Ne me raconte plus d’histoires …
Par emcee le jeudi 22 décembre 2005, 21:48 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
… de Noël : elles sont trop tristes.

Vivre dans la rue à 16 ans: l'inexorable errance de Manu
PARIS (AFP) - 22/12/2005 15h17 - Quatre "murs" de carton dressés sur un trottoir parisien pour se protéger des regards et du froid. Enfant de la Dass, Manu, 16 ans, vit depuis six mois dans la rue. Comme des milliers de jeunes en errance, il passera Noël dehors avec son "seul ami", son chien Hector.
L'adolescent émergeant des cartons sur un trottoir du 3ème arrondissement de Paris, a des yeux bleus d'enfant noyés dans un visage rougi, marqué par les épreuves et un mode de vie "qui fait vieillir très vite".
"Je zone depuis des mois", avoue-t-il en grelottant. "Je m'enfonce, j'ai de moins en moins la pêche chaque jour pour aller chercher à manger, trouver des couvertures, mendier mais je n'irai pas en foyer, plus jamais", dit-il avec force. "Je préfère crever sur place et puis en plus ils n'acceptent pas les chiens".
Manu montre tout ce qui lui reste: un sac de 10 kilos, une photo d'une "ex", des couvertures et son chien, un petit berger allemand, qui le "réchauffe la nuit".
Il raconte au fil des phrases une vie décousue dont les seuls fils conducteurs sont la souffrance et l'abandon. Victime de maltraitances chez sa mère, dont il ne se souvient pas, il a été placé à la Dass (devenue Aide sociale à l'enfance, ASE) dans le Nord à l'âge de 3 ans. Sa mère n'a jamais donné signe de vie. Ses deux frères ainés non plus. Il est né de père inconnu.
"Je suis passé de familles d'accueil en foyers. J'étais mal à chaque fois, je voulais me barrer, quitter ces bouffons", murmure-t-il. "J'ai atterri dans des squats mais là, on me forçait à dealer, donc je suis allé dans la rue, pour être tranquille". Mauvais traitements, rupture familiale, échec scolaire, démêlés avec la justice pour de petits larcins : Manu a connu "le parcours classique de beaucoup de mineurs à la dérive qui deviennent SDF avant même d'être adultes", comme l'explique le sociologue Jacques Guillou.
Selon le ministère de la cohésion sociale, de 30.000 à 50.000 jeunes de 18 à 24 ans se trouvent en situation de très grande précarité ou d'errance. Certains chercheurs évoquent le chiffre de 100.000.
Un tiers des jeunes en errance serait des enfants de la Dass et la moitié n'aurait aucun diplôme, d'après plusieurs études.
"Quand ils approchent de la majorité, l'ASE évite de se mobiliser pour certains jeunes à la dérive, fugueurs récidivistes, en se contentant d'attendre qu'ils aient 18 ans, date à laquelle l'administration n'a plus à s'occuper de leur cas. De toutes façons, nous manquons de structures adaptées", relève une assistante sociale qui préfère garder l'anonymat.
En quelques mois, Manu a fait l'expérience de "l'univers impitoyable" de la rue: racket, menaces, coups. "On m'a volé mes chaussures la deuxième nuit", lâche-t-il.
Il passe ses journées dans des foyers de jour, où il peut se réchauffer, somnoler sur des chaises et demander de la nourriture pour lui et Hector. Il va aussi voir les médecins de ces centres pour ses crises d'épilepsie et de schizophrénie.
Le jeune homme mendie plusieurs heures par jour. La nuit, l'angoisse du lendemain le saisit tout autant que le froid. Et il frissonne parfois en croisant dans la rue de vieux clochards, incarnant pour lui "un avenir effrayant".
TV5 Infos
Quand un enfant est contraint de vivre dans la rue avec pour seule affection celle de son chien, on a du souci à se faire pour l’Humanité. Son crime : être venu au monde où il fallait pas et de n’avoir jamais eu personne pour lui tendre la main.
Quand des enfants se retrouvent fichés par la police, après que, en l’absence des adultes et sans mandat, leur appartement a été perquisitionné, des paquets de cigarettes éventrés on a du souci à se faire pour la démocratie. Leur crime: ils écoutaient du rap un peu fort dans l’après-midi et cela incommodait la police dans le commissariat voisin.
Voir sur ce site : http://emceebeulogue.tooblog.fr/?2005/12/21/60-facholand
Quand des enfants sont enlevés des écoles pour être jetés dans des camps de rétention, on a du souci à se faire pour les Droits de l’Homme. Leur crime : avoir des parents étrangers, venus de loin chercher un peu de réconfort dans ce pays de « Liberté, d’Egalité, de Fraternité ».
http://www.educationsansfrontieres.org/
Quand des enfants se retrouvent dans la précarité parce que les entreprises où travaillent leurs parents ferment ou soldent le travail du jour au lendemain pour réaliser toujours plus de profits, on a du souci à se faire pour l’avenir de la Planète.
Quand des ados sont amenés à franchir un mur de X mètres pour se réfugier dans un transfo EDF par peur de la police, on a du souci à se faire pour la République.
Pendant ce temps, à la télé, des pantins viennent mimer la joie et le bonheur des « fêtes » en nous exhortant à consommer plus pour perpétuer le système.
Pendant ce temps, l’Intérieur-casquette UMP poursuit sa propagande infâme sur la « valeur du Travail ».
Voir ici le 12/14 JT de Normandie:
http://www.normandie.france3.fr/videojt/
Avec l'aval d'une majorité de la population.
Si c'est pas triste qu'une majorité de gens ici, en France, déclare être d'accord avec les propos et les méthodes des sarkogalouzistes!
Moi, de savoir cela, ça me rend presque aussi triste que de voir tous ces enfants qu'on rend malheureux par mépris et cynisme.
Parce que cela veut dire qu'il faudra encore plus d'enfants et d'adultes malheureux avant qu'on se rende tous compte de l'imposture du libéralisme.
JOYEUX NOËL

Et n’oubliez pas : rose pour les filles, bleu pour les garçons.
Je sais pas ce qui se passe mais je me trouve un peu déprime en ce moment
Ah, j'allais oublier: les enfants, si vous sortez faire un tour pour vous dégourdir les jambes à la tombée de la nuit, vous faites pas choper. Le Père Noël, cette année, il est en bleu et il porte des bottes et un casque.

NUL ne sera épargné par la police
On peut être allé tranquillement dîner avec des amis, on peut être d'un certain âge et même pas de la "graine de violence", si la police vous chope... Mèfi! Et ils sortent couverts. Par le ministre lui-même, qui se garde de sanctionner les violences policières. Sans doute que cela le fait jouir, le soir quand il rentre chez lui et qu'il monte sur le tabouret pour regarder sa face chafouine dans le miroir.
Nous sommes dans un Etat de droite. Dure, musclée, arbitraire, sanguinaire.
Voir l'article dans l'Huma:
http://www.humanite.fr/journal/2005-12-23/2005-12-23-820501
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