Du beau linge, assurément :

Des centaines de personnalités, dont Jacques Chirac et Dominique de Villepin, se sont rendues hier soir à la synagogue parisienne de la Victoire.

Jacques Chirac, coiffé d'un feutre, Dominique de Villepin, portant la kippa, entouraient la famille d'Ilan Halami à la Grande synagogue de Paris. A leurs côtés, de simples fidèles, mais aussi de nombreux ministres et personnalités politiques, associatives ou religieuses.



Jacques et Bernadette Chirac, assis au premier rang, au côté de Simone Veil. Dans les travées : Jean-Louis Debré, Christian Poncelet, Edouard Balladur, quatre ministres, de nombreux élus de Paris, le leader centriste François Bayrou, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Philippe de Villiers, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, et le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur.



Les déclarations:

«Nous ne crions pas vengeance, nous demandons justice. Nous souhaitons savoir si un Juif français peut mener une vie normale sur la terre de France», a déclaré Jean Kahn, président du Consistoire central".

«Désormais pour la France, il y a un avant Ilan et un après Ilan», a lancé le rabbin Sitruk, en demandant aux Français de «se lever tous comme un seul homme et de crier : ça suffit, non la France n'a pas perdu son âme. Elle doit être le pays des Lumières qu'elle a toujours été». «Ce ne sont pas les Juifs qui sont en cause, c'est un problème de civilisation», a-t-il ajouté. «La communauté ne doit pas être inquiète car elle n'est pas isolée, les Juifs sont une composante indéfectible de la France.»



Dans le Monde, le meurtre d’Ilan Halimi « s’appelle de l’antisémitisme tout court ». « Le thème de l'argent est bien l'un des fils qui relient l'antisémitisme traditionnel, tel qu'il s'exprime depuis des siècles en France (… ) et l'antisémitisme tel qu'il se déploie aujourd'hui dans des populations d'origine souvent immigrée, sur fond de traditions culturelles et d'amertume face au conflit palestino-israélien. En l'occurrence, même si la "bande des barbares", aujourd'hui démantelée, voisinait avec "le degré zéro de la pensée", pour reprendre une formule de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, il semble bien que pour certains de ses membres l'antisémitisme était comme une évidence ».

Les complices des tortionnaires : les habitants des quartiers, coupables, forcément coupables :

Où revient le thème de « l’indifférence coupable » des voyageurs du RER D, lors de la prétendue agression :

«Les voisins ou les parents ont forcément entendu parler de la séquestration, personne n'a bougé. Les gens savaient», déclare la soeur d'Ilan au Parisien.

"La colère face à l'indifférence d'un voisinage qui a laissé faire, un voisinage passif et muet par lâcheté ou par complicité. Un silence atroce et révélateur d'un dysfonctionnement majeur au cœur de notre société. Si les bourreaux ont changé, la victime reste la même. Le massasse d'Ilan vient nous rappeler que la gravité (des actes antisémites) est croissante et a atteint aujourd'hui un niveau jusque là impensable et inégalé. Nous avons confiance en la justice de notre pays qui appliquera (aux meurtriers d'Ilan) une peine exemplaire. Le comportement digne de la communauté juive de France face aux attaques antisémites de ces dernières années est exemplaire et fait honneur à la communauté juive et à la république", a déclaré Joël Mergui, président du Consistoire israélite de Paris.

Les « gens qui savaient » :

Dans le Parisien: « Ilan Halimi a sans doute été aussi la victime de l’indifférence des cités, où personne ne fait attention aux autres. » Interrogées par le quotidien, les deux sœurs de la victime crient leur colère : « Les voisins ou les parents ont forcément entendu parler de l’enlèvement et de la séquestration, personne n’a bougé… Les gens savaient… Il n’y a donc aucune pitié ? ».

Les délires :

Julien Dray, porte-parole du Parti Socialiste, a déclaré : « Il y a un antisémitisme qui s’est incrusté dans la société française. Il y a des personnes symboliques qui portent cela. Je le dis clairement : on a les effets différés aujourd’hui de tout ce qu’a fait Dieudonné tout au long de ces années. Il y a un effet Dieudonné".

Dray : le meurtre d'Ilan, "c'est l'effet Dieudonné"
http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060223.OBS8118.html

Yvan Rioufol, du Figaro, écrit : « Les émeutiers de novembre avaient été excusés pour avoir brûlé des écoles et des bibliothèques. Les belles âmes ne s'étaient pas émues davantage du meurtre d'un père de famille, tué parce qu'il photographiait un lampadaire dans une cité. Cette fois, la civilisation est atteinte, à force d'endoctrinements manichéens et de démissions. Sa défense mérite la mobilisation (à Paris: dimanche, 15 h, place de la République) ».

