Education : Tony Blair donne l’Ecole à des sponsors sans foi ni loi.
Par emcee le dimanche 26 mars 2006, 09:52 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Ou presque…
La foi, peut-être, mais la loi du marché est impénétrable.
Le projet de loi prévoit que le contribuable fournira les fonds nécessaires
au niveau de base du système éducatif. Des frais supplémentaires s'ajouteront
pour tout ce qui est en rapport avec la créativité.
La nouvelle loi a été adoptée ce mois-ci au parlement britannique par 453
voix contre 115, entre autres grâce au Parti Conservateur. Le texte doit
maintenant être discuté en commission avant de revenir devant le Parlement pour
être définitivement adopté, ce qui est quasiment acquis grâce au soutien quasi
total de l’opposition conservatrice.
Le Service public d’Education en Grande Bretagne définitivement cédé
aux entreprises et aux idéologues (politiques, religieux …)
Ce texte met les écoles en concurrence et les engage à chercher des soutiens
privés. Ces nouveaux établissements (les Trust schools) en prenant leur
indépendance face à l’Etat et aux autorités locales pourront déterminer les
salaires des personnels et définir les programmes scolaires.
Elles pourront ainsi rechercher des financements privés auprès, par exemple,
d’associations religieuses, de parents d’élèves, d’entreprises, d’universités …
(parmi la liste des «partenaires», on retrouverait Microsoft, le grand cabinet
d’audit KPMG, l’église anglicane, un milliardaire scientologue et un mystérieux
milliardaire musulman).
On imagine les dérives de ce type de système: publicité (adressée aux
jeunes) pour les sociétés, exclusion des élèves en difficulté, reprise en main
par les institutions religieuses, modification des contenus scolaires (déjà le
scientologue a annoncé qu’il allait imposer le créationnisme), communautarisme
(écoles confessionnelles spécifiques), pressions sur les enseignants
...
Recrutement des enseignants : économies et arbitraire
?
Avec la liberté donnée aux «trust schools» en matière de
recrutement d’enseignants, on peut penser que certains d’entre eux seront
susceptibles de subir des discriminations à l’embauche à cause de leurs
engagements politiques et / ou religieux, ou de leur manque de docilité.
D’autre part, la tentation d’employer des enseignants peu formés et donc mal
rémunérés sera grande. Ces 12 dernières années, s’est développé le recours à
des auxiliaires d'éducation tels que les assistants d'enseignement et les
assistants de classe.
Des tableaux de classement des professeurs selon leurs performances et leur
« dévouement » permettront aux écoles de rémunérer certains
professeurs plus que d'autres (primes en lieu et place d’augmentations
légitimes et collectives).
Contenus
Le programme national a été raffiné à tel point que les matières
fondamentales peuvent être enseignées par tout petits bouts, ce qui d'après le
gouvernement, peut être fait par des gens ayant peu, voire aucune, connaissance
du sujet. (Ca tombe bien…)
Elèves : sélection et voies de garage
Ces écoles auront aussi une grande autonomie pour le recrutement des élèves.
En effet, le code de bonne conduite créé par la ministre de l’éducation
britannique, Ruth Kelly, pour éviter la sélection dans ces établissements
scolaires, ne sera pas obligatoire, n’aura aucune valeur
contraignante.
Des classements basés sur les résultats aux tests effectués aux âges de 11
et 14 ans dans les matières fondamentales (« core subjects ») et les
examens scolaires à l'âge de 16 ans permettent de trier les élèves. Le
soit-disant programme de « modernisation » de Tony Blair ne créera
donc rien de plus que des lieux de parcage pour des milliers d'enfants de la
classe ouvrière dans le système public d'éducation tandis que les plus capables
et les plus privilégiés iront en nombre croissant dans le secteur privé ou semi
- privé basé sur la sélection.
Des projets sont en cours pour permettre aux 14-16 ans de suivre un parcours
non - académique, avec plus de jours passés en dehors de l'école qu'en
classe.
