Tout le monde ou presque.

Restent, retranchés dans le camp de Babaorum quelques irréductibles à protester que c’est une mascarade, revenez. Mais on ne les écoute plus. Les caméras sont parties. La rubrique pipole n’attend pas.
Les plus « engagés » ont dit : ce n’est qu’un début, la lutte continue. Sous une autre forme. Ah ouais ? Laquelle ? C’est déjà difficile quand on est des millions dans la rue, je ne vois pas bien comment on peut se faire entendre isolément ou même par paquets de dix. Ou serait-ce juste pour faire croire?

A-t-on les élites qu’on mérite ?

« Quel gâchis », a dit Bayrou. Quelle HONTE, oui !

Honte au Premier m. , cet homme arrogant qui doit estimer que le pouvoir s’hérite de droit divin. Ni vision à long terme, ni appréhension des aspirations des Français (d’ailleurs, il s’en contrefout), ni analyse de la situation politique en France, ni intérêt pour la France « d’en bas » qu’il regarde comme on observe des singes en cage. Seulement une idéologie malsaine et une ambition démesurée.

Il n’est pas le seul. Hélas.

Honte à sa contrepartie version Lillipute qui, si elle n’est pas à son « image », s’inscrit bel et bien dans la même logique. Même s’il a fait le dos rond dans cette affaire pour ne pas plonger prématurément avec le reste du beau linge. Mais qui c’est qui a envoyé les pitbulls pour discréditer le mouvement, qui a fait ramasser et mettre en garde à vue musclée les jeunes manifestants pourtant pacifiques, qui a lâché la meute pour faire sagement rentrer les « petits » à la maison ?

Ce monde de pseudo-aristos fin-de-race n’a rien à voir avec la République dont ils piétinent les principes que des générations entières ont répétés avec fierté sur les bancs de l’Ecole Publique. Rien à voir. Leur devise à eux : « Libéralisation, Précarisation, Ségrégation, Répression, Prison». C’est loin de l’idéal de départ.

Honte au président qui s’est toujours fait élire sur des présomptions de bonnes intentions ou en pis-aller. Il termine bien bas. Affaibli physiquement, intellectuellement (mais n’était-ce pas jusqu’à présent seulement une illusion ?) et politiquement, son rôle n’a consisté qu’à séparer, tel un arbitre de catch, le roquet et le coq qui s’affrontent sur un ring improbable : la France.

Lamentable spectacle applaudi uniquement par leurs vassaux. Tous incapables mais qui nous assènent leurs mensonges parce que personne d’envergure ne s’avance pour les contredire.

Honte à ceux qui, tapis dans l’ombre, attendent leur tour, se disant : mais, bon sang, ça c’est bon pour nous, coco ! Notre Grand Soir va revenir. Quelques paroles lénifiantes, un peu d’indignation bien convenue et le tour est joué. Même pas besoin de programme : il suffira, le moment venu, d’agiter la marionnette de Lillipute, le nabot facho. C’est CA que vous voulez ? Non, bien sûr … alors, laissez-nous faire, NOUS, on sait ce qui est bon pour vous.

Pour le CPE, ils se sont bousculés pour pousser la chansonnette.

J’ai bien dit : « pour le CPE ».

Pas pour tout le reste :

En vrac, le CNE, l’apprentissage dès 14, le travail de nuit à 15, le travail de nuit des femmes, les retraites, l’Education, les postes au CAPES, le rôle positif des colonisateurs, la loi DADVSI, les attaques incessantes contre les libertés, la ponction sur les billets d’avion soit-disant pour aider les pauvres (ouais, le coup de la vignette et autres tabacs), le contournement de la loi des 35 heures, l’abandon du code du travail, les bavures policières, les errements de la justice, les incarcérations abusives et bientôt près de chez vous, la loi contre l’Immigration.

Mais les socio-dèmes, tu les as entendus brailler, vociférer, s’indigner, exiger des explications ? Que non point. Juste un peu, pour faire "social" mais mezza voce pour qu’on ne croie quand même pas qu’ils vont changer le monde et nous restituer ce qui nous a été volé quand ils reviendront aux manettes.

Pour la loi sur le « rôle positif » de la France au bon temps des colonies, il a fallu un mouvement de longue haleine de tous les humanistes de ce pays pour qu’ils réagissent aussi. Si la rue ne les poussait pas, ils ne mettraient jamais les pieds dehors. Trop confort, les fastes de la Rép.

