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Les banlieues « flambent » : Des jeunes de Clichy sous Bois dans le désarroi après la mort tragique de deux des leurs à cause d’une de ces rencontres quotidiennes avec la police de sarkozy, arrogante, répressive, inhumaine apprennent de la bouche du ministre*, relayé par les médias que leurs camarades étaient des voyous en cavale (donc, à la limite, c’était bien fait pour eux).

Les habitants du quartier entendent à la télévision qu’un lieu de culte musulman où s’étaient réunies des familles a été attaqué avec des bombes lacrymogènes appartenant à la police et que la seule explication donnée c’est qu’il y a doute sur les coupables, cela afin d’exonérer la police. Pas d’excuses, pas de compassion. Ce n’est pas le genre de la maison UMP & co.

Justement, quelles ont été les réactions des autorités de l’Etat ?

Le minus-tre de l’intérieur, toujours si prompt à courir sur les lieux afficher son indignation lors de profanations ou d’agressions – avérées ou non - quand il s’agit de culte judéo-chrétien n’a pas exprimé une seule phrase de compassion envers les victimes de l’agression de la mosquée.

Pas un mot de contrition non plus (ou à peine audible) du grand dadais censé être son chef, ni de l’autiste malentendant qui s’est installé sur le trône de la République et qui ne se déplace même plus pour s’adresser décemment à la nation.

Pas un mot de compassion non plus, d’ailleurs, n’avait été prononcé quand des familles entières ont été décimées, puis jetées à la rue par des incendies suspects ou sur ordre. L’explication donnée par les autorités de l’Etat (donc sarkozy, omniprésent, omni-parlant) était qu’il y avait des sans-papiers qui s’entassaient là dedans et que « c’était pas normal ». Ce qui n’était pas nettoyé au kärscher pouvait bien être purifié par le feu.

Le mépris, l’ostracisme et l’opprobre orchestrés au plus au niveau de l’Etat vis-à-vis des défavorisés ; des coupables tout désignés : les noirs et les « musulmans », éternels étrangers dans leur pays. Avec, en prime, des maires qui refusent de construire des logements sociaux sur leurs communes qui, approuvant des deux mains l’attitude du gouvernement, viennent donner des leçons de civisme et de « valeurs républicaines » dans les médias. Il n’y a pas de quoi être révolté ?

Face aux attentes des pauvres, des laissés pour compte, des déshérités (c’est bien le terme), que propose à ce jour le gouvernement ?

Couvre-feu pour les banlieues, répression, enfermement, double peine, expulsions du territoire, radiation de citoyens naturalisés.
Parallèlement, sont annoncées des mesures censées apporter les solutions : logements sociaux (peut-être) construits dans 15-20 ans, accès à la propriété (et donc suppression de logements sociaux existant), apprentissage à 14 ans au lieu de 16, création de 15 nouvelles zones franches où les compagnies seront exonérées d’impôts mais où elles seront libres de ne pas embaucher sur place, dons aux associations - que l’on chargerait ainsi du problème des banlieues, etc.

Autant dire : AUCUNE SOLUTION. QUE DES AGGRAVATIONS. Rentrez chez vous, sinon on vous tapera dessus et, au mieux, vous irez en prison, au pire vous serez renvoyés « chez vous » (où ça ? cela reste à voir), après avoir été déchus de la nationalité française, s’il le faut. Voilà la seule solution proposée.

C’est vraiment TRES grave, c’est proclamer que la République, désormais, ne souhaite plus garantir ni la Liberté ni l’Egalité des citoyens, ni les entendre, et qu’il y a des citoyens que l’Etat non seulement ne veut pas protéger mais qu’il met délibérément en marge de la République (négation du droit au logement, et donc, du droit à l’Education et au Travail, par ex.).

C’est le principe cynique du « Separate but equal », la loi sur la Ségrégation, initiée aux US en 1896 et qui a nécessité 70 années de luttes pour être complètement rayée de la Constitution américaine.

