Le gouvernement a des solutions pour les banlieues : répression pour tous et apprentissage dès quatorze ans pour les élèves en difficulté.
Par emcee le dimanche 13 novembre 2005, 21:05 - Banlieues, quartiers chauds: "embrasons-nous, folles villes" - Lien permanent
Le gouvernement attise la haine, entretient les préjugés et ne sait répondre que par la violence, la discrimination et le mépris aux populations qu’il a largement contribué à paupériser et réduire au chômage ou à la précarité.
On se sent vraiment en sécurité avec ces pyromanes qui prétendent diriger le pays.

Voici un florilège de déclarations :
VILLEPIN DEGAINE LE COUVRE-FEU
Invité hier soir sur TF1, Dominique de Villepin a tapé un grand coup en annonçant l'exhumation d'une loi de 1955 permettant aux préfets d'organiser des couvre-feux «si nécessaire». Le signal se veut clair : l'exécutif «est prêt à prendre toutes les dispositions pour que le calme revienne» dans les banlieues ….
Concernant la mosquée de Clichy-sous-Bois, il a soutenu qu'à «aucun moment elle n'avait été visée» par les tirs de gaz lacrymogènes. «Les violences sont inacceptables, inexcusables. Je pense à tous les Français qui sont choqués, qui aspirent à la tranquillité, à la sérénité», a-t-il ajouté avant d'en appeler à la «responsabilité des parents».
Après avoir rendu hommage «aux forces de l'ordre qui agissent avec maîtrise et professionnalisme».Interrogé sur les propos de son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait parlé de «racaille» et provoqué la colère de nombreux jeunes de banlieue, Villepin a reconnu que «tous les mots ont leur importance» et qu'il ne faut pas «stigmatiser», préférant dire pour sa part que «ceux qui détruisent sont des délinquants».
Mais il a surtout voulu insister sur l'«unité» de son équipe : «Nous travaillons dans un esprit de solidarité, d'estime et de confiance, les Français peuvent compter sur nous.»
Outre l'instauration possible de couvre-feux, Villepin a annoncé un renforcement du pouvoir des maires, une meilleure coordination des services de l'Etat, une hausse des contributions aux associations et l'apprentissage dès 14 ans pour les collégiens en grande difficulté.
par Vanessa SCHNEIDER ; Libération, mardi 08 novembre 2005 (extraits)
BORLO ET LA RECETTE-MIRACLE DU PATRON : L’APPRENTISSAGE A 14 ANS.
Pour Jean-Louis Borloo, "il faut accentuer, accélérer" les mesures d'intégration et lutter contre "l'immigration illégale".
Les jeunes des banlieues "se sentent dévalorisés par rapport à la société traditionnelle qu'ils côtoient", a-t-il dit.
Il faut donc trouver pour chacun d'eux, de leur famille un parcours personnalisé qui ne soit pas forcément le parcours traditionnel du Gaulois, avec une sur-valorisation du diplôme écrit, de ce type de culture".
"Ce n'est pas forcément faire des études de cinq années à la Fac dans un truc qui ne sert pas toujours", a-t-il estimé, plaidant pour la formule de l'apprentissage.
Yahoo, jeudi 10 novembre 2005 (extraits)
http://fr.news.yahoo.com/10112005/290/borloo-constate-l-echec-du-modele-d-integration-francais.html
Mon commentaire:
Ainsi, pour Borloo, apparemment, les jeunes de banlieue sont soit des immigrés (en situation irrégulière, si possible), soit une masse confuse, sans identité bien définie, en marge de la société « française » et qui nous regarderaient vivre comme les vaches regardent passer le train.
Des gens qui ne se sont pas intégrés à la société «traditionnelle » «gauloise » et qui, sans doute, ne le pourront jamais car elle leur est bien trop inaccessible. (NB : je n’invente rien, c’est ce qui transparaît dans les déclarations ci-dessus).