Pendant ce temps, les médias nous formatent vite fait une présidentiable glamour pour nous faire voter pipole. Soit on choisit le shérif-intermittent du célibat, soit la madone des beaux quartiers. Chacun son charme. On se répartit l’électeur et que le meilleur gagne. Voyez en Italie : fifty-fifty. And the winner is … à un cheveu près …. On recompte ? allez, on recompte. Non le winner, c’est ce qu’on avait dit. Allez, fais pas la tête. La prochaine fois.
Ils ne travaillent plus qu’à la calculette.

Et les syndicats, dans cette affaire? Sur le même modèle.

Parce que, c’est quoi, finalement, la GRANDE VICTOIRE du CPE ?

Une baudruche percée. Sans le caprice de l’autre dégingandé, à partir du million sur le pavé, le gouvernement t’aurait plié cette affaire en deux temps trois mouvements. Bon, vous n’en voulez vraiment pas ? Dommage, c’était une bonne idée, pourtant. Bon, on revoit tout de suite les copies. On trouvera bien autre chose de plus discret. Scribe, va donc me préparer une lettre de cachet que je leur saucissonnasse quelques mesures pour les banlieues. Là-bas, les écoles, ils les ferment pas, ils les ouvrent. En deux.

On sépare le "bon grain" de l’ "ivraie", on fait semblant de s’intéresser aux pauvres. Et les étudiants étudient, tranquilles. Qu’ils prennent leur temps, surtout : un stage par ci, un CDD par là, une pincée d’intérim et les voilà, 26 ans déjà : le CNE leur tend les bras.

Et le tour était joué. Au lieu de cela, ils nous laissent descendre dans la rue par millions - à nos âges, ma bonne dame ! Ils nous refont le coup du pourrissement. Ils supplient les étudiants de retourner travailler … pour leur avenir (comme si, justement…bref). Le grand jeu. Rien n’y fait. Ils ont décidément ancré dans la tronche qu’ils sont à la tête d’une masse informe de débiles mentaux.

Ils auraient dû se méfier, pourtant : le climat était propice et même Chérèque les avait abandonnés pour folâtrer dans les manifs comme au bon vieux temps.

Trop d’orgueil tue l’orgueil.

Ah, si on en avait profité!

Mais, on en est où, maintenant ? CASE DEPART. Tout reste en l’état. Dans la loi dite « pour l’Egalité des Chances » (ah, pour ça, ils les trouvent les mots vidés de leur sens !), à peine écornée, figurent toujours :

  • L’abaissement de l’âge d’apprentissage à 14 ans. (fin de la scolarité obligatoire jusqu’ à 16 ans, l’interdiction de fait pour ceux poussés à l’apprentissage d’acquérir un certain socle de connaissance)
  • L’autorisation du travail de nuit dès 15 ans.
  • La rémunération des stages en entreprises d’une durée supérieure à 3 mois mais sans qu’aucun montant minimum n’ait été fixé !
  • Le contrat de responsabilité parentale qui contraint les parents à s’engager à « prendre en main leurs enfants en cas de violence scolaire ou d’absentéisme », faute de quoi ils pourraient être sanctionnés par une suspension des allocations familiales.

Quant au CPE, il est remplacé par une sorte de truc censé aider les djeun’s sans diplôme, ceux des « banlieues » dans leur schéma à eux (la racaille, quoi). Sans budget et juste pour donner du fric aux entreprises pour qu’ils embauchent pendant un certain temps. Le temps d’une prochaine élection ? D’ici que les jeunes, qui seront suivis par un « référent », soient rayés des statistiques sitôt qu’ils auront refusé le stage de serre-boulons non-rémunéré à 400Kms de chez eux …

Mais ça intéresse qui tout ça ? On ne va pas s’arrêter à quelques petits détails ridicules, hein?

On a gagné, on a GA-GNE, qu’ils braillent, les sociaux dèmes. Ils ont gagné quoi? Les prochaines élections? C'est ça qu'ils ont dans la tête. Le CPE, ils n'en ont rien à faire. Ce qu'ils voient, c'est qu'ils ont réussi à descendre dans la rue sans prendre des oeufs, pour une fois. Il en concluent donc ...
Faut pas croire UN SEUL INSTANT qu'on a oublié. Les emplois précaires créés par la gôche, le référendum avec la bave des OUISTES, les signatures à deux mains avec le Chi et tout le reste. MOI, je n'ai RIEN oublié.
Et à moins d'être frappée d'amnésie ou d'autre affection mentale, je m'en souviendrai encore en 2007. Rien à faire.





Bon, si on arrêtait de regarder de ce côté-là et si on se regroupait autour d’un VRAI projet de gauche ?

Histoire de ne pas se retrouver en 2007 dans une impasse comme en Italie, par exemple.

Un vrai projet qui entraînerait toute l’Europe dans notre sillage.

J’ai le slogan : « Liberté, Egalité, Fraternité ».