D’autre part, un bilan de quatorze « Academy schools » (écoles
sponsorisées par des groupes indépendants créées ces dernières années) montre
que le nombre de repas gratuits distribués aux élèves pauvres a chuté - que les
écoles aient pratiqué une sélection à l’entrée ou qu’elles aient changé les
critères permettant de bénéficier de cette aide.
Et le marché ? il se porte bien, merci
Par exemple, les prix de l’immobilier en Grande Bretagne dépendent désormais
du périmètre scolaire des établissements en mesure d'offrir les meilleurs
équipements et la meilleure éducation.
Les services existant dans les établissements tels que la maintenance des
bâtiments, le soutien linguistique aux élèves non anglophones, la psychologie
scolaire, la formation, les remplacements viennent de plus en plus
d'entreprises privées et de consortiums.
Aucun secteur de la vie scolaire n'est épargné par les ravages du marché. Du
fait des réductions dans le domaine social, enseignants, parents et donateurs
privés fournissent la plupart des activités hors programme.
Comment Tony Blair, travailliste, explique-t-il sa réforme
?
Pour le Premier Ministre, la concurrence entre les établissements devrait
permettre d’augmenter le faible niveau scolaire britannique, qui est inférieur
à celui de la moyenne des membres de l’OCDE, et l’investissement privé
permettrait en plus de réaliser des économies en matière de financement
public.
Mais les statistiques de l’OCDE montrent que l’investissement privé et la
concurrence inter- et intra-établissement n’ont pas d’incidence positive sur le
niveau d’éducation. C’est d’ailleurs le plus souvent contre-productif, comme le
prouve le système américain, qui est le plus inefficace des membres de
l’organisation internationale (résultats inférieurs à la moyenne pour un
investissement financier en deuxième position sur la liste).
Et les syndicats dans tout cela ?
Les bureaucraties syndicales représentant les enseignants et les auxiliaires
ont constamment affirmé que les mesures du gouvernement Blair avaient un but
honorable, désarmant ainsi tous les personnels d'éducation.
« L'école de l'avenir sera concédée à des exploitants, commercialisée
comme une marque et parrainée. Pour vous c'est un projet cauchemardesque. Pour
le New Labour cela représente un progrès, la modernité et l'avenir". Qui
parle ? Doug McAvoy, Secrétaire général du syndicat national des
enseignants (National Union of Teachers, le NUT) le syndicat de l'enseignement
le plus important en Grande Bretagne, dans son discours de fin de mandat
prononcé en 2004.
MacAvoy explique que cette perspective cauchemardesque constitue le plus
radical bouleversement depuis la loi sur l'Education de 1944 qui a fondé
l'éducation secondaire universelle.
Mais ces déclarations n'annoncent qu'un virage à droite de la bureaucratie
syndicale encore plus marqué. Steve Sinnot, qui devait le remplacer peu après,
avait plaidé explicitement pour négocier une fusion avec d'autres syndicats
d'enseignants, ce qui permettrait de ne pas trop contrarier les projets
gouvernementaux.
Misère !
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Bientôt, ici en France, nous aurons tous
oublié...
Que notre système éducatif (même s’il était perfectible) s’adressait
à tous.
Que l’encadrement à tous les niveaux y était de qualité, que nos écoles
maternelles faisaient l’admiration à l’étranger, que notre système de santé
était équitable et performant et que, d’ailleurs, les Anglais venaient se faire
soigner chez nous.
Que … que …que …
Disparus, ou en voie de disparition imminente (en vrac)
:
les Télécoms,
La Poste
La production industrielle et artisanale française
La qualité de la vie
L’Education
la Recherche indépendante (en particulier des lobbys internationaux)
La sécurité de l’emploi
La Santé
Les aides aux personnes en difficulté
Les retraites par répartition
EDF-GDF
Le code du travail
La justice sociale
L’interdiction de la culture des OGM
J’en oublie sans doute.