Le 24 février sur RFI (Radio France Internationale), Henri Hajdenberg a insisté sur la jalousie sociale dont sont l'objet les juifs dans certains milieux des cités : « dans un climat de misère sociale et de chômage dans quelques banlieues, l'idée fausse qui s'est propagée que les juifs sont riches et qu'ils sont détenteurs de pouvoirs, alors que les jeunes chômeurs sont victimes de la société, c'est ça l'antisémitisme ».

Malek Boutih, secrétaire national du PS, chargé des questions de société :
Q. : Est-on sûr qu'il s'agit d'un crime raciste ?
R. : Nous n'avons pas tous les éléments, contrairement aux juges d'instruction aux avocats, qui ont accès aux dossiers. Il est certain qu'il s'agit d'actes de crapulerie antisémites. Le prétexte serait qu'ils s'en seraient pris à un juif parce que, selon eux, les juifs ont de l'argent.

Richard Séréro, secrétaire général de la Licra :
Q. :L'assassinat d'Ilan Halimi porte désormais la suspicion du crime raciste. Le Crif a clairement posé: "Ilan est-il mort parce que juif?" La Licra s'associe-t-elle à cette question ?
R. : Absolument. Et nous y répondons quelque part puisque depuis quelques jours, nous avions des informations concordantes. Mais, obsédés notamment par le syndrome du RER D, nous avons attendu que cette confirmation arrive. Si la juge d'instruction a été amenée à retenir la circonstance aggravante du crime raciste, c'est certainement pour de bonnes raisons. Certaines déclarations des mis en examen ont poussé à penser dans ce sens. Dans les chiffres de la réalité officieuse, l'antisémitisme est en évolution exponentielle.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme:
L'antisémitisme du coin de la rue s'est banalisé.
Cet acte est donc en quelque sorte révélateur. Il y a d'autres éléments dont on n'a pas eu confirmation mais qui laisseraient penser que d'autres projets crapuleux du même ordre ont été commis par ce gang. Tout cela est néanmoins à mettre au conditionnel ).
..................................................................................................

Pour couronner le tout-médiatique, dimanche 26 février, Marc-Olivier Fogiel s'entretiendra, en direct et en plateau, avec la mère d'Ilan Halimi.

........................................................................................................

Et on attend avec impatience les caricatures de la bible "religiosophobe" du mercredi

........................................................................................................

A lire : « Evitons l'emballement », par Esther Benbassa
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-744827@51-736249,0.html
........................................................................................................

Une enquête qui commence à peine (pour le moment, l’explication par l’antisémitisme est étayée par les propos prêtés aux membres déjà interpellés du gang de Youssouf Fofana) suffirait -elle à se forger une intime conviction?

Le pire, c’est que ce n’est pas l’homme de la rue qui s’exprime mais des gens qui sont censés être garants de la République et de ses lois.

Indécent.

Le calvaire de ce jeune homme, atrocement torturé par une bande de voyous immondes, exploité lâchement par toute la classe politique qui veut se refaire une virginité à bon compte. Et détourner la population des vrais problèmes en divisant la société française. Ces gens-là n’ont aucune légitimité dans une société laïque.

Comment ces dirigeants et ceux qui prétendent être aptes à accéder au pouvoir peuvent-ils cautionner, voire orchestrer, ce cirque émotionnel sans recul, sans éléments valides, en s’appuyant sur les déclarations tronquées de coupables présumés, jetées aux lions au mépris du secret de l’instruction (rappelons que le chef de la bande venait à peine d’être appréhendé) ?

Non seulement, cela ne rassure toujours pas sur la façon dont est traitée la justice en France mais cette attitude volontairement discriminatoire ne peut que servir à pérenniser les haines inter-ethniques ou culturelles.

Parallèlement, les mêmes qui affichent cette « indignation contre des faits « racistes » ne cessent de jeter l’opprobre sur les « musulmans » (= Arabes et Noirs), les habitants des quartiers (complices, de la « racaille »), s’assoient sur le secret de l’instruction, sur la « sérénité » de la Justice pour forger l’opinion publique, attiser les animosités et les haines en pratiquant des amalgames odieux.

N’est ce pas vouloir imposer le communautarisme que de confiner les diverses composantes de la société française dans des ghettos ethnico-religieux ?

