Après la catastrophique gestion de la crise en Louisiane, rendez vous à l'évidence: il faut sauver les services publics de la cupidité des libéraux
Par emcee le dimanche 11 septembre 2005, 22:51 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Piqué sur la toile: l'éditorial virulent de Jean-Luc Mélanchon contre les libéraux des deux côtés de l'Atlantique.
Edifiant. Lançons tous les signaux de détresse.

Manif pour les services publics à Gueret (ouèbe)
L'ETAT NE PEUT PAS TOUT ? MON PAUVRE !"
Jean-Luc Mélanchon
La Louisiane noyée par un cyclone et martyrisée par un Etat absent et une société d'injustice sociale sera le Tchernobyl du régime absurde qui gouverne les USA. Rien de tel qu'une catastrophe pour révéler ce que vaut un système. A la face du monde éclatent l'incurie, la bureaucratisation, l'inefficacité et l'égoïsme de la société libérale dans son centre le plus avancé.
Bon vent aux logisticiens de la Croix Rouge française qui vont aller enseigner aux sous-développés de la solidarité comment on s'occupe de ses semblables quand tout va mal ! Monsieur Bush a bien le bonjour des Français, citoyens d'un pays dévasté par une tempête catastrophique qui a réussi à rétablir le courant électrique et assisté le plus isolé des siens en moins de 48 heures !
Oui, la France, monsieur Bush, ce pays enfoncé dans la vieille Europe bureaucratique des acquis sociaux et des services publics !
Dorénavant les apologistes de la prétendue modernité sont renvoyés au spectacle consternant de 20000 personnes abandonnées dans un gymnase au milieu d'une ville où flottent les cadavres une semaine après la catastrophe. Dans le malheur, au paradis libéral, il n'existe aucun autre moyen d'action que de ramener des militaires. Sur place, personne ne sait rien faire d'utile et d'ailleurs ne se propose pour aider à quoi que ce soit. Les Etats-Unis d'Amérique peuvent déplacer en un jour des milliers de soldats pour envahir un pays situé à des milliers de kilomètres mais sont incapables de transporter leurs compatriotes en bus d'un endroit inondé à un endroit sec sur leur propre territoire. N'étaient les souffrances incroyables de tant de malheureux, on éclaterait de rire !
Mais en même temps cela fait froid dans le dos. Nous sommes nous-mêmes déjà tellement avancés dans l'importation de ce modèle ! L'Etat en France, colonne vertébrale de notre modèle de développement depuis trois siècles, a été tellement appauvri et désorganisé ! Que saurions nous faire si nous étions frappés à notre tour ? Sommes-nous si brillants à l'heure où flambent les gourbis ? Et quand tant de monde est à la rue sans toit, ou bien précarisé et paupérisé ?
Ce week-end, on aura entendu que le pire reste à venir. Sarkozy a chauffé la salle à l'UMP en promettant de nouvelles remises en cause de ce qui fonde notre ordre public social : impôts, code du travail et ainsi de suite. On devrait payer un voyage en Louisiane à tous ces excités. Mais que peut-on attendre d'un homme qui répond au problème des logements qui brûlent en proposant d'expulser les mal logés ?
Par contre, on pouvait attendre mieux de François Hollande que le petit credo social-libéral entonné à La Rochelle, "l'Etat ne peut pas tout et j'assume la formule" ou "la concurrence libre et non faussée, c'est bien utile parfois". A sa décharge : le cyclone n'était pas encore passé en Louisiane et le premier incendie de logement insalubre datait de la veille. Comment pouvait-il savoir que le problème de notre époque, ce n'est pas la trop grande présence de l'Etat ?
Pendant ce temps, France Soir explique : "François Hollande n'ira pas mourir au cimetière des éléphants (...) Mais si les jeux ne sont pas faits c'est moins grâce à François Hollande qu'à cause de ses adversaires". La Nouvelle République précise : "La majorité en ordre, les minorités divisées". France Soir (29/08) conclut : "Hollande l'a échappé belle". Deux jours de bidouillages à NPS et un aller retour d'Emmanuelli à Fouras ont suffi à planter le décor de ce très mauvais début de congrès pour les oppositions. Jean Christophe Cambadélis peut donc triompher : "Je vous le dis off, ils ont raté leur rentrée. Montebourg et Peillon sont divisés sur leur stratégie. Et voila Henri qui leur fait la proposition d'une alliance sans Laurent Fabius !
(...) L'adversaire est éparpillé. Les socialistes étaient partis en vacances avec en tête l'éventualité d'un chambardement, ils arrivent à La Rochelle dans un climat stabilisé." (L'Est Républicain 27/08).
L'essentiel est donc fait : "Au terme de ces trois jours, Laurent Fabius est apparu le plus en difficulté" (Le Monde 30/08).
Rappelons qu'il s'agit du seul candidat socialiste à la présidentielle qui se soit prononcé du même côté que les deux tiers des électeurs de gauche et que la majorité des électeurs socialistes à l'occasion du dernier référendum. On mesure l'exploit de ceux qui consacrent leur temps à briser sa candidature ! Mais pourquoi certains de leurs opposants leur facilitent-ils la tâche ?
Combien de Louisiane faut-il pour que s'impose aux esprits l'urgence des défis de notre époque ? Et qui dirait à un secouriste qu'on doute de sa sincérité quand par chance il s'en présente un ?
Jean-Luc Mélenchon
Edito de Jean-Luc Mélenchon dans la revue "A GAUCHE"
8 septembre 2005
http://www.appeldes200.net/article....
Au train où vont les choses, il n'y en aura bientôt plus.
Ne laissons pas le train partir sans nous. Défendons les services publics.


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