A La Libre Belgique, on est perplexe. Il y a de quoi.

Chirac rate son allocution

(Bernard Delattre, correspondant permanent à Paris ; 31/03/2006)

Promulguer ou retirer le CPE? Le pays attendait une réponse claire. L'Elysée va le promulguer. Puis aussitôt le suspendre. Et enfin le faire vider de sa substance par le Parlement.

Résultat? Plus personne n'y comprend rien.

Il y avait deux mots à ne pas prononcer. «Retirer», pour éviter de donner l'impression de céder à la rue et donc de voir Dominique de Villepin claquer la porte. Et «promulguer», pour éviter une exaspération de la rue. Mais tout en ayant du tact, il fallait malgré tout être clair et donner au pays une indication précise de la direction qu'il prenait dans la crise du Contrat première embauche (CPE) qui empoisonne le climat politique et social depuis la mi-janvier.

Vendredi soir à la télévision, dans une allocution très attendue, le Président Chirac a réussi le tour de force d'à la fois prononcer les mots qui fâchent mais sans pour autant être clair.
Si l'on a bien compris, le chef de l'Etat va, dans un délai non précisé, promulguer le CPE, parce qu'un vote démocratique au Parlement et une validation par le Conseil constitutionnel, «cela a un sens et doit être respecté». Mais, parce qu'il a compris les «inquiétudes» et les «interrogations», il va demander au gouvernement de veiller à ce que, sur le terrain, aucun CPE ne soit conclu dans l'immédiat, malgré sa promulgation.
Et cela durera jusqu'à ce qu'un nouveau texte de loi soumis à l'Assemblée vienne modifier le CPE promulgué dans deux de ses aspects essentiels: la réduction de 2 à 1 an de la période d'essai pendant laquelle le jeune peut être licencié et le droit qu'on lui octroie de connaître les raisons de son éventuel licenciement …

Lire la suite ici :
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=278047


Ben oui, c’est pas simple.
Mais qui c’est qui nous a foutu des incapables pareils au sommet de l'Etat?
Bon, je sais. J’en étais moi aussi. On n’est pas à l’abri d’une connerie


Pendant ce temps, le PM refait surface :

Assurant que M. Chirac a pris « une décision juste et respectueuse de nos institutions », Dominique de Villepin indique qu'il fera « les améliorations nécessaires » au CPE « avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher », sans citer le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Le chef du gouvernement esquisse par ailleurs un mea culpa sur le CPE: « Dans toute action, il y a une part d'erreur ». « Depuis le début, je n'ai cessé de marquer ma volonté de mener de front dialogue social et action. Il y a eu des malentendus et des incompréhensions sur le sens de ma démarche, je le regrette profondément », ajoute-t-il.

Interrogé sur sa forte chute dans les sondages, il juge « inévitable » que «dans une situation de crise, la popularité du chef du gouvernement soit affectée » mais affirme que « dans cette affaire, (sa) personne importe peu ».



extrait de : lefigaro.fr (Avec AFP) ; 02 avril 2006.


BON, j’isole les déclarations :

Une décision juste et respectueuse de nos institutions … (faire) les améliorations nécessaires au CPE … Depuis le début, je n'ai cessé de marquer ma volonté de mener de front dialogue social et action ... (je) juge inévitable » que « dans une situation de crise, la popularité du chef du gouvernement soit affectée ... dans cette affaire, (ma) personne importe peu ».

Question : combien y a t-il d’âneries concentrées dans ces quelques lignes?
Zéro, selon la Police. Mais est-ce un critère?





Et Robien, dans tout ça ?

Le ministre de l'Education nationale a déclaré ce matin que les manifestations de mardi contre le contrat première embauche (CPE) "étaient importantes mais certainement pas impressionnantes".

