LE MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE VA CREER 45.000 "EMPLOIS DE VIE SCOLAIRE"
Par emcee le vendredi 26 août 2005, 23:44 - Féodalité, précarité, pauvreté, Big Brother, Douce France - Lien permanent
C'est la rentrée; tout le monde est contrarié.
http//permanent.nouvelobs.com/ 26 août 2005
Les mesures annoncées par le ministre de l'Education m’amènent à formuler quelques réflexions, Oh, presque rien, rassurez-vous.
1. L’initiative gouvernementale :
Il s’agit donc de recruter sur deux ans maximum à moindre frais des personnels précaires, sans qualifications spécifiques et mal rémunérés (combien d’heures devront-ils effectuer ? seront-ils employés à plein temps ou à temps partiel ?).
Cela ne vous rappelle rien? Mais si mais si, cela s’est passé pendant l’été. Rappelez-vous, ils vous en ont bien parlé sur la plage, les militants de l’UMP, non ? Ils n’ont pas omis de glorifier le Galouzeau et son lumineux «Contrat Nouvelle Embauche», tout de même?
Ben, cela fera toujours quelques chômeurs à rayer des statistiques. Puisque l’idée, c’est cela : faire baisser le taux de chômage pour quelques centimes de plus. N’ont jamais dit qu’en outre, ils voulaient le bonheur de ceux qui retrouveront du «travail ». Leur bonheur à eux leur suffit bien comme ça.
2. La réponse des syndicats d’enseignants « représentatifs »?
Si la solidarité et la lutte contre la précarité et la paupérisation ainsi que la défense des services publics ne sont pas des priorités gouvernementales (ils n’en sont pas là !), elles pourraient au moins figurer parmi les objectifs des syndicats, non ?
Or que lit-on dans les commentaires sur les déclarations des « responsables » syndicaux ?
Qu’ils regrettent, qu’ils déplorent, qu’ils sont dubitatifs … Pas bien virulent tout ça. Cela voudrait donc dire que les affaires repartent normalement, comme pour une rentrée banale, avec les gémissements de rigueur …
Comme si le nouveau ministre n’avait pas entériné telle quelle derrière notre dos une réforme qui a été rejetée massivement par les intéressés eux-mêmes.
Comme si l’embauche hâtive de précaires au rabais, sans qualifications (et sans grand espoir d’en acquérir : n’est-ce pas à l’EN qu’on offre le moins de formation au personnel ?) et sur une période très courte en lieu et place de titulaires formés, c’était un pis-aller, ma foi, tolérable.
Comme si Le NON au TCE qui était, entre autres, motivé par le démantèlement des services publics – dont l’Education Nationale - n’avait été qu’une anecdotique et exotique saute d’humeur temporaire.
Que disent les leaders syndicaux des décisions gouvernementales éhontées?
Le secrétaire général de l'UNSA-Education, Patrick Gonthier avoue qu'il "ne va pas cracher sur ces emplois et sur un renforcement du nombre d'adultes". Belle formule. Et si réaliste.
Et il ajoute : "les emplois-jeunes étaient des contrats sur cinq ans, donc une certaine stabilité, avec un salaire décent. Là, c'est à la fois flou et avec beaucoup de précarité et d'instabilité »
Voilà que les emplois-jeunes, créés eux aussi pour faire baisser les statistiques et certainement pas pour offrir une situation à ceux qui s’y sont résolus faute de meilleure perspective, deviennent la panacée pour l’UNSA.
L’UNSA regrette les emplois jeunes (ces postes où le contractuel est mis à la porte au bout de cinq ans de bons et loyaux services) et déclare sans rire qu’ils apportaient une certaine stabilité.
Pour mémoire, rappelons au monsieur de l’UNSA ce qu’étaient les emplois-jeunes : les « emplois-jeunes » mis en place par le gouvernement social-démocrate ont fait les frais de la politique de soit-disant lutte contre le chômage : salaires honteux (et non pas « décents », comme il le prétend !), emploi quinquennal précaire, sans offre de formation solide à la clé, ni grand espoir d’intégration et cela au moment de la vie où on est censé se construire un avenir (fourchette : 23-30 ans). Excusez du peu.
Avec cela, leur statut et leur mission n’ayant jamais été clairement définis, ils ont souvent été utilisés comme bouche-trous dans les failles de personnel d’encadrement pour combler le manque de personnel statutaire dûment formé et rémunéré en conséquence. Toutes les conditions étaient ainsi requises pour les livrer à la merci des chefs d’établissements et d’autres petits chefs en veine d’autoritarisme.
Quant à être véritablement défendus par les grandes centrales syndicales, il aurait fallu pour cela qu’ils aient un avenir dans l’EN, non ?