Alors, le bien-nommé ministre de l’ «Emploi, de la Cohésion sociale et de l’Intégration », si je ne m’abuse (et je ne le souhaite pas), propose pour eux des solutions bien adaptées à leur spécificité.
Et d’abord, un constat de Borloo: ces jeunes n’ont pas la même relation avec l’écrit que les Français - ce n’est pas dans leur «culture», de toute évidence, différente de la nôtre (même s’ils n’ont connu qu’un pays : la France et qu’une Ecole : celle de la République. Un détail).
Alors il est inutile de les encourager à faire des études qui ne vont leur servir à rien. La solution pour ces gens-là, c’est … l’APPRENTISSAGE.
__Dès 14 ans (ben oui, pourquoi attendre ? ils n’apprendront jamais rien à l’école, non ?), comme le prône le gouvernement, Galouzeau en tête de gondole Ah pour se gondoler...!_.
Si c’est pas du cynisme, de la discrimination et de l’ostracisme, ça !
Premièrement, Borloo, pense-t-il que les « jeunes de banlieue » sont une entité confuse, avec des comportements spécifiques, complètement différents de ceux de supposés "autochtones", et des ambitions démesurées pour des capacités moindres
Quelqu’un peut-il se dévouer pour dire à M. Borloo que ces jeunes sont en majorité français (depuis des générations, parfois), nés et élevés en France?
Deuxièmement, le ministre ne renoncerait-il pas à la mission que devrait lui conférer son titre ronflant : favoriser l’ « intégration » et la « cohésion sociale » en offrant les mêmes chances pour tous ?
Décréter que pour les banlieues, la solution, c’est l’apprentissage, pas la fac, c’est refuser aux jeunes des quartiers défavorisés l’accès à l’Education et la culture (tout de même, dix ans de moins sur les bancs de l’école, cela fait un sacré fossé culturel!), et c’est choisir de leur barrer la route définitivement à une quelconque promotion sociale.
Pauvre tu es et pauvre tu resteras. C’est ton destin, tu le sais pas, pauvre con?
En effet, le gouvernement, cherchant sans doute à se décharger des frais d’éducation des enfants des pauvres compte les envoyer « apprendre un métier », auprès de patrons plus ou moins aptes à enseigner et plus ou moins compétents dans leur spécialité. Et cela, dès l’âge de 14 ans.
C’est ainsi que le gouvernement et tous les autres néo-cons chantent à l’unisson les louanges de l’apprentissage. Le credo, c’est « ben, oui, il y a des tas d’enfants qui ne souhaitent pas poursuivre des études, alors pourquoi les laisser s’ennuyer si longtemps sur les bancs de l’école ? ».
C’est vrai, ça, si l’école, c’est si ennuyeux, il vaut mieux que les enfants n’y aillent pas ! C’est une mesure humanitaire, en quelque sorte.
Hélas, trop d’adultes – dont les profs - pensent que l'apprentissage, c’est une très bonne idée.
Il vaut bien mieux que les enfants passent leurs journées à balayer les ateliers, monter ou descendre la caisse à outils, soulever des parpaings, ranger les boîtes de pois chiches sur les étagères ou autre joyeuseté que leur demandera de faire le patron. Tout cela, pratiquement gratuitement. Du travail d’esclave, quoi.
Et rares seront sans doute ceux qui y apprendront véritablement un métier – a fortiori le métier qu’ils se seraient choisi.
D’autre part, sera-t-il facile dans les banlieues de se trouver un patron ? Avec tout le chômage, avec toutes ces entreprises qui fuient les banlieues, voire la France, restera-t-il quelques patrons pour prendre des apprentis ? Hein ? Et combien à la fois pour répondre à la demande?
Ensuite, je pose la question : et s’il n’y a plus de patron en banlieue, il va aller où le jeune qui veut vraiment apprendre un métier ? Comment va-t-il se déplacer ou se loger? avec quels sous?
Et s’il trouve un patron et qu’au bout d’un certain temps, le patron se lasse et le renvoie, on va le mettre où, ce jeune qui aura raté plein de cours ? Dehors ? à la rue ? Ne me dites rien : à la rue ? c’est ça ?