"Il y a un an, les mêmes défilaient contre la loi Fillon, tout le monde s'accorde à dire maintenant que son application est salutaire pour l'éducation de nos jeunes", a-t-il affirmé, avant de continuer son travail de division du mouvement en affirmant que les personnes qui ont participé aux manifestations contre le CPE mardi ne sont pas concernées par cette mesure. "Ceux qui sont concernés par le CPE, les chômeurs, les RMIstes, eux hier n'ont pas défilé car ils attendent un emploi". Apparemment donc, le ministre de l'éducation ne s'est pas vraiment intéressé aux personnes qui défilaient car il y en avait, et il oublie aussi que la loi sur le CPE, elle, elle s'applique à tous ....

http://www.tou-o.com/informations-1-9619.html

ET:

Robien menace de sanctions

Le ministre de l'Education nationale s'en prend pêle-mêle aux enseignants, aux parents d'élèves, aux syndicats, aux communistes et aux absentéistes. L e ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a annoncé que les enseignants qui auraient encouragé leurs élèves à aller manifester contre le CPE "sont en passe d'être sanctionnés pour non respect du devoir de réserve des fonctionnaires".

Dans un entretien publié vendredi 31 mars par Le Figaro, le seul ministre UDF du gouvernement explique avoir "identifié quelques cas d'enseignants ayant mis dans le carnet scolaire des enfants un message leur demandant d'aller manifester". Pour Gilles de Robien, il s'agit d'un "déni d'esprit républicain". "Des avertissements ou des blâmes sont envisagés à leur encontre", précise-t-il. Gilles de Robien dénonce aussi "les consignes d'absentéisme ou de blocage venant d'enseignants, de syndicats ou d'une fédération de parents d'élèves", qu'il juge "peu responsables" parce que "personne ne doit utiliser les jeunes pour bloquer les lycées et grossir les rangs des manifestations".

Le ministre accuse également certaines organisations syndicales d"'utiliser les jeunes" de manière "peu responsable" pour s'opposer au contrat première embauche (CPE).

"Les jeunes ont le droit d'exprimer leur mécontentement mais ils sont soumis à une obligation d'assiduité scolaire", a-t-il rappelé. "J'ai donc demandé la réouverture des établissements", dit-il, expliquant que c'est son rôle de dire "que les classes doivent rouvrir". Il indique "les recteurs sont chargés de demander aux proviseurs de faire le maximum pour que les cours aient lieu. Ils peuvent recourir à la force publique en cas de heurts, si le préfet le juge utile."

Le ministre dénonce encore l'attitude d'élus communistes qui ont participé au blocage de certains lycées.

Gilles de Robien estime que "nous avons atteint une période critique" pour les lycéens et les étudiants, qui devront suivre des rattrapages, notamment à Pâques ou en juillet, pour compenser les cours annulés. "Cela pénalisera les étudiants les plus modestes" qui ne pourront plus travailler pendant cette période, regrette le ministre.

Nouvel Obs.com| 01.04.06 | 10:12

Eh bien voilà : le ministre de l’illettrisme accuse encore les enseignants, les parents, les syndicats, les communistes (ça fait vraiment con de dire ça) de manipuler les élèves et étudiants, de les pousser dans les manifestations.

Il faut dire, il est vrai, qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter : les réalisations et les projets du gouvernement ont été jusqu’ici au-dessus de tout soupçon. C’est bien dans l’intérêt général qu’ils ont mis en œuvre toutes ces réformes et surtout pas pour créer des inégalités, de la précarité et la paupérisation de la majorité de la population. Ni pour favoriser les entreprises. Toute affirmation contraire serait pure diffamation.

Et, de toute évidence, pour le sinistre, élèves et étudiants ne sont pas à même de réfléchir sur l’avenir qu’on leur prépare ni de se forger une opinion sur les bonnes intentions gouvernementales. Trop bêtes ou trop jeunes ?

Pas trop jeunes, tout de même pour être virés de l’Ecole dès 14 ans ou travailler la nuit dès 15.

