La ville de Rouen a été samedi 17 décembre dans l'après-midi, pendant trois heures, le théâtre d'affrontements entre des chasseurs et les forces de l'ordre. Le calme est revenu vers 19h après de violents incidents.

Des voitures ont été cassées, des feux tricolores renversés, des lampadaires arrachés, et des oeufs, des bouteilles et des bombes de peinture ont été lancées contre la préfecture de Seine-Maritime. Des vitres du bâtiment, touchées par des projectiles, ont volé en éclat, selon un témoin.

L’appel à la manifestation était lancé par un groupement de chasseurs en colère du Grand Ouest, qui réclamait l'abrogation de l'arrêté du 24octobre dernier leur interdisant de chasser avec des appelants vivants. Près de 3.000 chasseurs, selon les organisateurs, 2.000, selon la police, étaient réunis devant la préfecture de Seine-Maritime.

Vers 15h, le préfet de la région Haute-Normandie a reçu les représentants des différentes fédérations de quatre départements normands (Seine-Maritime, Eure, Manche, Calvados).

"Le préfet a compris ce qui se passait, et le message est passé ».

Il nous a affirmé qu'il allait transmettre nos revendications auprès du ministère", a assuré à la sortie de la réunion Didier Vergy, président de la fédération du Calvados de Chasse, Pêche, Nature et Tradition (CPNT).

Mécontents des négociations, les chasseurs les plus virulents ont commencé à charger les forces de l'ordre qui ont aussitôt riposté en envoyant des grenades lacrymogènes. Pendant trois heures, chasseurs et manifestants se sont violemment opposés.

Les représentants des différentes fédérations ont aussitôt condamné les violences. Les chasseurs ont confié "ne pas vouloir en rester là". Ils se disent prêts à durcir le mouvement si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

Les CRS ont eu des difficultés à les disperser. Le calme est revenu peu à peu vers 19h.

( NOUVELOBS.COM | 18.12.05 | 16:50 et AP.).

Tirez pas sur la chasse.

Je n’ai pas entendu si à la suite de ces violences urbaines il y avait eu des arrestations et des menaces de renvoi à la frontière pour les émeutiers en situation irrégulière. On ne sait pas non plus si des sanctions seront prises pour ces voyous qui se sont attaqués aux biens de malheureux travailleurs, à des symboles de l’Etat et à la Police de la République. Le couvre-feu sera-t-il appliqué?
C'est très flou. La presse est restée étonnamment peu prolixe sur les faits, sans doute pour ne pas entraîner un effet boule de neige comme on l’a vu pour des événements précédents où s’est développée une surenchère stupide de la prise de trophées, au grand dam du gouvernement débordé. Ou alors, je ne comprends pas.

Enfin, si, je comprends : il n’y avait rien à redire dans ce cas précis parce que les chasseurs en colère exprimaient un ras le bol bien légitime. Et qu’ils cherchaient seulement à défendre des droits fondamentaux et vitaux et à manifester leur colère devant la dégradation de leurs conditions, la surdité du gouvernement et son mépris pour les grandes causes et leur résolution. Alors, ils se sont un tout petit peu énervés. Pas grave. Au moins, cela permettait aux CRS de se dégourdir un peu les jambes après quelques semaines d’inaction. Sinon, ils se rouillent trop. D’ailleurs, ça s’est vu : pendant les «émeutes des banlieues », combien ont été arrêtés ? Des centaines. Et là ? Pas un seul. En peu de temps, on leur a plombé les ailes, aux poulets. C'est pour ça qu'ils rouillent, sans doute.

Lundi matin 19 décembre, sur France Inter, l’Intérieur n’en a pas soufflé mot, de cette histoire (et on ne pouvait pas compter sur Paoli pour le guingasser sur le sujet).

L’Intérieur, lui, était encore tout retourné par ce voyou qui a aspergé une personne handicapée d’essence et qui y a mis le feu. Cette histoire, ça a dû le contrarier, il n’arrête pas d’en parler ; on ne sait pas ce qu’il est advenu in fine de cette infortunée personne mais là n’est pas le propos du ministre. Elle doit être morte dans d’atroces souffrances, probablement, pour qu’il manifeste autant d’affliction et de compassion. Après tout, il la connaissait pas, non?

Et aussi il a évoqué ce monstre qui a poignardé sa prof. Il a expliqué qu’on n’en serait pas là si on avait agi à temps, dès la maternelle (pourquoi si tard ? on ne peut pas créer des structures dans les crèches ?).

Pour lui, c’était de la plus haute importance. A la fin on comprend bien ce que c'est que la « banlieue » : des vauriens qui agressent sauvagement des individus parce qu’on ne les a pas assez punis quand ils étaient petits. Y a pas à chercher plus loin.
Tout le reste est donc littérature ou affabulation. Tout devient si simple quand c’est un ministre de ce gouvernement qui explique!