Tous auront été précipités dans les charniers libéraux. Et dans
l’urgence. Pour justifier cette razzia, on nous a dit :
« trop cher, on ne peut plus payer » mais on a baissé les
impôts sur le revenu, diminué les charges aux entreprises ; on nous a
dit : « si on baisse les charges des entreprises, ils
embaucheront » certes, mais ils s’en vont embaucher dans d’autres
pays ; on nous a dit : il faut absolument réformer, mais on
voit que c’est pire après ; on nous a dit qu’avec la concurrence, il y
aurait baisse des prix, mais les factures augmentent toujours ; on nous a
dit qu’il fallait s’adapter à la «modernité» mais on régresse en tout.
On nous aurait menti ?
Tu veux, tu payes, tu peux pas payer, tu t’en passes. C’est
VITAL ? et alors ? CREVE, vermine assistée.
Le gouvernement français, en chantant les louanges du modèle
britannique pour mieux s’en s’inspirer pour ses basses oeuvres, fait plonger
sciemment la France dans l’abîme dans lequel les divers gouvernements ont fait
plonger les Britanniques.
La Grande Bretagne ?
S'y bousculent, cachés derrière les fastes des vestiges de l’Empire,
par milliers, voire par millions : enfants pauvres, travailleurs pauvres,
retraités dans la misère, malades et personnes âgées abandonnés sans soins,
mères-adolescentes, jeunesse inculte et sans repères, tous croupissant dans des
logements insalubres - et tout cela dans un pays où les entreprises (souvent de
grands groupes mondiaux) sont florissantes et où les élites seules ont accès à
des services de qualité.
Mais ces constats d’échec n’ébranlent pas le New Labour :
aujourd’hui Tony livre sans vergogne l’Ecole publique pieds et poings liés aux
lobbys.
C’est ainsi qu’on constate:
que se développent les écoles confessionnelles, élitistes et
partiales, et dont le seul but est de faire du prosélytisme (avec, en toile de
fond, le communautarisme qui trie la société selon l’appartenance religieuse et
cloisonne les êtres humains derrière des murs infranchissables qui invitent à
l’ignorance et à la haine de l’autre) ;
que l’Ecole publique est apportée sur un plateau aux grandes
multinationales qui récupèreront largement leurs billes avec ce qu’elles
arriveront à fourguer à leur cible privilégiée : les enfants et les
ados.
Le tout sans aucune contrepartie, évidemment.
Bravo, Monsieur Blair : la Grande Bretagne
vous dira probablement merci. Faire une politique de droite quand on est
Travailliste, c’est, de surcroît, laminer la gauche pour longtemps. Et faire
revenir une droite encore plus dure, plus répressive si elle veut se démarquer
du libéral de gôche.
On en sait quelque chose par chez nous.
Jusqu’où allez-vous pousser l’ignominie, vous, les libéraux de
tous bords?
Quand on pense que Ségo,
qui-dit-tout-haut-ce-que-les-autres-pensent-tout-bas-mais-qu’il-ne-faut-pas-dire-parce-que-ça-fait-désordre,
est admirative des méthodes Blair !
On voit où ils vont nous mener ceux-là aussi, s’ils
reviennent.
A l’abattoir.
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CPE : Galouzeau prône le « dialogue
».

Décentralisation : dialoguée au 49-3 ; loi
Fillon-mâtinée Robien : dialoguée au cœur de l’été, « plan
d’urgence pour l’emploi », dont le CNE : dialogué par ordonnances
au cours de l’été 2005 ; Loi Dadvsi, dialoguée une première fois
à Noël, puis re-dialoguée pour coller cette fois-ci aux desiderata du
ministre ; CPE, dialogué au pas de charge au 49-3,
etc.
Galouzeau, il nous prendrait pas pour des CONS, par hasard
?
A moins qu’il ne mélange les mots. Encore une victime de la méthode
globale.
Et pendant ce temps-là, Sharko nous la joue flic gentil. On va lui
faire confiance...
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En tous cas, il y a une bonne nouvelle dans tout ça : la grippe
aviaire et le chikungunya ont dû être éradiqués. On n’en entend plus du tout
parler.

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