DEMANDER LA DEMISSION DE SARKOZY, C’EST LUI FAIRE TROP D’HONNEUR EN LUI ATTRIBUANT TOUT LE « MERITE » DE CETTE GABEGIE : ILS SONT TOUS RESPONSABLES, TOUS COUPABLES.

ET NOUS, QUE FERONS-NOUS QUAND (et l’heure est proche, si ce n’est déjà passée) la police (dont les chefs pourraient bien être élus comme aux US) sera remplacée en grande partie par des polices privées à la botte des élus locaux, du patronat et des riches pour protéger leurs biens ;

quand l’armée sera mobilisée pour frapper et réprimer son propre peuple ; quand les prisons – dont celles qui seront bientôt construites avec les deniers de l’Etat - seront privatisées (et donc remplies pour faire du chiffre) ;

quand les juges (élus, eux aussi) ne seront plus qu’à la solde des « élites » politiques et des entreprises ou biens privés ;

quand la sécu sera devenue si inabordable que les pauvres n’auront plus accès aux soins ;

quand les jeunes des quartiers pauvres seront enlevés de l’école pour être livrés à des patrons qui leur apprendront la soumission et l’esclavage à défaut de les instruire ;

quand les retraités seront contraints d’aller chercher dans les poubelles pour manger ou de reprendre du service jusqu’à la fin de leur vie en aidant à balayer les supermarchés ou à remplir les sacs des clients ;

quand les travailleurs seront obligés d’occuper plusieurs emplois pour pouvoir joindre les deux bouts ;

quand les chômeurs, les handicapés, les malades seront contraints de faire la manche ou de crever ;

quand les transports publics seront débités en tranches pour être vendus à des compagnies assoiffées de bénéfices et où on ne saura plus ni quand on part ni si on arrivera à destination et à quelle heure ;

quand les services publics (postes, hôpitaux, etc.) seront tous supprimés dans les endroits plus ou moins isolés et que seules les personnes motorisées, valides mais inactives y auront accès ;

quand les soins urgents ne seront plus prodigués qu’à ceux qui peuvent payer rubis sur l’ongle ?

J’affabule ? j’invente ? Bien sûr que non.
Cela existe déjà, bien ancré, aux Etats-Unis et ce gouvernement, s’il est réélu en 2007, s’empressera certainement de faire coller son nouveau «modèle français » à la réalité des US, celle de l’Europe leur semblant à l’évidence par trop veule et « droits de l’hommiste » (cf. l’escalade dans la répression ces derniers jours dans le plus pur style états-unien).

L’ « état d’Urgence » est déclaré ?

EN EFFET, IL Y A URGENCE !

Employés des services publics (et d’autres), nous avons chacun de notre côté lutté contre les attaques du gouvernement et pour préserver l’héritage qui nous a été laissé.
Mais un siècle de progrès social été laminé au pas de charge (malgré grandes grèves ou rassemblements massifs) - ou a été désorganisé puis démantelé subrepticement, par touches successives (Sécu, régime des retraites, Ecole, SNCM, Transports publics, Postes, EDF, GDF etc.). Et ce n’est qu’une étape. Les fossoyeurs n’ont pas encore fini leurs basses besognes.

Ce gouvernement est déterminé à tout passer au rouleau compresseur.

Thatcher-Major, en GB, ont laissé derrière eux un pays exsangue, des pauvres plus pauvres et culpabilisés, humiliés, des riches plus riches et triomphants, des syndicats affaiblis, des retraités miséreux, des enfants exclus de l’Ecole, des chômeurs sans revenus.
Derrière les ors de la City se dissimulent des milliers, des millions de travailleurs pauvres, d’enfants privés du minimum vital, de personnes âgées obligées de travailler encore et encore pour compléter une retraite indigente (rognée davantage encore avec les fonds de pension).

Allons-nous accepter cela en regardant à la télévision ces jeunes qui expriment leur révolte ?

Allons-nous décréter que cela ne nous concerne pas ?

Allons-nous baisser les bras juste pour signifier que nous ne sommes pas solidaires d’une « bande d’excités sans foi ni loi », comme on essaie de nous le faire croire ?

Allons-nous nous ranger tacitement du côté du gouvernement et de ses sbires?