Donc, si je comprends bien les jeunes de banlieue qui n’ont aucun avenir vont finir … dans la rue. Pourquoi, c’était pas déjà comme ça ?
Chapeau au gouvernement qui réussit une nouvelle fois à retomber sur ses pieds ultra-libéraux en offrant aux patrons une armée de réserve d’esclaves tout en laissant croire que les mesures sont destinées à améliorer le sort de la France d’en bas!
C’est un vrai métier, ça. Ca s’apprend à l’ENA?
Quant aux journalistes, pas curieux par nature, ils n’ont pas songé à tout cela, puisqu’ils n’ont même pas posé la question de savoir ce que contenait réellement cette mesure.
Tant que les journalistes des grands médias seront marié-e-s avec les ministres, on a peu de chances que soient posées les questions qui fâchent, si on ne veut pas être responsable de scène de ménage....
Et les "ménages", ces journalistes, ils connaissent
PENDANT CE TEMPS, BALKANY ..
Balkany et l'analyse politique. L’obscénité à l'état pur. Mais on ne peut rien dire : il y a tous ces crétins qui se sont empressés de le ré-élire dès qu’il est revenu sur la scène politique et malgré les casseroles qu’il traînait encore.
A voir absolument: http://infoblog.samizdat.net/page-2751.html
Génèse de la vidéo balkanienne:
http://permanent.nouvelobs.com/medias/20051117.OBS5561.html
Rappelons qui est Monsieur Balkany :
HLM des Hauts-de-Seine: Schuller condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, Balkany relaxé
CRETEIL (AP) - Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné mardi Didier Schuller à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et à une amende de 150.000 euros et relaxé Patrick Balkany, député-maire de Levallois-Perret.
Tous deux étaient poursuivis dans l'affaire dite des HLM des Hauts-de-Seine.
Quatre ans, dont un ferme, 150.000 euros et deux ans d'inéligibilité avaient été requis contre Didier Schuller, 58 ans, ancien directeur de l'Office HLM des Hauts-de-Seine de 1986 à 1995, jugé pour trafic d'influence, recel et complicité d'abus de biens sociaux.
Le parquet avait souhaité la relaxe de M. Balkany, 56 ans, poursuivi en sa qualité de président de l'Office HLM pour complicité de trafic d'influence.
"Je suis ravi pour Patrick Balkany que sa grande honnêteté ait été reconnue par la justice", a ironisé Didier Schuller.
M. Schuller était soupçonné d'avoir fait financer de façon occulte ses activités politiques à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) entre 1988 et 1994 par des entreprises de BTP en contrepartie de marchés publics de l'office HLM des Hauts-de-Seine.
Yahoo, mardi 18 octobre 2005 (extraits)
Et pour en savoir plus sur le passé du personnage:
http://www.denistouret.net/constit/Balkany.html
http://www.denistouret.net/constit/Balkany_Patrick.html
Balkany : Monsieur Propre...
… comme le champion toutes catégories de la relaxe:
JACQUES CHIRAC
En 1995, dans "La France pour tous", le candidat s'alarmait. "Pour l'heure, l'Etat s'efforce de maintenir l'ordre et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu'à quand?"
"La 'machine France' ne fonctionne plus pour tous les Français. Une fracture sociale se creuse. Du coup, les Français ne se reconnaissent plus dans leur propre image et leur générosité en souffre". L'aveu date aussi de 1995.
Et aujourd’hui , M’sieur le président ?
"L'exigence, c'est de répondre de manière forte et rapide aux problèmes indiscutables qui se posent à beaucoup d'habitants des quartiers déshérités dans l'environnement de nos villes", a estimé jeudi le chef de l'Etat.
A ses yeux, les remèdes existent depuis trois ans, avec le lancement des plans de cohésion sociale et de rénovation urbaine, le développement des zones franches. Leur mise en oeuvre, admet-il toutefois, ne va peut-être pas "assez vite".
