RAMIL AKZAMOV EXPULSE LE 24 DECEMBRE, VERSION SARKOZIENNE DU « PERE NOEL EST UNE ORDURE »

Ramil Akzamov, Kirghize de 28 ans, père de trois enfants dont deux scolarisés à Angers sera placé de force dans l’avion pour Bishkek (Kirghizstan) le 24 décembre à 12h50.

Venu en France pour fuir les persécutions dont est l’objet la minorité russophone à laquelle il appartient, il a été débouté de l’asile comme 85% des demandeurs en France aujourd’hui. Il a depuis lors fait appel, un journal kirghize ayant publié un avis de recherche le concernant. Les risques qu’il encourt sont donc très réels.

Sans laisser le temps à la Commission de recours d’examiner les éléments nouveaux qu’il présente, le préfet du Maine et Loire maintient sa décision d’expulsion avec la caution du ministre de l’Intérieur, au mépris le plus complet de la circulaire du 31 octobre. En effet, reprenant les déclarations largement médiatisées de M. Sarkozy, cette circulaire demandait aux préfets de suspendre « pour des raisons humanitaires » jusqu’à la fin de l’année scolaire la reconduite des parents d’enfants scolarisés. Or, Ramil Akzamov est père de trois enfants, tous nés en France, les deux aînés sont scolarisés à l’école Victor Hugo à Angers.

Survenant après la vingtaine de cas de jeunes majeurs scolarisés et de parents d’enfants scolarisés placés en rétention puis libérés (parfois après des semaines de rétention ou sauvés in extremis comme Yussuf Aksoy conduit jusque dans l’avion pour Istanbul) sur décision des tribunaux ou suite à l’intervention du RESF auprès du ministère, la tentative d’expulsion de Ramil Akzamov sera l’illustration du double langage du ministre : patelin côté jardin et télévisions, impitoyablement féroce côté arrière-cour.

C’est à se demander si le choix de la date du 24 décembre pour procéder à l’expulsion de ce père de famille relève de l’inconscience stupide ou du cynisme administratif borné.

Ce serait faire injure aux habitants de ce pays que de penser que de tels événements peuvent se produire sans qu’ils bronchent.

Demain, 24 décembre à 11 heures, un sénateur Vert de Paris, Jean Desessard et une conseillère générale du 93 (PCF), Nelly Rolland-Iribarri accompagneront les enseignants et les parents d’élèves du Réseau éducation sans frontières qui se rendront à l’aérogare (2D) pour marquer leur dégoût et leur indignation devant des faits qui constituent un véritable sabotage des valeurs de solidarité, de liberté et de générosité qu’ils s’efforcent d’inculquer à leurs élèves et à leurs enfants.

Dans le même temps à Angers, parents d’élèves et enseignants se rassembleront à 11 heures devant l’école Victor Hugo (26 rue Victor Hugo à Angers) pour soutenir Ramil, Kseniya, Raphaël, Raoul et Limar Akzamov plongés dans le malheur par la volonté de politiciens prêts à tout pour ramasser les voix du Front National.

23 décembre 2005

educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org



Extraits de l’interview du minus-tre de l’Intérieur dans Libération du vendredi 23 décembre 2005

Les mensonges et la perfidie du ministre :

« Pour les lycéens dont les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire »

(…)

Journaliste: Vous parlez de la pratique de l'amalgame par les extrêmes. Justement, beaucoup de gens ont eu l'impression que la réponse du gouvernement à la crise des banlieues s'est faite sur la stigmatisation des étrangers. Durcissement des règles du regroupement familial, des mariages mixtes, du droit d'asile, dénonciation de la polygamie.

Cela ne relève-t-il pas aussi de l'amalgame ?

NS: Ce dont vous parlez, ce sont des déclarations qui, en ce qui me concerne, ont été faites bien avant les événements de banlieue. En aucun cas après. Je n'ai par ailleurs jamais parlé de la polygamie dans le cadre de ces événements. Je ne suis pas de ceux qui font le moindre amalgame entre les étrangers et les émeutes. Sur la question de l'expulsion des étrangers pris en flagrant délit de violences urbaines, ce n'est pas moi qui ai inventé la loi qui le permet. Et mon devoir c'est d'appliquer la loi.

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a déclaré le 10 novembre sur France 2 qu'« il y a plus de problèmes pour un enfant d'un immigré d'Afrique noire ou d'Afrique du Nord que pour un fils de Suédois, de Danois ou de Hongrois. Parce que la culture, parce que la __polygamie__, parce que les origines sociales font qu'il a plus de difficultés».
C’était avant les événements de banlieue, ça ? Rappelons que les ados de Clichy ont été électrocutés le 27 octobre, l’état d’urgence décrété le 8 novembre.

Et plus loin :

On a le droit de dire que la polygamie est interdite en France sans stigmatiser les étrangers. Votre comportement est un comportement d'ayatollah. (…) On ne peut plus rien dire dans notre pays sans qu'immédiatement on soit accusé d'arrière-pensées nauséabondes.(…). En interdisant aux républicains de parler librement, vous faites en vérité le lit du Front national.

(…) Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail, du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends. Elles sont celles de tous les Français.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=347064

Sarkozy : discours raciste, politique meurtrière:

http://infos.samizdat.net/article375.html

Et dans le Monde du 29.11.05

Le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, s'est présenté, mardi 29 novembre au Sénat, comme le pilote de la politique d'immigration du gouvernement. "La France ne veut plus de ceux dont on ne veut nulle part ailleurs dans le monde." M. Sarkozy a dévoilé la philosophie générale du projet de loi qu'il compte déposer au Parlement début 2006 : "maîtriser l'immigration subie pour développer une immigration choisie".

Il a fixé un objectif de 25 000 expulsions du territoire d'étrangers en situation irrégulière en 2006 :"Le nombre des mesures d'éloignement d'étrangers en situation irrégulière exécutées a fortement augmenté: 12 000 en 2003, 15 000 en 2004, nous dépasserons 20 000 en 2005, sachant qu'un objectif de 25 000 sera fixé en 2006." Le ministre a ajouté être "engagé dans une politique de reconduites systématiques". En septembre, Nicolas Sarkozy avait déjà demandé au préfet d'expulser 23 000 clandestins en 2005. Le ministre de l'intérieur a expliqué qu'il voulait éviter que la scolarisation des enfants ne devienne une "nouvelle filière" d'immigration illégale et a donc justifié l'expulsion de familles d'immigrants clandestins avec des enfants scolarisés en France, qui sera possible à la fin de l'année scolaire. (…)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-715769@51-714029,0.html

Donc, il s’agit de faire du chiffre, pas du sentiment. Parallèlement, le gouvernement prône l’immigration choisie ». On leur renvoie leurs pauvres et on leur pique leurs cerveaux.

Il n’est pas exclu que les donneurs d’ordre dans cette affaire se retrouvent à faire des génuflexions et à réciter des pater noster dans une église le soir même. S'ils se confessent, qu’ils n’oublient pas la liste, surtout !.

Je leur offre ceci:

http://www.cyberhymnal.org/non/fr/voicnoel.htm



Dernière minute: finalement, Ramil n'a pas été expulsé aujourd'hui. Lire le communiqué ci-dessous:

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=21759

Evidemment, il ne s'agit peut-être que d'un sursis. Et si ce n'est lui, d'autres suivront encore. Hélas. Restons en éveil.

Bravo à tous ceux qui se sont mobilisés au pied levé à une période où les occupations ne manquent pas.