Le projet de loi prévoit que le contribuable fournira les fonds nécessaires au niveau de base du système éducatif. Des frais supplémentaires s'ajouteront pour tout ce qui est en rapport avec la créativité.

La nouvelle loi a été adoptée ce mois-ci au parlement britannique par 453 voix contre 115, entre autres grâce au Parti Conservateur. Le texte doit maintenant être discuté en commission avant de revenir devant le Parlement pour être définitivement adopté, ce qui est quasiment acquis grâce au soutien quasi total de l’opposition conservatrice.

Le Service public d’Education en Grande Bretagne définitivement cédé aux entreprises et aux idéologues (politiques, religieux …)

Ce texte met les écoles en concurrence et les engage à chercher des soutiens privés. Ces nouveaux établissements (les Trust schools) en prenant leur indépendance face à l’Etat et aux autorités locales pourront déterminer les salaires des personnels et définir les programmes scolaires.

Elles pourront ainsi rechercher des financements privés auprès, par exemple, d’associations religieuses, de parents d’élèves, d’entreprises, d’universités … (parmi la liste des «partenaires», on retrouverait Microsoft, le grand cabinet d’audit KPMG, l’église anglicane, un milliardaire scientologue et un mystérieux milliardaire musulman).

On imagine les dérives de ce type de système: publicité (adressée aux jeunes) pour les sociétés, exclusion des élèves en difficulté, reprise en main par les institutions religieuses, modification des contenus scolaires (déjà le scientologue a annoncé qu’il allait imposer le créationnisme), communautarisme (écoles confessionnelles spécifiques), pressions sur les enseignants ...

Recrutement des enseignants : économies et arbitraire ?

Avec la liberté donnée aux «trust schools» en matière de recrutement d’enseignants, on peut penser que certains d’entre eux seront susceptibles de subir des discriminations à l’embauche à cause de leurs engagements politiques et / ou religieux, ou de leur manque de docilité. D’autre part, la tentation d’employer des enseignants peu formés et donc mal rémunérés sera grande. Ces 12 dernières années, s’est développé le recours à des auxiliaires d'éducation tels que les assistants d'enseignement et les assistants de classe.

Des tableaux de classement des professeurs selon leurs performances et leur « dévouement » permettront aux écoles de rémunérer certains professeurs plus que d'autres (primes en lieu et place d’augmentations légitimes et collectives).

Contenus

Le programme national a été raffiné à tel point que les matières fondamentales peuvent être enseignées par tout petits bouts, ce qui d'après le gouvernement, peut être fait par des gens ayant peu, voire aucune, connaissance du sujet. (Ca tombe bien…)

Elèves : sélection et voies de garage

Ces écoles auront aussi une grande autonomie pour le recrutement des élèves. En effet, le code de bonne conduite créé par la ministre de l’éducation britannique, Ruth Kelly, pour éviter la sélection dans ces établissements scolaires, ne sera pas obligatoire, n’aura aucune valeur contraignante.

Des classements basés sur les résultats aux tests effectués aux âges de 11 et 14 ans dans les matières fondamentales (« core subjects ») et les examens scolaires à l'âge de 16 ans permettent de trier les élèves. Le soit-disant programme de « modernisation » de Tony Blair ne créera donc rien de plus que des lieux de parcage pour des milliers d'enfants de la classe ouvrière dans le système public d'éducation tandis que les plus capables et les plus privilégiés iront en nombre croissant dans le secteur privé ou semi - privé basé sur la sélection.

Des projets sont en cours pour permettre aux 14-16 ans de suivre un parcours non - académique, avec plus de jours passés en dehors de l'école qu'en classe.

D’autre part, un bilan de quatorze « Academy schools » (écoles sponsorisées par des groupes indépendants créées ces dernières années) montre que le nombre de repas gratuits distribués aux élèves pauvres a chuté - que les écoles aient pratiqué une sélection à l’entrée ou qu’elles aient changé les critères permettant de bénéficier de cette aide.

Et le marché ? il se porte bien, merci

Par exemple, les prix de l’immobilier en Grande Bretagne dépendent désormais du périmètre scolaire des établissements en mesure d'offrir les meilleurs équipements et la meilleure éducation.

Les services existant dans les établissements tels que la maintenance des bâtiments, le soutien linguistique aux élèves non anglophones, la psychologie scolaire, la formation, les remplacements viennent de plus en plus d'entreprises privées et de consortiums.

Aucun secteur de la vie scolaire n'est épargné par les ravages du marché. Du fait des réductions dans le domaine social, enseignants, parents et donateurs privés fournissent la plupart des activités hors programme.

Comment Tony Blair, travailliste, explique-t-il sa réforme ?

Pour le Premier Ministre, la concurrence entre les établissements devrait permettre d’augmenter le faible niveau scolaire britannique, qui est inférieur à celui de la moyenne des membres de l’OCDE, et l’investissement privé permettrait en plus de réaliser des économies en matière de financement public.

Mais les statistiques de l’OCDE montrent que l’investissement privé et la concurrence inter- et intra-établissement n’ont pas d’incidence positive sur le niveau d’éducation. C’est d’ailleurs le plus souvent contre-productif, comme le prouve le système américain, qui est le plus inefficace des membres de l’organisation internationale (résultats inférieurs à la moyenne pour un investissement financier en deuxième position sur la liste).

Et les syndicats dans tout cela ?

Les bureaucraties syndicales représentant les enseignants et les auxiliaires ont constamment affirmé que les mesures du gouvernement Blair avaient un but honorable, désarmant ainsi tous les personnels d'éducation.