Et n’est-ce pas chercher à mettre fin à la République Laïque et indivisible que de remettre sans cesse le débat sur le terrain de la religion (« islamophobie », « anti-sémitisme », « musulmans », « communauté juive », etc.)?

Et pendant ce temps, on ne parle pas du CNE, des incompétences évidentes et des exactions du gouvernement dans tous les domaines, de son incurie en matière de santé publique, du chômage chronique dans les quartiers pauvres et abandonnés, de la discrimination à l’embauche, de la répression, des bavures policières, j’en passe.

Cet emballement des politiques et des médias a pourtant eu des précédents regrettables très récemment. Mais RIEN ne les arrête. C’est terrifiant.

Voir, entre autres :
Indignation après l'incendie d'un foyer social juif

http://www.radiofranceinternationale.fr/actufr/articles/056/article_30008.asp

Incendie du centre juif: l'employé inculpé
http://www.lalibrebelgique.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=181901

Incendie du centre social juif de la rue Popincourt, à Paris : CRIF, medias et gouvernement pris une fois de plus la main dans le sac
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=1747



Extrait :

« Malgré l’accumulation hallucinante de fausses affaires antisémites (« fausses », façon de parler dans le dernier cas, car l’auteur de l’incendie de la rue Popincourt a bien maculé les murs du centre d’inscriptions du type « Hitler avait raison », et « Mort aux Juifs », et on verra bien maintenant si Raffarin est capable de répéter qu’il encourt 20 ans de prison), la classe politique et les médias ont géré le fait divers sans la moindre prudence, une fois de plus ».

La fausse agression du RER D : un journalisme de meute ?
http://www.acrimed.org/article1707.html

A QUI PROFITE LE CRIME ?

La plupart de ces gens comptent se retrouver dimanche 25 février à la manifestation parisienne organisée pour dénoncer le racisme et l'antisémitisme.

En meeting à Lyon ce jeudi, Nicolas Sarkozy compte participer à ce rassemblement.

.......................................................................................................

MAIS, QUE FAIT LE MINISTRE DE L’INTERIEUR A UNE MANIFESTATION ANTIRACISTE,
lui qui ne manque pas une occasion d'incriminer les habitants des quartiers, les Arabes, les Noirs, les musulmans, les immigrés, les sans-papiers et autres minorités en France ?

Lui qui a aussitôt annoncé mardi 21 février qu’on avait trouvé des documents pro-palestiniens et islamistes lors des perquisitions?

Or, ces documents découverts sont des documents de soutien au Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) ainsi que des prescriptions de caractère salafiste. Organisation non gouvernementale française, le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) est accusée par Israël de soutenir le terrorisme.

Pourquoi s’être précipité à révéler cela (alors qu’aucun lien de cause à effet n’a même pas été établi)?

Ces déclarations ne sont pas innocentes : elles sont bien destinées à semer le trouble alors que l’enquête à ce stade aurait nécessité discrétion et prudence.

Si on avait affaire à un individu respectueux des droits et soucieux de déontologie, évidemment.

Et si cet individu avait voulu ménager les personnes déjà terriblement affectées par la fin épouvantable d’Ilan.

Mais il y a plus fort que la loi et l’éthique: la volonté de jouer les shérifs. Et peu importent les conséquences dramatiques de ces agissements malhonnêtes.

C’est ce qu’on a déjà vu, hélas, encore récemment, lors de la mort de Ziad et de Bouna à Clichy.

Lire: les dérapages de Villepin et Sarkozy
Ni «cambriolage» ni «dégradation».
Les propos hâtifs des politiques ont envenimé la situation
http://www.liberation.fr/page.php?Article=334988

La politique sarkozo-UMPiste : diviser le pays en communautés ethnico-religieuses pour mieux les dresser les unes contre les autres.

Immigration: Sarkozy abat la carte de séjour
http://www.liberation.fr/page.php?Article=348764

Le gouvernement vers une immigration "choisie"
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=2471

