour suivre des cours d’anglais. Elle a été licenciée de son premier emploi d’infirmière à cause de ses difficultés pour parler anglais. Elle travaille actuellement comme femme de ménage à l’Université de Londres. Elle gagne 4,85 livres de l’heure mais bien qu’elle travaille 30 heures par semaine, elle n’est payée que pour 20 heures.

Dorota est polonaise. A 47 ans, elle travaille comme femme de chambre dans un hôtel de luxe. Elle n’est pas payée à l’heure mais elle touche 2,65 livres par chambre. En moyenne, elle effectue le nettoyage de 6 chambres par jour, ce qui représente 15,90 livres avant impôts. Elle a droit à 5 jours de congés payés et n’a jamais bénéficié d’augmentation de salaire.

Une de ces agences, elle, paie ses employées polonaises 1,70 livres par chambre d'un hôtel de luxe du centre de Londres.

Making the City Work: Low Paid Employment in London, produced by the Global Cities at Work Research Group available from
www.geog.qmul.ac.uk/globalcities/Re...

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