Allons-nous ainsi cautionner sa politique de haine et de discrimination, simplement parce que nous sommes effrayés par la violence des réactions ?



Pourquoi alors avons-nous tant battu le pavé jusqu’à présent? par principe ? juste pour voir ? par habitude ? pour essayer, sans conviction, de faire plier le gouvernement ?

Les ennemis de la République ne sont pas ceux que l’on croit. Ces jeunes demandent à être reconnus comme des citoyens à part entière avec les mêmes droits pour tous. Leurs revendications, même imprécises, même brouillées sont les nôtres : Liberté, Egalité, Fraternité. C’est ce qu’on leur a rabâché à l’école. Peuvent-ils y croire ?

ALORS, LE MOINS QUE L’ON PUISSE FAIRE

C’EST SE MOBILISER

LE SAMEDI 19 NOVEMBRE :MANIFESTATION A PARIS POUR

SAUVER LES SERVICES PUBLICS,

POUR LA LIBERTE, L’EGALITE, LA FRATERNITE

POUR UNE FRANCE HUMAINE ET SOLIDAIRE

Agir, chacun à son niveau,

MAIS AGIR!

  • Note : [Pour information : En visite à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a déploré les "dramatiques" incidents et donné une première version des faits.

"Lors d'une tentative de cambriolage, lorsque les policiers sont arrivés, un certain nombre de jeunes sont partis en courant et apparemment trois jeunes qui n'étaient pas poursuivis par la police sont allés se cacher à l'intérieur d'un poste électrique et il semble que deux se soient électrocutés", a-t-il dit. "S'en est suivi une nuit d'émeute, je dirais une de plus", a ajouté le ministre Pour Nicolas Sarkozy, ces événements démontrent l'urgence d'équiper les véhicules de police de caméras.

"A la fin de l'année, la totalité des voitures de police sera équipée de caméras. Dans une affaire comme celle-là, s'il y avait eu une caméra, il y aurait un élément objectif qui permettrait de savoir", a-t-il estimé. vendredi 28 octobre 2005, 17h09

Source : http://fr.news.yahoo.com/28102005/290/nuit-d-emeute-a-clichy-sous-bois-apres-la-mort.html

Communiqué :

NON A L’ÉTAT D’EXCEPTION

Confronté à une révolte née de l’accumulation des inégalités et des discriminations dans les banlieues et les quartiers pauvres, le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape, d’une extrême gravité, dans l’escalade sécuritaire. Même en mai 1968, alors que la situation était bien plus dramatique, aucune loi d’exception n’avait été utilisée par les pouvoirs publics.
La proclamation de l’état d’urgence répond à une révolte dont les causes sont profondes et bien connues sur le seul terrain de la répression. Au-delà du message symbolique désastreux que nourrira la référence à la guerre d’Algérie, il ne s’agit pas seulement de « couvre-feu », ce qui est déjà de l’ordre d’une logique de guerre. En fait le gouvernement a sciemment menti. La loi du 3 avril 1955 autorise des interdictions de séjour pour « toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics », des assignations à résidence pour « toute personne ? dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », la fermeture des « lieux de réunion de toute nature » et l’interdiction des « réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre ».
Le gouvernement a même prévu des perquisitions de nuit. Il peut, en outre, faire « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature », et donner compétence aux juridictions militaires en concurrence avec les juges ordinaires.

Stopper les violences et rétablir les solidarités dans les banlieues est une nécessité. Cela implique-t-il de les soumettre à une législation d’exception héritée de la période coloniale ?
On sait où mène le cycle bien connu qui enchaîne provocations et répression, et quels résultats il permet d’obtenir. Les banlieues n’ont pas besoin d’état d’exception : elles ont besoin, désespérément, de justice, de respect et d’égalité.

Signataires :

Alternative Citoyenne, ATMF, CEDETIM, Comité des sans-logis, CRLDHT, Fédération syndicale unitaire, Ligue communiste révolutionnaire, Ligue des droits de l’Homme, MRAP, Parti communiste français, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, Union syndicale Solidaires, Les Verts