Alors, comme c’est un homme sensible, on n’a peut-être pas voulu lui encombrer les neurones avec des petits riens très anodins, des comportements de potaches.

D’ailleurs, que viendrait faire au milieu de tant de barbarie cette affaire de braves chasseurs animés par une juste colère qui se sont amusés à bombarder amicalement la police avec des petits cailloux de rien du tout et à lancer d’amusants projectiles divers et variés ou à égratigner tout ce qui ne bougeait pas aussi ? Ils ont pas tiré avec leurs fusils, hein ? Alors, où est le problème ? Pas la peine de mobiliser l’énergie d’un ministre pour si peu. Il a tant à faire par ailleurs. Avec de vrais délinquants: les voyous, comme il dit.

Sur France-Intérieur, le petit ministre a aussi parlé de ces gens honnêtes qui se lèvent le matin pour aller travailler alors que d’autres vivent de l’assistanat (parce qu’ils le veulent bien, évidemment, et que c’est top confort). Et il a dit que c’était pas juste, que la France sombrait. Si, si : il a dit : « La France sombre » (peut-être même aussi à cause de ces « travailleurs » privilégiés et de leurs revendications cyniques). Il a raison, le ministre : tous ces gens qui profitent de l’Etat pour s’enrichir personnellement, c’est scandaleux.
Il y a quand même un truc que je ne saisis pas bien, oh, juste un détail : cela fait plus de trois ans et demi (eh, oui, c’est long !) qu’il fait partie du gouvernement, trois ans et demi qu’il change tout en France pour que ça aille mieux et la France, au lieu de relever la tête, elle pique de plus en plus du nez ? Il y a un mystère à éclaircir ici, même si loin de moi l’idée d’émettre un quelconque jugement à l’encontre de ce gouvernement qui se donne bien du mal.

Bon, j’en étais où … Ah oui : après, il a expliqué qu’il n’y avait pas besoin de logements sociaux parce que les gens en fait aspiraient à devenir propriétaires. Et puis aussi, s’il y avait pas de logements sociaux c’est que les gens quand, finalement, ils s’y installaient, ils ne voulaient plus céder la place aux autres. Il a dit « quand on a un HLM, on le garde ».

Tous ces gens qui sont accrochés à leurs barres et leur petit confort mesquin, si c’est pas une honte ! Ils s’incrustent et refusent de renvoyer l’ascenseur à d’autres.. Bon d’accord, il est souvent en panne l’ascenseur, mais est-ce une raison pour le monopoliser ? Et pendant ce temps, y en a qui attendent. C’est aussi simple que ça. Comme il dit ; on a mis des logements sociaux et des barres partout dans la banlieue-est de Paris, on va pas maintenant en construire partout à l’ouest. Ben oui, ce serait moche, tous ces pauvres avec leur linge aux fenêtres, leur parabole et les vélos volés sur les balcons.__

Et à Neuilly, quelle est la situation ? a demandé, sournois, le Paoli. Apparemment, tout est en règle. Tout va bien. Pas une seule infraction à l’horizon.

En revanche, il ne nous a toujours pas dit comment cela se fait que ces trois gamins ... euh ... voyous se sont retrouvés stupidement dans un transformateur EDF (cela dit en passant, ils sont plus à nous, ces trucs-là et si deux d’entre eux n’étaient pas morts, ils auraient pu être accusés à juste titre de violation de propriété privée. Ah, y a de la chance que pour la canaille !). Mais en ce moment, il est fâché avec les RG, alors on comprend qu’il n’ait pas voulu s’abaisser à leur demander des comptes. Va savoir ce qu’ils auraient encore inventé pour se rendre intéressants !

Finalement, le ministre a bien répété plusieurs fois que les gens en ont marre : ils veulent plus vivre dans la peur d’être agressés à tout moment par leur voisin de palier, un feignant et un profiteur. Donc, lui, il va régler tout ça vite fait et tout le monde sera enfin heureux.

Heureux, comme au pays de Candy.






Note au lecteur occasionnel qui s'égare parfois sur ce blog:

Les illustrations de mes billets ne comporteront pas de photos de personnes déjà bien trop médiatisées dans la presse traditionnelle.

Les noms de certains personnages seront également occultés, si possible.

D'autre part, s'il m'est arrivé d'appeler l'Intérieur "le Nain", je ne le ferai plus. Ce serait très désobligeant pour Thierry Lenain dont j'ai découvert le blog récemment (voir lien page d'accueil) et qui n'a pas à pâtir (de même que ceux qui ne sont pas très grands) des sobriquets dont on affuble parfois méchamment, trop souvent gratuitement, les gens de petite taille.

Sharko fait sa pub: cliquez sur le 12/14 JT de Normandie

http://www.normandie.france3.fr/vid...