Autre travers qui fait fureur dans le gouvernement et les autres UMP: le déni.
Niant avoir « invité » les chefs d’établissements « à saisir directement les autorités de police et de gendarmerie pour obtenir les concours nécessaires à la levée des blocages», le ministre a déclaré : «C'est une invention d'étudiants...».

Et encore :

Manipulation manifeste : le sinistre a appelé les étudiants opposés aux blocages à manifester.("personne ne doit utiliser les jeunes pour bloquer les lycées et grossir les rangs des manifestations"... "non respect du devoir de réserve des fonctionnaires" par G2R himself'')

Gerbant :
Cela pénalisera les étudiants les plus modestes' qui ne pourront plus travailler pendant cette période, pleurniche le ministre.

Evidemment, cela fait toujours bien de verser des larmes de crocodile sur les pauvres quand on n’en a jamais rencontré de sa vie. Si c’est pas de la manipulation, ça !

Et s’il a tant d’empathie pour les étudiants les plus modestes, comme il dit, il ferait bien d’augmenter leurs bourses d’études au lieu de les laisser passer leurs vacances à se faire exploiter au MacDo local.

Mais il va nous rétorquer que c’est par le travail qu’on s’enrichit
Mouarf.

Ils ont des formules comme ça.

...

(A propos de Mac Do, je vous recommande l’article écrit par El Ryu, ainsi que certains témoignages rédigés dans les commentaires :
Le CPE à l'épreuve de la longueur des files d'attente chez MacDonald’s
http://elryu.blogspot.com/)


...

Parallèlement les soldes continuent :

Avant même de détailler ses propositions concrètes dans le domaine, c'est à Ségolène Royal qu'une majorité de Français (53%) fait le plus confiance pour "moderniser et relancer l'économie française" devant Nicolas Sarkozy et Jack Lang, selon un sondage CSA publié par l'Expansion. Avec 39% des personnes interrogées ne lui faisant pas confiance, la député socialiste est la seule à obtenir un solde de confiance positif. En effet, 45% des Français accordent leur confiance dans ce domaine au président de l'UMP contre 50% qui ne lui font pas confiance.

Ca remet pas du baume au cœur tout ça ? Les Français en majorité feraient confiance à une personne juste sur sa bonne mine (hélas, ce ne serait pas la première fois) et 45% d’entre eux continuent de penser que NS est apte à prendre les rênes du pouvoir, malgré le bilan catastrophique du gouvernement et des députés réunis, dont il fait partie à plus d'un titre.

Remarquez, personne ne m’a rien demandé. Vous ?

...

Et, enfin, il n’y a pas qu’à Paris, dans les ministères ou dans l’hémicycle, que sévissent les fracassés mentaux:

A Grasse, des slogans d'écoliers jugés politiquement incorrects

Non à la guerre", "ne tuez pas les animaux": les slogans "pour un monde meilleur", rédigés par des élèves de Grasse dans le cadre d'un projet pédagogique, ont provoqué l'indignation de trois députés UMP des Alpes-Maritimes qui dénoncent une action destinée à sensibiliser les enfants "au thème de la revendication".
Quelque trois cents écoliers grassois, encadrés par un artiste-plasticien travaillant pour l'association locale Loisirs Education Culture (LEC), ont participé, hors du temps scolaire, à une action pédagogique destinée à "les faire réfléchir à leurs souhaits pour un monde meilleur puis à les rédiger sur de petites banderoles et pancartes", a expliqué mercredi à l'AFP Alexia Facchinetti, directrice de LEC.
Lire la suite :
http://www.tou-o.com/reactions-98-post-2-5.html

Ah, l’UMP ! ils feraient n’importe quoi pour se rendre intéressants.

Encore loupé.

ZERO.

...

Conclusion et après je vous quitte :

TOUS DANS LA RUE LE 4 AVRIL.

Ils vont bien finir par nous voir. A défaut de nous entendre.