Le 13 février 2006, le ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, s’exprimant sur la radio RMC-Info, quelques minutes avant que l’Observatoire national de la délinquance ne délivre son rapport, s’est déclaré favorable à la création d’un fichier national révélant les origines ethniques des délinquants. Par cette déclaration, le ministre légitime implicitement l’explication des comportements asociaux par l’origine ethnique, une des théories à la source de la doctrine de la « Tolérance zéro » 1, appliquée à New York par le maire républicain Rudolph Giuliani, à laquelle M. Sarkozy fait souvent référence. Comme souvent quand M. Sarkozy fait des annonces spectaculaires, le terrain médiatique avait été savamment préparé à l’avance 2 afin de donner le maximum d’impact et de retentissement à la déclaration. Ainsi, le ministre de l’Intérieur avait lancé un premier ballon d’essai en évoquant, le 24 janvier 2006, le « phénomène très préoccupant » de « bandes constituées sur des critères ethniques avec une violence endémique » lors d’un discours prononcé à l’occasion des vœux du syndicat policier Alliance. Ensuite, l’émission à laquelle il participait bénéficia de publicités dans la presse les jours précédents, donnant un caractère exceptionnel à ce qui n’était, a priori, qu’une intervention de plus du très médiatique ministre. Enfin, et surtout, la problématique développée par Nicolas Sarkozy sur le besoin de connaître les origines ethniques des délinquants avait été mise à l’honneur par les hebdomadaires français Le Point et L’Express, les semaines précédentes. Dans son édition du 2 février 2006, Le Point avait réalisé un dossier spécial sur les violences qui avaient secoué certaines banlieues populaires en France en novembre 2005 3. L’hebdomadaire avait largement relayé la vision d’émeutes ethniques ou de violences liées aux origines, thème récurrent pour ce journal. La semaine suivante, L’Express consacra un dossier spécial à la délinquance 4 dont une large part était consacrée à l’origine des délinquants 5. Marginalisant complètement la dimension sociale de la délinquance, l’hebdomadaire préférait se fonder sur les déclarations de policiers anonymes pour classer les délinquances en fonction des origines et créer des associations entre type de crime et origines. Ainsi, on peut lire dans ce dossier que si les Français noirs sont avant tout violents, les Français arabes travaillent davantage en bande et sont liés au trafic de drogue. Alors que L’Express, ne faisait que reprendre les stéréotypes racistes malheureusement courants dans la société française, il estimait que le sujet est un « tabou » qu’il conviendrait de briser, expression martelée aussi bien dans l’article que dans l’éditorial introductif du dossier. Il ne peut donc que se réjouir que ce « tabou » soit brisé par Nicolas Sarkozy au nom de la « transparence ».

Rappelons qu’un des principes fondamentaux de la République laïque est de considérer chaque homme comme libre et égal en droits quelle que soit son origine, ce qui implique que l’État s’interdise de connaître les origines ethniques des individus, y compris des délinquants.

http://www.voltairenet.org/article135718.html

Pour ne pas être en reste :

Les différentes composantes du Conseil Français du Culte Musulman ont initié une pétition contre «l'islamophobie » Supposées concurrentes, les principales composantes du CFCM (UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), GMP (Institut Musulman de la Grande Mosquée de Paris), FNMF (Fédération Nationale des Musulmans de France), CCMTF (Comité de Coordination des Musulmans turcs de France)) ont initié, à la suite de l'affaire des caricatures du prophète des musulmans Mahomet, une pétition "afin que soient prises les dispositions législatives nécessaires, empêchant l'islamophobie, l'insulte et la diffamation sur Dieu et ses prophètes".

Ben oui, y a pas de raison que les autres ne rappliquent pas avec leurs revendications communautaires : après tant de dévotion venant de si haut, on pourrait donner encore quelques coups de canif dans la loi sur la laïcité, question de faire un grand trou béant une bonne fois pour toutes…
Et ces malheureux bouddhistes, scientologues, hindous, que sais-je encore, ils n’ont rien à revendiquer aussi ? allez-y, c’est le moment. C’est tournée générale !

Et le Péhesse dans tout ça?

Là encore, on ne peut pas compter sur les PS-ouistes pour agir autrement qu’en singeant les UMPistes. Ils défendront la République laïque la main sur le cœur le moment venu. Aujourd’hui, c’est communion.
Avec pour enfants de choeur, "SOS racisme" et "ni P ni S".
Ca les promènera.

Tout ce remue-ménage politico-religio-médiatique n'est-il pas destiné à stigmatiser et isoler tout un pan de la société française, ces "fils et filles de la République"?

Il ne peut pas servir, c'est sûr, la cause anti-raciste et encore moins anti-sémite.
Au contraire. Il vise, de toute évidence, à exacerber les rancoeurs et les haines qui, sinon, n'auraient pas lieu d'être dans notre pays.

Mais cela, le péhesse est soit incapable de le comprendre, soit en phase avec le discours.

Dans les deux cas, peut-on lui faire confiance pour diriger le pays selon les principes d'Egalité, de Liberté et de Fraternité?

Moi, je dis non.

Qu'ils aillent se promener.