L’UNSA déplore, d’autre part, le « flou » et « beaucoup de précarité et d’instabilité ». Ou comment parler pour ne rien dire. ("Cet été en Normandie, nous avons eu beaucoup de pluie" - "ah oui? combien?" - "je sais pas. Beaucoup"). C'est flou, ça, non?
Mais l’UNSA, c’est l’UNSA, on ne peut pas s’attendre à grand-chose de ce côté-là.
Voyons plutôt ce que propose la FSU, représentée par Gérard Aschieri qui, lui, déclare : "c'est plus un palliatif qu'une réponse aux besoins nécessaires. Ca ressemble beaucoup à du bricolage" (ça y ressemble?).
M. Aschieri fait la moue. Il nous invente l’eau tiédasse.
Il a dit par ailleurs : « s’il n’a que ça en magasin, ce n’est pas suffisant ». Autrement dit : « Peut mieux faire. Copie incomplète ».
M. Aschieri se contenterait ainsi du nombre, à défaut de la « qualité » du personnel embauché.
N’ « importe qui » ferait donc l’affaire pourvu que le compte soit bon: recrutement à la va-vite (à quelques jours de la rentrée, est-ce bien sérieux ? Mais, avec arrivages échelonnés jusqu'en décembre. Ca va être pratique) de personnel « kleenex » sans statut, sans tâches précises, sans formation préalable et sans espoir de promotion ou de titularisation ? et pour quel salaire?
Juste pour faire nombre ? C’est tout ce qu’exigent les fédérations syndicales « représentatives » de l’EN ? Il serait donc admis que les services publics ne se dotent désormais essentiellement que de personnel précaire, sous-payé et corvéable?
A part ça, si les gens sont trop cons pour accepter ces emplois, on n’y peut rien, n’est-ce pas ? On n’est pas là pour défendre toute la misère du monde.
Il est donc clair que ce n’est pas avec de telles déclarations qu’on va mobiliser les troupes pour déclencher une réaction virulente et massive aux attaques multiples du gouvernement. Aschieri sait comment arrêter une grève avant même qu’elle soit lancée.
Les « responsables » des syndicats représentatifs (j'ai du mal avec ce terme, je m'y fais pas!) de l’EN freinent des quatre fers et manifestent leur volonté d’entamer des négociations avec un gouvernement désavoué par tout le peuple de gauche (« Et si je t’en mets encore 5000, là, dans ton panier, ça va aller ? » - « Euh… c’est pas assez mais c’est un peu mieux » - « Je peux pas plus, tu sais, il y a Sarko, qui arrête pas de demander des effectifs et par les temps qui courent, vaut mieux des flics que des éducateurs, non ? 5000, pas plus, après, j’ai plus rien en stock » –« Mouais… Bon, va pour 5000 mais pas moins, hein ? » - « Tu me connais , non ? » - « Ben …euh… justement... »- « Pas de grève, alors? » - « oh, juste une petite symbolique quand tout le monde regardera ailleurs, comme d’hab. T’inquiète !).
Et voilà, emballez c’est pesé. La boutique peut tourner maintenant. Les négociants sont sur le pont.
Ils ont sorti les ardoises.
Commentaires
Mon fils a travaille l annee derniere dans un lycee, il n etait pas paye pendant les vacances scolaires et au moment des greves on lui a "gentiment" fait remarquer ke si il fesait partis des grevistes son contrat prendrais fin sur le champs..... cette annee, a 2 jours de la rentree il ne sais tjr pas si il est repris..... ELLE EST PO BELLE LA VIE !!!!!!!
ps: et il faisait plus de 35 heures hebdo....
Hélas, la tendance n'est pas à la valorisation de l'enseignement et de ceux qui en sont chargés, à long ou à court terme.
On emploie des précaires pour combler les vides, on les paie quand on trouve une minute et on les jette quand on n'a plus besoin d'eux, quelles que soient les satisfactions qu'ils ont apportées pendant leur passage. La question n'est plus là.
Et tant pis s'ils ont un loyer à payer, une famille à nourrir ou une voiture (souvent indispensable pour obtenir des remplacements) à rembourser. Ou les trois. Et bien d'autres frais encore.
Il en va de même pour les autres services publics qui perdent peu à peu leur personnel statutaire.
Si nous laissons faire, la situation deviendra irréversible...
Agissons tous ensemble!
ma bellefille s'est présenté hier pour un emploi de surveillante dans un établissement scolaire. Sa candidature n'a pas été retenue parce qu'elle a un petit garçon de 5 ans, alors que son CV intéressait tout à fait le responsable du collège.Bien sûr on ne lui a pas dit ouvertement...