Yahoo, jeudi 10 novembre 2005 (extraits)
Politique dans les quartiers :
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-11-10/2005-11-10-817624
http://www.lesechos.fr/info/rew_france/200065415.htm
Peut-on faire confiance à ces gens-là ?
Hélas, malgré les mensonges éhontés, les mesures iniques ou les mises en examen, non-lieux, relaxes, sondages favorables et ré-élections montrent qu’il vaut mieux être racaille des beaux quartiers que rebelle des banlieues.
Et maintenant, à tout saigneur ..., le Sarkozy dans le texte:

"Ce sont des voyous, des racailles, je persiste et je signe", a-t-il déclaré sur France 2 qui consacrait jeudi une émission spéciale, "A vous de juger", à la crise des banlieues.
Dans certaines cités, les habitants ont toujours "peur des bandes, des caïds", qui vivent notamment du "trafic de drogue et des voitures volées", a-t-il assuré.
Dans ces quartiers, "où la police fait le tour et ne rentre pas", le premier problème, c'est "le sentiment d'impunité". "Il y a 25 ou 30 ans, on ne faisait pas brûler la voiture de son voisin", a-t-il considéré.
"Il y a plus de problème pour un enfant d'un immigré d'Afrique noire ou d'Afrique du Nord que pour un fils de Suédois, de Danois ou de Hongrois. Parce que la culture, parce que la polygamie, parce que les origines sociales font qu'il a plus de difficultés", a dit Nicolas Sarkozy, qui est lui-même d'origine hongroise.
Nicolas Sarkozy, qui a demandé mercredi l'expulsion de tous les étrangers condamnés pour avoir participé aux violences de ces dernières semaines, a rappelé qu'être Français était une question de "droits" et de "devoirs".
"Si vous voulez avoir les droits des Français, vous devez en accepter les devoirs", a-t-il souligné. "Il faut arrêter de croire qu'on peut aider tout le monde, y compris ceux qui ne sont pas décidés à s'en sortir par eux-mêmes."
Quant aux critiques adressées par le footballeur Lilian Thuram, "énervé" par ces termes, il a déclaré que le footballeur, qui "gagne très bien sa vie", n'était pas "concerné" par cela et "n'habite plus dans ces quartiers" depuis longtemps.
Yahoo, jeudi 10 novembre 2005 (extraits)
http://fr.news.yahoo.com/10112005/290/nicolas-sarkozy-persiste-et-signe-contre-les-voyous.html
Ce que j'en dis:
On peut difficilement trouver plus odieux. Fourbe, méchant, mesquin, haineux, il n’a rien à faire à la tête de l’Etat. Comme ses congénères qui, s’ils sont plus policés (un comble !), ne valent rien non plus.
J’entends de plus en plus dire : « si ce n’est pas Sarkozy, alors ce sera le Pen », comme si Le Pen était le seul épouvantail en France.
Peut-on m’expliquer en quoi le nain est différent d’un le Pen ? Ses propos, dans un autre style, sont tout aussi insoutenables et il prouve par ses actes qu’il est prêt à toutes les bassesses, toutes les manipulations et tous les mensonges pour instiller la peur, pour stigmatiser et humilier les populations pauvres (de préférence noires ou issues d’Afrique du Nord) et s’attirer l’aval de populations prêtes à le croire par ignorance et par bêtise.
Allons-nous éternellement installer au pouvoir des menteurs, des usurpateurs et des imposteurs? Cela, sous prétexte que Le Méchant (vieux) Loup risque de se retrouver aux manettes ?
Pour moi, ce ne sera ni Le Pen, ni Sarkozy, ni Galouzeau, ni la clique socio-libérale.
Et j’espère que nous serons très nombreux.

Commentaires
Notre cher gouvernement et aussi beaucoup de français sont des racistes qui ne pensent qu'à leur pouvoir d'achat en gros la phylosophie de la Droite dans toute sa beauté. Dans quel monde vivont nous ?, quelle tristesse, la france pert son célèbre "Liberté Egalité Fraternité"