« L'école de l'avenir sera concédée à des exploitants, commercialisée comme une marque et parrainée. Pour vous c'est un projet cauchemardesque. Pour le New Labour cela représente un progrès, la modernité et l'avenir". Qui parle ? Doug McAvoy, Secrétaire général du syndicat national des enseignants (National Union of Teachers, le NUT) le syndicat de l'enseignement le plus important en Grande Bretagne, dans son discours de fin de mandat prononcé en 2004.

MacAvoy explique que cette perspective cauchemardesque constitue le plus radical bouleversement depuis la loi sur l'Education de 1944 qui a fondé l'éducation secondaire universelle.

Mais ces déclarations n'annoncent qu'un virage à droite de la bureaucratie syndicale encore plus marqué. Steve Sinnot, qui devait le remplacer peu après, avait plaidé explicitement pour négocier une fusion avec d'autres syndicats d'enseignants, ce qui permettrait de ne pas trop contrarier les projets gouvernementaux.

Misère !

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Bientôt, ici en France, nous aurons tous oublié...

Que notre système éducatif (même s’il était perfectible) s’adressait à tous.
Que l’encadrement à tous les niveaux y était de qualité, que nos écoles maternelles faisaient l’admiration à l’étranger, que notre système de santé était équitable et performant et que, d’ailleurs, les Anglais venaient se faire soigner chez nous.
Que … que …que …

Disparus, ou en voie de disparition imminente (en vrac) :

les Télécoms,
La Poste
La production industrielle et artisanale française
La qualité de la vie
L’Education
la Recherche indépendante (en particulier des lobbys internationaux)
La sécurité de l’emploi
La Santé
Les aides aux personnes en difficulté
Les retraites par répartition
EDF-GDF
Le code du travail
La justice sociale
L’interdiction de la culture des OGM

J’en oublie sans doute.

Tous auront été précipités dans les charniers libéraux. Et dans l’urgence. Pour justifier cette razzia, on nous a dit : « trop cher, on ne peut plus payer » mais on a baissé les impôts sur le revenu, diminué les charges aux entreprises ; on nous a dit : « si on baisse les charges des entreprises, ils embaucheront » certes, mais ils s’en vont embaucher dans d’autres pays ; on nous a dit : il faut absolument réformer, mais on voit que c’est pire après ; on nous a dit qu’avec la concurrence, il y aurait baisse des prix, mais les factures augmentent toujours ; on nous a dit qu’il fallait s’adapter à la «modernité» mais on régresse en tout. On nous aurait menti ?

Tu veux, tu payes, tu peux pas payer, tu t’en passes. C’est VITAL ? et alors ? CREVE, vermine assistée.

Le gouvernement français, en chantant les louanges du modèle britannique pour mieux s’en s’inspirer pour ses basses oeuvres, fait plonger sciemment la France dans l’abîme dans lequel les divers gouvernements ont fait plonger les Britanniques.

La Grande Bretagne ?
S'y bousculent, cachés derrière les fastes des vestiges de l’Empire, par milliers, voire par millions : enfants pauvres, travailleurs pauvres, retraités dans la misère, malades et personnes âgées abandonnés sans soins, mères-adolescentes, jeunesse inculte et sans repères, tous croupissant dans des logements insalubres - et tout cela dans un pays où les entreprises (souvent de grands groupes mondiaux) sont florissantes et où les élites seules ont accès à des services de qualité.

Mais ces constats d’échec n’ébranlent pas le New Labour : aujourd’hui Tony livre sans vergogne l’Ecole publique pieds et poings liés aux lobbys.

C’est ainsi qu’on constate:

que se développent les écoles confessionnelles, élitistes et partiales, et dont le seul but est de faire du prosélytisme (avec, en toile de fond, le communautarisme qui trie la société selon l’appartenance religieuse et cloisonne les êtres humains derrière des murs infranchissables qui invitent à l’ignorance et à la haine de l’autre) ;

que l’Ecole publique est apportée sur un plateau aux grandes multinationales qui récupèreront largement leurs billes avec ce qu’elles arriveront à fourguer à leur cible privilégiée : les enfants et les ados.

Le tout sans aucune contrepartie, évidemment.

Bravo, Monsieur Blair : la Grande Bretagne vous dira probablement merci. Faire une politique de droite quand on est Travailliste, c’est, de surcroît, laminer la gauche pour longtemps. Et faire revenir une droite encore plus dure, plus répressive si elle veut se démarquer du libéral de gôche.

On en sait quelque chose par chez nous.

Jusqu’où allez-vous pousser l’ignominie, vous, les libéraux de tous bords?

Quand on pense que Ségo, qui-dit-tout-haut-ce-que-les-autres-pensent-tout-bas-mais-qu’il-ne-faut-pas-dire-parce-que-ça-fait-désordre, est admirative des méthodes Blair !

On voit où ils vont nous mener ceux-là aussi, s’ils reviennent.

A l’abattoir.

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CPE : Galouzeau prône le « dialogue ».


Décentralisation : dialoguée au 49-3 ; loi Fillon-mâtinée Robien : dialoguée au cœur de l’été, « plan d’urgence pour l’emploi », dont le CNE : dialogué par ordonnances au cours de l’été 2005 ; Loi Dadvsi, dialoguée une première fois à Noël, puis re-dialoguée pour coller cette fois-ci aux desiderata du ministre ; CPE, dialogué au pas de charge au 49-3, etc.

Galouzeau, il nous prendrait pas pour des CONS, par hasard ?

A moins qu’il ne mélange les mots. Encore une victime de la méthode globale.

Et pendant ce temps-là, Sharko nous la joue flic gentil. On va lui faire confiance...

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En tous cas, il y a une bonne nouvelle dans tout ça : la grippe aviaire et le chikungunya ont dû être éradiqués. On n’en entend plus du tout parler.