Si ce n'est pas de la discrimination ça!!!!!
A l'heure où nous nous entendons tous les jours le gouvernement dire qu'il met l'education et l'égalité des chances en priorité dans sa politique , Je vous écris cette présente à fin d'attirer votre attention sur la situation des non-titulaires de l'éducation nationale (20000 en France).
Il existe dans l'éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c'est le CDD reconductible à l'infinie grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d'essaie peut durer une vie .Pour ma part j'ai fait 3 vacations de 200h chacune (c'est le maximum légal dans une année) .Ensuite j'ai enchaîné 5 contrats de 1 an chacun (CDDs). D'aprés l'education nationale je ne peux pas etre titulaire car je n'ai pas le CAPES .Ce concours ne valide pas un enseignement sur le metier de prof et n'ai pas superieur à bac+3 .Donc pour ces bureaucrates de l'EN l'experience n'a aucun interet.Ils vous diront que je n'ai qu'a passer le concours. Pour cela il faudrait une formation et surtout que le concours soit ouvert ; dans ma discipline (éducation musicale) le concours interne (concours réservé aux non-titulaires exerçant depuis 3 ans) est fermé depuis 2 ans alors que l'externe (pour les universitaires sans expérience) est ouvert .Je tiens à signaler que d'autres disciplines sont dans le même cas.
J'accuse les rectorats et l'éducation nationale de non respect des droit de l'homme ,car le droit du travail en est un.
Les raisons:
- signature des contrats au delà du délai légal de 2 jours ( contrats antidatés)
- payement des heures de vacation irrégulier et ne correspondant pas au heures effectuées dans le mois
- non payement du chômage dans les délais légaux (+ de 2 mois ,bien plus!)
- aucune indemnité de licenciement
- nombre de CDD hors la loi
- aucun courrier de licenciement
- Non respect du droit à la formation (académie de Nice)
- non respect des barèmes de recrutement (Nice)
En conclusion , lorsque je vois ça j' ai un gros doute sur l'honnêteté intellectuelle de nos dirigeants et de nos syndicats (inexistant dans la défense des non-titulaires de l'éducation voir collaborateur car ils participent au non respect des barèmes de recrutement à fin de placer leurs adhérents .
Remarque: tous les contrats sont des CDD, comme quoi l'état ne respecte pas les règles qu'il impose aux entreprises privées.
De plus, dans l'académie de Nice nous sommes restés plusieurs années sans inspecteur d'académie (éducation musicale) et lorsque enfin on en désigne un ,celui-ci prend comme première directive de ne pas faire de formation pour la préparation du concours réservé sachant que ce même concours ne sera pas reconduit l'année d'après ainsi que le concours interne. N'ayant pas respecté le droit de formation ,qui l'on retrouve comme jury au concours réservé 2005 ?Ce même IPR que l'on va payer à la journée. Ceci est un bon exemple de malhonnêteté intellectuelle.
Il faut savoir que le rectorat de Nice ne se soucie pas de l'avenir des enfants; durant au moins 3 ans les élèves de Roquebilliere sont restés sans cours de musique et de dessin .De plus ,dans l'arrière pays niçois ,les différents IPRs de musique ne sont jamais venus dans la période Septembre 1999-juin 2005, sachant que sur le poste il y avait un contractuel qui aurait sans doute voulu être conseillé .C'était trop loin pour eux ,alors que certains profs montaient tous les jours (50km de montagne+ travaux sur la route).
De toute manière , le mérite importe peu pour ces gens là. Exemple , un prof de musique est absent pendant plus de 3 ans. Il habite à moins de 10 km du collège et ne peut ( d'après ses dires) assurer sa fonction .Par contre son problème de santé ne le gène pas pour faire des centaines de km avec sa chorale d'adultes pour ce produire au rectorat par exemple .Et bien ce prof on le retrouve à l'heure actuelle dans l'équipe pédagogique de l'IPR d'éducation musicale de l'académie de Nice. Donc le mérite n'est pas un critère de sélection pour ces gens là ,ils préfèrent le copinage .
Nous ,20000 precairres de l'EN nous n'avons pas la possibilité d'attaquer nos patrons comme dans le privé.Tout ceci provoquera des drames (...) lorsque chaque fin d'année(aout) on ne sait pas si l'on aura du travail aprés les vacances(on le sait 2 jours aprés la rentrée),et que l'on ne peut pas prendre de credit ,et bien ! on ne se marie pas , on ne s'installe pas , on ne peut pas assumer des enfants( donc en avoir); En résumé on ne peut pas avoir de vie et il suffit de pas grand chose pour craquer. (...)